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Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

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Désert d'Atacama, Chili

Une randonnée équestre proposée par Cheval d’Aventure, spécialiste des expéditions équestres à travers le monde depuis plus de 34 ans.

Cheval d'Aventure

Cheval d’Aventure, spécialiste des expéditions équestres à travers le monde depuis plus de 34 ans, confirme sa place de pionnier en permanente quête de nouveaux itinéraires. La randonnée à cheval est un moyen extraordinaire de rencontre des peuples, et nombreux sont les pays du monde où survivent des traditions équestres séculaires.

Cette expédition équestre est réalisée chaque année par Cheval d’Aventure. Le prochain départ est prévu le 22 octobre 2006.

Vient de paraître

Livre: Les boiteries par Prune Arnoul

Livre: Le pérégrin émerveillé : Paris-moscou et retour(s) par Jean-Louis Gouraud

Livre: Manuel d'équitation Camargue : une tradition d'avenir par Céline Legaz

Livre : Ecrivains voyageurs : Ces vagabonds qui disent le monde par Laurent Maréchaux

Livre : L'équitation naturelle, Pricipes et exercices pratiques par Olivier Rabouan

Livre : Les chevaux ne mentent jamais par Chris Irwin et Christophe Rosson (Traduction)

Livre : Hippomanie par Jean-Louis Gouraud

Livre : L'équitation western. Des bases aux premiers galops par Baptistin Rainero et Fabienne Duthoit

Atacama, les chevaux de lumière…

À cheval à travers un des plus hauts déserts de la planète

Dans le grand nord chilien, aux confins de la Bolivie, se déploie un des plus hauts déserts de la planète, un des plus captivants aussi. Une expédition hors du commun permet de découvrir l’altiplano minéral: steppe odorante, cactus géant, canyons profonds, oasis miraculeuses et luxuriantes, vallées du Rio Loa ou du Rio Salado, minuscules villages où la vie s’organise autour de cultures irriguées à Toconce et Caspana, troupeaux de lamas à Vegas de Turi, comme à l’âge d’or du peuple “atacameño” avant sa conquête par les Incas… le tout sous la protection des volcans aux cônes parfaits de la cordillère.

Chili, l'église de Chiu-Chiu
L'église de Chiu-Chiu, la plus ancienne du Chili

L’atterrissage à Calama (alt. 2 250 m), donne la dimension gigantesque de la mine de cuivre à ciel ouvert de Chuquicamata. À quelques encablures de là, le village de Chiu-Chiu abrite la plus ancienne église du Chili : murs blanchis à la chaux, portes en planches de cactus liées par des lanières de cuir, plafond en bois de cactus… Au petit matin, la cloche teinte rassemblant les fidèles, et symboliquement donne le départ de notre expédition qui nous mènera jusqu’à San Pedro de Atacama. Cette traversée de quelques 300 kilomètres commence par celle d’une plaine aride sous la protection des volcans San Pedro (6 145 m) et San Pablo (6 092 m). Cet étrange désert paraît fabriqué de pierres, de poussières, de rares touffes d’herbes que la lumière illumine. Et pourtant, comme un secret bien gardé, il dissimule des oasis miraculeuses au creux de canyons profonds. Nous longeons l’un d’entre eux : le Rio Salado où l’eau ruisselle en créant un pâturage où se retrouvent canards et troupeaux de lamas. Après le passage du Pont du Diable, notre chevauchée nous conduit au nord, vers les grands volcans, en suivant la spectaculaire cassure du Rio Salado jusqu’à son confluent avec le rio Ukulunche. Ample vallée entre des parois érodées, oies sauvages, ânes sauvages, vizcaches qui se réfugient dans les rochers. Puis le canyon se resserre, devient pur minéral et, passé un verrou rocheux, débouche dans une immense plaine verdoyante où paissent des troupeaux de lamas, chèvres et brebis : les Vegas de Turi, fond humide d’un ancien lac. La pampa de Cupo est vaste mais le terrain miné de galeries de rongeurs ne permet pas d’allures vives.

