Coup de cœur

Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

Librairie

Publicité

Momo et Luna

Les juments de l'aventure…

En achetant les deux juments, j'ai pensé que Mauricio avait dû les engraisser avec du maïs indien. Depuis le début du voyage, elles n'ont pas perdu de poids, l'herbe de printemps suffit à les satisfaire.

Momo que je monte bridée avec un hackamore, est assez grande et ressemble à un baril. Très caressante, elle est agréable au trot et confortable au galop, ce que je ne peux apprécier que très rarement en menant Luna bâtée. Elle n'est pas habituée à l'entrave et je crains que jamais elle n'apprenne. Au lieu de déplacer un pied après l'autre, elle bondit très haut et dressée, se frappe le poitrail. Une longue longe la rend malheureuse, elle panique quand un pied s'emmêle dans la corde au lieu de reculer son pied calmement.

Luna, la jument blanche qui transporte les bagages est un clown. Elle exprime sa joie de vivre, n'a peur de rien et examine tout ce qui est comestible. Elle sauterait des obstacles pour une poignée de foin. Les premiers jours, les bagages ne l'ont pas beaucoup intimidée, mais maintenant sa condition de cheval de bât est devenue naturelle. Elle s'immobilise comme une pierre quand je soulève les coffres de 25 kilos sur sa selle. Les entraves ne sont pas un problème pour elle. Attachée avec la longue corde elle court comme si elle était lâchée permettant à la corde de jouer autour de ses quatre pieds. Comme Momo, son caractère est amical et caressant. Toutes les deux sont inséparables.

Télécharger le carnet

Télécharger au format PDF [Carnet 00]

Philippe Rustenholz et Saskia Machaczek ensembles, le début du voyage.

Télécharger au format PDF [Carnet 01]

D'estancia en estancia - La surprise d'une rencontre, Marc-Antoine Calonne - Momo et Luna, les juments de l'aventure - Une expérience inoubliable, une liberté incroyable, une vie au jour le jour - Le chien Tilou, des renards et des guêpes - Des amis, un gaucho et Florent Pagny.

Télécharger au format PDF [Carnet 02]

Des amis, un gaucho et Florent Pagny (suite) - Comment ai-je pu voyager seule si longtemps ? - Accueillies comme des reines en Argentine ! - Les Pâques en automne ! - Qui dira ? qu'il est dur aux femmes de voyager seules. - Laver, désinfecter, piquer, c'est tout ce que nous pouvons faire !

Télécharger au format PDF [Carnet 03]

Ciao Momo, petite et gentille sorcière - Seule de nouveau ! - N'être responsable que de soi, des chevaux et du chien !

Télécharger au format PDF [Carnet 04]

N'être responsable que de soi, des chevaux et du chien ! (suite) - Relax ! Je profite de chaque mètre parcouru - Trop de neige ! - Carpe Diem ! - C'est fini ! Quel beau voyage, quelle expérience.

Pour l'ouvrir, l'enregistrer sur votre disque dur et l'imprimer, le logiciel gratuit Adobe™ Reader® doit être installé sur votre machine. Si ce n'est pas le cas, vous pourrez le télécharger gratuitement :

Télécharger Adobe Reader

Saskia Machaczek, cap au nord !

Saskia Machaczek profite de sa liberté
Je suis bien et profite de la liberté, du temps libre, de la vie. Je suis consciente de la chance que j'ai et j'essaie de vivre chaque instant, de profiter de chaque moment.

Philippe Rustenholz et Saskia ont entrepris un voyage à cheval en Amérique du Sud. En partant de Rio Turbio (Terre de Feu, au nord-est du détroit de Magellan), ils avaient prévu de remonter ensemble vers le nord jusqu'à Salta au nord de l'Argentine, le long de la cordillère des Andes, avec quatre chevaux. Saskia, (allemande, 30 ans) et Philippe (français, 43 ans) ont beaucoup voyagé — le plus souvent avec comme seuls compagnons, leurs sacs à dos. Un an en Asie (1994-95), puis à cheval en Turquie, au Maroc, en Mongolie, aux Indes, dans le sud de la chine et parfois à dos de dromadaire à travers le Tassili (Algérie).

