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Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

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On the road again !

Une famille par monts et chevaux - Jura 1986

Vient de paraître

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Livre : L'équitation naturelle, Pricipes et exercices pratiques par Olivier Rabouan

Livre : Les chevaux ne mentent jamais par Chris Irwin et Christophe Rosson (Traduction)

Livre : Hippomanie par Jean-Louis Gouraud

Livre : L'équitation western. Des bases aux premiers galops par Baptistin Rainero et Fabienne Duthoit

Une famille par monts et par chevaux, la traversée

Sur la ligne de crête des Monts du Jura, entre le Reculet et le Crêt de la Neige
La cerise sur le gâteau !

Il nous faut deux jours de beau temps sans orage pour la traversée, les échappatoires, une fois engagés sur le crêt de la neige et le Reculet, sont rares. Nous les avons eus, nous les avions mérités ces deux jours de grand. beau... Merveilleux cadeau offert par Mère Nature à ceux qui savent la conquérir et la respecter. Merci Madame !

Le sentier suit au plus près la ligne faîtière, à droite et à perte de vue, les combes et les crêtes noires et boisées du Jura, à gauche et tout en bas le pays de Gex déroule son tapis vert, véritable damier de prés et cultures, dont le rythme est rompu seulement par le lac Léman et Genève, avec en toile de fond: les Alpes, véritable imbroglio de pics et de sommets dans lequel, à l'infini, se perd le regard.

En descendant du Reculet, Jura

Parcours merveilleux et technique parfois impressionnant et difficile. mais rarement dangereux qui t'oblige a corriger en permanence ton assiette, à surveiller tes caisses de· bât pour ne pas toucher. Sur les dalles, en escaladant des marches, tu penses en permanence au coefficient de frottement "tungstène-calcaire". Les chalets deviennent plus fréquents. Le Demorney nous accueille pour une nuit dans son enclos qui nous protège des troupeaux, puis ce sont ceux de La Capitaine, du Grâlet. Dans la forêt, les combes tantôt à suivre, tantôt à traverser n'en finissent plus, est-ce la fatigue ? Ou la fin de l'étape que nous voudrions plus proche. Là encore il faut tailler à la machette des rejets pour ouvrir le passage à ma courageuse Gitane. Mais les rochers, eux ne se taillent pas et une erreur d'appréciation coincera ma bichette dans un petit golet bien étroit. Ça ne sert à rien de forcer ma fille. Aller ! Fait marche arrière. Après t'avoir rebâtée pour tout remettre en place, je trouverai un passage adéquat.

Si cette traversée est souvent faite à pied, peu de cavaliers s'y engagent, mais avec un peu de nez, ils pourront trouver fréquemment les traces de vieux sentiers évitant les passages les moins équestres. Dans un passé relativement récent, les bergers devaient bien y passer avec des animaux de bât pour leur ravitaillement.

Les bergers

Aujourd'hui ils sont trois, un bon millier de vaches et de génisses pâturent là-haut et les clôtures sont fréquentes. Las de réparer les barbelés coupés par quelques irrespectueux, les portes trop simples à ouvrir et jamais refermées laissent la place à des fermetures de plus en plus dures, normal non ! Mais toi qui sait ce que c'est que courir après tes bêtes, tu respectes leur travail. Mais c'est toi qui peines pour ouvrir et qui perds du temps a refermer, à réparer avec les crampillons que tu as toujours avec toi. Tu sais qu'en décrampillonant à la pince marteau tu en perds souvent. Alors, quand tu rencontres le berger, en fait tu ne le rencontres pas, il t'observe depuis que tu as posé un sabot sur ses pâturages, il s'est fait passer le mot par le copain d'avant, il te surveille. Et comme moi, tu passeras la tête haute en pensant à ceux qui te suivront. A nous tous nous effaceront peut-être la trace quasiment indélébile dans leur mémoire de ceux qui ont coupé a la tenaille : barbelés et même clôtures électriques. Ne lui en veut pas pour son accueil un peu sévère : "Vous ne savez pas que c'est privé ici ! "Parle-lui, et surtout écoute-le, il te racontera la forêt, les oiseaux, les chamois, la journée de perdue pour retrouver une vache et son veau de quelques jours, sa vie de solitude et de liberté qu'il préfère a toutes les autres, même celle d'homme a tout faire dans un quatre étoiles l'hiver et qu'il a choisie. Sa vie est rythmée par la traite, la distribution du sel: La pierre à sel ne les empêche pas de lécher la terre..., les soins vétérinaire, les deux cents kilomètres de clôture à monter au printemps (fin mai) pour les descendre avant l'hiver (fin octobre).