Baranco del Diablo
Après le passage du Pont du Diable

Là bas nous sommes loin, loin du monde… la vie s’accroche dans de petits villages où s’éparpillent quelques maisons d’adobe aux toits de chaume. Comme l’est ce village de Paniri, au pied du volcan du même nom, symbole de résistance des Atacaméens aux Espagnols, ceinturé d’un immense mur de pierre. Ses corrals de pierres sèches pour les lamas – que nous utilisons pour les chevaux-, ses cultures irriguées et quelques arbres fruitiers et peupliers sont une partie de ce trésor d’histoire. Anciennes maisons troglodytes transformées en tombes, sources d’eau limpide dissimulées pour résister à un siège, oratoire dédié à la vierge qui siège au côté de celui dressé en l’honneur de toutes les religions du monde… autrefois la vie y était dense.

Après les soins donnés aux chevaux, fourbus de cette longue étape, un match de foot s’improvise à 3460 mètres entre quelques cavaliers et les travailleurs qui restaurent le système d’irrigation. L’issu du match importe peu, seul compte la rencontre et la fête de la victoire que chacun pense avoir emportée. Pisco sour, vins chiliens, mouton grillé ; danses du Taureau et autres quecas au son des guitares et flûtes.

Cactus de l'Atacama, le désert chilien
Les cactus du désert d'Atacama

Notre expédition, après un dernier adieu à Adriana, mère et grand mère de la dernière famille vivant toute l’année à Paniri, reprend son cheminement à travers une étrange forêt de cactus, silhouettes hérissées sur fond de volcans. Franchissant les cassures telluriques qui entaillent l’altiplano les chevaux rejoignent le village de Toconce, situé en terrasse au-dessus de la confluence de trois canyons qui entaillent le tuf volcanique ocre, orangé et rose. Amphithéâtre flamboyant au coucher de soleil. Ce soir là, nous installons le bivouac sur les terres de Firmin, qui se dit chamane, éleveur de chameaux qu’il aurait fait venir d’Arabie Saoudite, dont les bras auraient enlacé quelques 800 femmes, dont les multiples métiers l’ont conduit en Bolivie sur les pistes de la contrebande… et quelques verres plus loin le récit de ses exploits entre rêves et réalités hantera nos rêves. Et comme à chaque fois au matin, nos hôtes défilent fièrement dans leur village sur nos montures et retrouvent leur âme cavalière. Au pas des chevaux, les femmes conquises sortent des maisons, quittent les champs, les enfants dans les bras et encouragent leur gaillard d’homme.

Quitter ce village revient à nous confier aux qualités de nos chevaux Criollos, car il faut entreprendre l’impressionnante descente dans le canyon du Toconce dont nous suivrons ensuite les méandres avec émerveillement. Entre des parois de grès verticales, suivant le fil de la rivière, nous galopons sur les plages ou dans l’eau jusqu’à une source d’eau chaude, espèce de jacuzzi naturel. Puis alternant les allures, nous atteignons au couchant la vallée de Caspana qui déploie ses arbres et ses belles cultures en terrasses autour d’un village aux maisons de pierre (liparite) et toits de chaume. Sur l’autre rive le vieux village d’adobe autour d’une très belle église. Le camp est établi pour deux nuits au bord d’une petite rivière, au fond de la vallée verdoyante et accueillante pour les chevaux.

Le chemin de l’Inca

À cheavl nous suivons le sentier de l'Incas
À cheval sur le sentier de l'Incas

Alors commence, toujours vers le sud, une longue journée sur le chemin de l’Inca en autonomie avec nos chevaux de bât dans une solitude magnifique. De nouveaux volcans défilent à l’Est, la vaste plaine traversée de petits ravins et de profondes quebradas, est fermée à l’horizon par un relief de vieilles montagnes et insensiblement nous gagnons l’altitude de 3 650 mètres. Pour la nuit, plongée dans un vaste amphithéâtre rocheux au creux duquel se niche une estancia abandonnée : Lari. L’eau affleure à même le sable, des buissons pour le feu, des corrals pour les chevaux, des murs d’adobe pour s’abriter.