Bien préparés, ils ont quitté la France pour Buenos Aires le 18 septembre 2001. Mais les dix premiers jours de voyage ont aussi révélé que leurs rêves étaient devenus très différents.

Saskia écrit: "Avec Philippe, nous avons pris la décision : chacun suivra son propre chemin. Nos conceptions du voyage à cheval étaient trop différentes. Je continue donc le voyage avec deux bons chevaux, fiables, stables et j'ai le bon équipement. Les gauchos savent se rendre utiles, ils sont hospitaliers et amicaux."

C'est fini ! Quel beau voyage, quelle expérience

Saskia Machaczek profite de sa liberté
Au loin le Fitz Roy.

Après un week-end bavarois en pleine Patagonie chez Eberhard et Teresa, deux allemands émigrés en Argentine depuis longtemps, l'impatience de retrouver mes lascars Repollito et Luna est de plus en plus pressante. Il neige de plus en plus et j'ai hâte d'enlever leurs fers pour les soulager. Eberhard doit être l'homme qui a planté le plus de pins en Patagonie. Arrivé depuis plus de 40 ans avec 100 Pesos en poche, Eberhard est aujourd'hui, le spécialiste du reboisement. Génial de se promener en forêt et de regarder ensuite les photos de la steppe qui s'étendait là. Il aurait bien voulu que je reste plus longtemps, mais comprend la nostalgie que j'éprouve ici, loin de mes chevaux — le chien Tito est venu avec moi en voiture.

De retour à Los Peucos, je cours dans la neige profonde pour voir mes chevaux. Luna se distingue à peine dans le paysage blanc, mais ils viennent à ma rencontre, quel plaisir ! Le lendemain j'enlève les fers. Repollito qui au début ne se laissait prendre les pieds postérieurs qu'entravé, les donne maintenant sur simple demande. Par radio, Bertil prévient Sebastian que je passe le lendemain, il m'ouvrira le portail de l'estancia fermé à clé.

De bon matin, à la lueur de la torche, je cherche les chevaux durant une demi heure et les selle en pleurant. Trop de neige, ce sera la dernière étape. Dans la faible lumière, les gauchos ne voient pas mes larmes. Otto, le chien de Bertil me suit et je n'arrive pas à l'en dissuader. Tant pis et de toutes façons, Bertil doit passer aux Helechos et il pourra récupérer son chien. Au puesto, il n'y a personne. Je cherche Sebastian et l'appelle — personne ! J'inspecte le portail, cherche la clé, rien. Bon ! Les chevaux ont l'habitude de marcher par dessus des fils de fers, je couche la clôture et les fait traverser, ils l'ont déjà fait de nombreuses fois. Je ne sais pas, si c'est le chemin que Bertil Grahn de Mamuil Malal appelait un callejon viejo, mais cela y ressemble. Bertil est un nom très rare ici, pourtant il sont deux à y vivre, éloignés de seulement 35 kilomètres. Les chevaux suivent le chemin qui se perd dans la neige profonde. Otto et Tito chassent des lièvres sans succès. Je vois des cerfs, des condors, des papagaies verts et même un renard. Les clôtures m'obligent à suivre le chemin bien que je me rende compte que je marche trop vers l'est. Le soleil est beau et j'ai des vues magnifiques, mais un vent froid me gèle.

Des traces de voiture m'indiquent que quelqu'un est passé il y a deux jours. Et des traces de pneu vont toujours à une estancia. Sur ma carte je vois l'estancia El Palithue et j'y arrive dans l'après-midi après six heures de selle non-stop, il faisait trop froid pour une pause et tout le paysage était couvert de neige, pas de quoi faire pâturer. Maïté m'accueille de la meilleure façon. Le soir, pour le dîner á la lueur des bougies, ma salade préférée (roquette) accompagne les plats arrosés d'un bon vin de 1991 et enfin d'une coupe de champagne. C'est mon ange gardien qui a dû m'envoyer par ici. Par l'autre chemin j'aurais déjà terminé le voyage. Roberto m'indique le chemin et le lendemain je me mets en route dans une pluie forte et froide.

