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Que ramènera Thierry Posty du Japon ?
Carnets de route

La Cordillère des Andes est une splendeur de la nature mais comme toutes les beautés, elle a un prix. Elle est souvent très difficile d’accès et, s’il était interdit auparavant de passer à cheval la frontière Argentine-Chili, il en est de même aujourd’hui dans le sens Chili-Argentine.
Alors comme la frontière est malgré tout un vrai gruyère, nous flirtons souvent avec, passant d’un côté et de l’autre. Je dis nous, car Pablo (que j’ai nommé ainsi quelques jours après son achat du nom d’un charmant petit gamin mapuche qui s’inquiétait sans cesse que le cheval n’ai pas encore de nom) est mon compagnon actuel pour cette aventure qui, elle aussi, mérite son nom.
Pablo est un toruno (n’a qu’un testicule descendu) bai brun âgé de 11 ans, que j’ai acheté par compassion à un gaucho qui le maltraitait (il serait temps que la mentalité de certains peuples dits peuples cavaliers change – j’inclue aussi la Mongolie !), est un mélange de races criollo et anglaise, il n’est pas vraiment bâti comme un cheval de voyage mais je peux avouer aujourd’hui qu’il est le meilleur cheval que je n'ai jamais monté dans les passages périlleux de haute montagne. Il est incroyablement doué et je peux dire qu’après plus de trois mois de voyage, la confiance en l’homme (qu’il avait perdue) est totale entre nous et j’ai souvent l’impression de lui laisser ma vie entre ses pieds.

Je passe régulièrement d’une estancia à une famille mapuche, où l’asado, viande grillée absolument délicieuse, et le mate, breuvage latino incontournable, me sont préparés dans la plus grande tradition sous le regard de complaisance de ces gens qui sont toujours surpris de voir passer un étranger par leur trou perdu, comme ils disent. Après un voyage difficile au japon et une bonne fatigue, j’ai préféré choisir la qualité à la quantité de kilomètres dans cette traversée de la Patagonie chilienne et argentine. Et je ne suis pas déçu même si aujourd’hui, je n'aime vraiment pas la polvo (poussière), les abroros (piquants se logeant en général entre les cuisses alors, quand on monte a cheval…) Et enfin, les chaquetas (guêpes importées d’Afrique, mordantes et piquantes, pour dévorer les mouches des fruits et les taons. Maintenant, c’est un véritable fléau pour les campeurs qui cuisent leur asado – Pas folle la guêpe !
31 mai 2008 — World Trail Rides © 2000-2008
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