À plus de 3 000 m d’altitude avec un air très sec, les bivouacs s’installent souvent proches de ces petits villages, parfois au pied d’un pukara (forteresse atacaménienne) dans une lande odorante de “ricarica”. Et toujours, nos nuits sont la tête dans les étoiles sous le halo lumineux des Nuages de Magellan et la grande constellation du Scorpion! Mais ce soir là, le sentiment de solitude d’une tribu nomadisante, prend sa dimension parfaite.

Hommes et chevaux franchissent l’altitude maximale de la randonnée : 3 800 mètres, là où vivent discrètement les farouches guanacos et vigognes. Le plateau, parsemé de touffes d’herbes drues, se termine par une falaise abrupte. L’horizon s’élargit sur un vaste paysage de draperies minérales vertes, violettes, ocres et noires qui plongent vers la vallée de Turicapa. Le chemin de l’Inca devient sentier et lacets innombrables pour rejoindre une altitude plus hospitalière et une vallée de repos, de pâturage et d’eau qui court. Étrangeté de ce cheminement historique, fait de montées et de descentes abruptes et de la traversée rigoureusement rectiligne d’un plateau austère, peuplé d’ânes sauvages. Le tracé du chemin se termine brusquement à l’aplomb d’une large vallée : le Rio Grande. Nous dominons les lointaines oasis de San Pedro et Toconao et la blancheur éclatante du Salar d’Atacama gardé par le volcan actif du Licancabur (5 916 m). Et, bien sur, San Pedro de Atacama, que nous atteindrons 3 jours plus tard, au fil des méandres du Rio Grande où se baignent chevaux et cavaliers, à travers quelques plateaux de rocailles. Les parois abruptes du canyon dissimulent une grande quantité de pétroglyphes représentant pour la plupart des lamas et leurs bergers. La vallée s’élargit enfin, le sentier devient piste, propice à de belles galopades, et passe au pied de la célèbre Pukara atacaménienne de Quitoravant avant que naisse San Pedro de Atacama.

Extraits du carnet de voyage de Christophe Leservoisier

novembre 2005

Troupeau de moutons vers Paniri
À proximité de Paniri, nous croisons un troupeau de moutons

De galops suave en canters délicats, de pas vertigineux en traversées de forêts de cactus, de pueblos ancestraux en bivouacs sauvages…, notre petite tribu nomadisait, le temps d’un instant trop bref, dans les hautes terres de l’Atacama. Loin du tumulte, à l’allure du soleil, 18 chevaux, 15 cavaliers, 2 cuisinières toutes faites de sourire et d’enthousiasme, 2 musiciens dont l’écho résonne encore à Rio Grande construirent un moment d’éternité et de bonheur.

Il est de cette expédition comme d’un hymne à la liberté, la générosité, la fraternité et la simplicité…

Nos chevaux Criollos mélangeaient juments, entiers et hongres dans une homogénéité paisible et tous partageaient deux qualificatifs : sûreté du pas et générosité des allures. Leurs propriétaires et notre logistique sont trois frères — comme autant de centaures !! — et leurs femmes. Anne Mariage avait réuni autour d’elle des cavaliers d’expérience à la personnalité riche et à l’âme voyageuse auxquels elle me proposa de me joindre. Sa longue expérience des chevauchées au long cours s’est traduite par un parcours exceptionnel de beautés, de solitude, de rencontres insolites, de barrancos secrets, de bivouacs chaleureux… Partir du village de Chiu Chiu dont la piste principale mène à la plus vieille église du Chili, pour rejoindre, via le pont du Diable et les sources de Turi, le village de Paniri au pied du volcan du même nom ; rencontrer à Toconce, Firmin, à moitié poivrot et à moitié chaman mais certainement homme de malice et de parole ; admirer le travail des maçons qui bâtirent le vieux village de Caspana ; se perdre dans les canyons et corrals de Lari ; chevaucher sur la piste dallée par les Incas ; galoper jusqu’à San Pedro de Atacama…

Le temps de cet instant hors du temps, nous étions un peuple cavalier sur le chemin de l’Inca…

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