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Cela fait quatre-vingt ans qu’un Suisse tranquille et sans prétention, sans expérience des voyages à cheval, a atteint le sommet auquel toutes les explorations équestres sont toujours comparées.
Le Grand Raid
À cheval de Buenos Aires à New York (1925-1928).
Adapté et présenté par Jean-François Ballereau. Enfin réédité en français par Belin. Collection : Les cavaliers de l'aventure, broché, 269 pages.
Don Roberto
Par Aimé-Félix Tschiffely
Personnage extraordinaire que ce Don Roberto dont la vie est racontée ici par un autre grand aventurier, Aimé-Félix Tschiffely qui, dix ans avant d'avoir écrit cette biographie, avait réalisé lui-même un exploit extraordinaire : la traversée des Amériques à cheval.
Vient de paraître

Aimé Tschiffely (1895 -1954) est considéré comme le plus célèbre des voyageurs à cheval de tous les temps grâce à son voyage de 16.000 kilomètres entre Buenos Aires et Washington DC dans les années 1920. Son aventure a inspiré le récit de voyage équestre le plus influent jamais écrit. "(Le Grand Raid, en français) " qui a conduit cinq générations de cavaliers à suivre son exemple. Ce que peu de gens connaissaient, c’est la carrière littéraire de Tschiffely qui a commencé grâce à un autre célèbre cavalier, l’aristocrate Écossais Robert Cunninghame Graham.
"Don Roberto" Cunninghame Graham (1852-1936) était auteur, voyageur, explorateur, politicien et aventurier. Cet homme qui possédait des talents extraordinaires, une énergie inépuisable et un grand courage, était ami et contemporain de Joseph Conrad, qui a remarqué, "Quand je pense à Cunninghame Graham, j’ai l’impression que j’ai passé toute ma vie dans un trou noir sans rien voir ni savoir."
Pendant sa vie bien remplie Don Roberto a été membre du Parlement, gaucho en Amérique du Sud, maître d’escrime, membre fondateur du Independent Labour Party et du Scottish National Party, propriétaire de ranch, dresseur de chevaux, chasseur de buffles et voyageur à cheval en Amérique du nord et du sud. Écrivain prolifique, il a de plus été l’auteur de récits de voyage, de biographies, de onze histoires d’Amérique latine, de quatorze recueils de nouvelles et le directeur littéraire de "Tschiffely’s Ride, (Le Grand Raid, en français)" le livre qui a changé la face du voyage à cheval pour toujours.
Quand Aimé a terminé son épique voyage équestre, il est arrivé à Londres avec peu de choses, seulement son manuscrit inédit. Pendant plusieurs semaines, il n’a reçu que des refus décevants, le cavalier voyageur découragé était alors prêt à retourner en Argentine. C’est alors que "le destin" s’est imposé. Avant de prendre le bateau pour l’Amérique du sud, Aimé est allé dire "adios" à ses amis de l’ambassade d’Argentine. Un de ses amis le pressait d’essayer encore une fois de trouver un éditeur. Le diplomate lui a expliqué qu’il pourrait arranger une rencontre avec l’homme de lettres distingué, Don Roberto. Jeune, inconnu, pauvre et non publié, Aimé hésitait à demander l’aide de ce géant de la littérature qu’il admirait depuis des années. Mais avec le billet de voyage dans sa poche et rien à perdre, il a bien voulu rencontrer Don Roberto pour le déjeuner, la veille de son départ.
Don Roberto, loin d’être distant, s’est intéressé au manuscrit inédit du jeune homme. En effet, à l’insu d’Aimé, l’auteur écossais a inséré un chapitre dans son anthologie récente louant le courage du cavalier suisse. Le manuscrit en lambeaux était passé tout autour de la table avant d’être livré à l’éditeur de Don Roberto à Londres. Voilà comment "Tschiffely’s Ride, (Le Grand Raid, en français)" le livre qui a attisé le feu de l’équitation d’aventure moderne, est né grâce au hasard d’une rencontre.
Ce qui s’est passé les années suivantes nous intéresse maintenant. Car ce que personne n’aurait pu prévoir c’était l’amitié profonde et durable qui allait naître entre Don Roberto sans enfant, et son protégé. Nous vous proposons de découvrir l’histoire oubliée qui raconte comment Aimé et Don Roberto ont lié leur héritage littéraire pour céder les droits à une héritière improbable qui les a conservé pendant trente ans.