Du Jura gessien au Retord

Quelque part sur la ligne de crête des Monts du Jura

Le mauvais temps revient, avec un air de rupture: "La trêve est finie". Traverser la Cluse de Bellegarde sous la pluie par le Pont de Confort n'est en fait, pas très gênant ni très difficile. Beaucoup de dénivelés et de goudron, mais comment faire autrement ? Gisèle soigne son angine, et en profite pour faire le ravitaillement. Patrick Rabou, ami avec qui je partage un certain nombre de projets pour 1987 prend le relais jusqu'à la ferme de Retord où nous serons en retard sur l'horaire prévu à cause de quelques arbres abattus pour améliorer la visibilité de la route que notre chemin croise fréquemment. Les Ponts & Chaussées daigneront-ils un jour imaginer (mais çà, c'est certainement trop demander à ces gros bras - petites têtes) que quelques sauvages (ils ne vont pas en auto) certes, mais randonneurs quand même utilisent encore ces vieux chemins par ailleurs encore très praticables. I1 faut reconnaître que le randonneur à deux, et même (quatre jambes utilise de plus en plus fréquemment une quatre roues pour rejoindre un site intéressant et que, de ce fait, les traversées sont de moins en moins fréquentées et donc par conséquence très mal entretenues. Randonneur pédestre, je n'ai jamais emmené avec moi de machette, il m'aura fallu attendre de découvrir la randonnée équestre pour pratiquer la taille, pourquoi ? Et bien je pense qu'à pied, on utilise plus nos voitures qu'à cheval ! Tout simplement. Nous attendrons à la Ferme de Retord le retour du ciel bleu et du soleil.

La ferme de Retord Deux nuits, un jour, ne suffiront pas à nous rassasier de l'ambiance cordiale et sympathique qui règne ici. Encore une fois, Yves le clown berger, je te remercie pour nos rires et l'émotion profonde que ton spectacle a suscité en nous. Merveilleux spectacle que le tien, plein de folies :miracle de l'équilibre et de l'imagination, sympathique virtuosité. Puis, les cochons en liberté intriguent les chevaux. Whisky fait copain-copain avec Paddock et Diabolo après une bagarre mémorable, à coups de pied, nous devrons les séparer. Mais ni les uns ni les autres ne sont rancuniers et notre bon Billy aura du mal à quitter ses nouveaux copains, nous aussi d'ailleurs. Les poules profitent des restes de granulés éparpillés sur le sol par nos trois gourmands. Dorothée en chaleur courtise l'âne Crapouillot que jalouse l'ânesse, suitée par son ânon. A la frontale, je refais la clôture défoncée par nos trois bulldozers. Magnifique spectacle, son et presque sans lumière, que trois chevaux gris, pour ne pas dire blancs, galopant dans ces combes sans fin. Espèce d'arche de Noé perdue sur ce magnifique plateau, la ferme de Retord nous offre sa chaude amitié et une autre dimension de la vraie vie. Ce doit être lundi matin, je ne sais plus, nous avons oublié le temps, le tic-tac de la montre n'existe plus, il fait grand beau. A la belle étoile la nuit a été fraîche. J'ai pris l'habitude de dormir dehors, l'atmosphère confinée d'un dortoir ne me tente guère et je préfère la compagnie des chiens à celle des ronfleurs... Mais, il faut bien partir, le manitou engage sa tribu dans la magnifique traversée des combes du Retord. Les colchiques sont déjà là, l'hiver sera précoce. Avec Jérôme nous chantons la chanson. Du Colombier, la descente sur Culoz par le vieux chemin est raide et soutenue. J'apprendrais à Lavours, merveilleux village de pierres sans crépi ni béton, que les prairies, là-haut étaient moissonnées dans un passé pas si lointain. Des chars à bœufs faisaient dans la journée l'aller et retour pour engranger en bas le foin pour l'hiver, cela paraît à peine croyable, les épingles à cheveux sont si raides ! Deux billes de bois attachées au chariot le freinaient dans la descente. Dans quelques jours, nous serons de retour a la maison. C'est le plaisir de retrouver les copains, les amis, teinté d'amertume il faut retrouver la vie quotidienne dite civilisée, mais aussi Les quatre roues, le bruit et la puanteur de la ville abêtissante et stressante. Eh ! Barré, trouveras-tu jamais ton équilibre ? [suite]

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