Tout le reste de sa vie, Don Roberto s’est intéressé à la carrière littéraire d’Aimé Tschiffely, regardant fièrement le jeune homme qui a écrit vingt-quatre livres. Le gaucho laird, comme Don Roberto était affectueusement appelé, n’a pas seulement présenté le voyageur à cheval célibataire à sa future femme, Violeta, il l’a aussi conduit jusqu’à l’autel.
En 1936, quand l’écossais âgé a décidé de faire un dernier voyage en Argentine, sa patrie d’adoption, Aimé lui a donné un sac de blé pour Mancha et Gato, ses deux chevaux bien-aimés.
De la part d’Aimé, Don Roberto a donné le blé aux chevaux – et il est mort le lendemain.
La république Argentine s’est mise en deuil de la mort inattendue de son fils adoptif. Un énorme sentiment de tristesse régnait dans la grande foule qui suivait le corbillard tiré par des chevaux. À la place d’honneur se tenaient les deux hongres Criollo dont les aventures ont inspiré des milliers de lecteurs.
En mourrant, Don Roberto a tout laissé à son neveu, l’amiral Sir Angus Cunninghame Graham. Mais à cause de ses devoirs de marin, l’amiral a demandé à Aimé Tschiffely, ami de son oncle, de s’occuper des affaires littéraires de Don Roberto. Habitant alors tranquillement à Londres avec Violeta, Aimé ne s’est pas seulement chargé de protéger l’héritage de son mécène, mais il a aussi écrit une importante biographie de l’homme dont la générosité a changé sa propre vie "Don Roberto," édité en France et traduite par Bernadine Cheviron. Mais en 1954, à l’âge de soixante ans, Aimé Tschiffely, qui avait vaincu des centaines de dangers, est mort de façon imprévisible dans un hôpital à Londres après une intervention chirurgicale mineure.
Alors, Violeta Tschiffely a pris la responsabilité des nombreux livres de son mari et de ceux de Don Roberto. La situation a changé en 1975, quand Violeta s’est convaincu qu’elle était alors trop âgée pour continuer à protéger les oeuvres des auteurs décédés. L’amiral Cunninghame Graham lui a proposé de transmettre le contrôle des livres de Don Roberto à Jean (Lady Polwarth), fille de l’amiral et petite nièce du gaucho laird.

Quand Violeta Tschiffely est décédée, Jean Cunninghame Graham, Lady Polwarth aujourd’hui, a découvert qu’elle était l’héritière du patrimoine littéraire de Aimé.
Après trente années passées à protéger l’héritage littéraire de Tschiffely, Jean Cunninghame Graham a annoncé qu’elle léguait cet héritage à Basha O’Reilly, Membre Fondateur de The Long Riders' Guild et amie de Lady Polwarth.
« Je suis extrêmement honorée, » a dit Basha, « que Jean m’ait confié cet héritage. Je suis impatiente de suivre son exemple et je ferai de mon mieux pour protéger ces livres importants. The Long Riders' Guild Fondation Académique a aussi plusieurs autres projets importants qui garantiront que la légende d’Aimé Tschiffely perdurera encore dans ce nouveau siècle. »
« Les Tschiffelys seraient très heureux de savoir que j’ai transmise cet héritage à Basha, parce qu’ils auraient aimé ses actions et son enthousiasme!, » a dit Jean Cunninghame Graham. « Mais elle n’est pas seulement Suisse, et voyageuse à cheval, Basha est aussi tout à fait capable, intelligente et pragmatique! En plus, mes enfants ne s’y intéressent pas car ils n’en ont pas le temps. Quod erat demonstrandum. »
Traduction Basha O'Reilly, adaptation Gérard Barré
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