Le vent s'amuse avec mon poncho, mais Repollito rigole de cela. Luis, au bout de la propriété, m'ouvre le portail et prévient Sergio le voisin qui — à trois kilomètres de là — me prépare une soupe chaude. Abrités de la pluie, les chevaux dégustent de la luzerne. 90 minutes me seront nécessaires pour arriver jusqu'au bout de sa propriété où Daniel m'ouvrira un autre portail. La proximité des villes — donc la pauvreté — oblige à tout fermer à clé. Je vérifie deux fois auprès de Sergio, que Daniel sera bien là bas de façon sûre. Mais quand j'arrive... personne !

Il fait froid, il neige, il vente, et les clébards autour de la maison me font peur. En colère, j'appelle Daniel, mais il n'est pas dans sa maisonnette. En rage contre Sergio qui aurait pu me donner une clé, j'attache les chevaux dans un hangar, décharge Luna et cherche une solution. Une forte chaîne cadenassée ferme le portail. Crevée, j'inspecte la clôture, cherche un passage. Finalement après 40 minutes, je trouve un bout de clôture détendue qui se laisse abaisser et plus loin, une autre porte. Comme des "pros" les chevaux passent sur les fils de fers et en route ! Trois fois je dois redescendre et faire demi-tour, car un jeune chien bien moche nous suit. Finalement, j'arrive à me débarrasser de ce sac à puces et c'est parti.

Il neige tellement, que je vois à peine les oreilles de mon cheval. Les flocons sont gros, la neige dense. J'ai perdu beaucoup de temps, la nuit ne tardera pas à tomber. Mais je connais le chemin et je suis certaine de l'accueil. Une voiture passe et klaxonne, c'est Arnoldo qui travaille aux Helechos. Super ! Ainsi ils sauront que j'arrive et préviendront Marie. Une heure et demie plus tard Arnoldo m'aide à desseller, je laisse les deux lascars au sec avec plein de foin et je rejoins Marie devant le feu dans la cuisine. Elle m'attend déjà avec un bon plat chaud. Mieux qu'une grande-mère ! Avant de me doucher, je libère les chevaux dans le pâturage qu'ils connaissent déjà. L'averse de neige ne cesse pas et je me blottis dans des draps chauds. Penser que c'était la dernière journée de voyage à cheval est bizarre. Mais la fatigue ne laisse pas de temps à la nostalgie.

Quelques jours de repos, j'achète des souvenirs, sors un jour avec Luna et un autre avec Repollito pour aider à rentrer le bétail. Finalement, je vais rendre Tito à son propriétaire et je prends congé de mes boules de poils. Il neige sans cesse et je trouve à peine un endroit sec pour caresser les chevaux une dernière fois. Seule dans le pâturage, je pleure de joie sur un si beau voyage et de chagrin de les laisser. Libres avec d'autres chevaux, ils seront bien dans cet immense pré. Je retourne vers la maison pour serrer Marie dans mes bras et c'est parti. À Junin, je saute dans le bus de Buenos Aires. Dans la capitale je me sens complètement perdue, trop de voitures, trop de gens, trop de bruit.

Triste d'avoir laissé les chevaux et le chien, je suis curieuse de voyager autrement. Dans un mois une amie me rejoindra au Pérou.

Quel beau voyage, quelle belle expérience. Je suis triste, mais comme dit le renard de Saint-Exupéry, j'ai la couleur du blé.

Le 08 juin 2002

  • annuaire de sites
  • plan du site
  • échange de liens
  • ils ont référencé…

07 février 2006 — World Trail Rides © 2000-2017

Le site et son contenu sont sous licence Creative CommonsLa charte graphique du site et son contenu sont soumis aux droits d'auteur et mis à disposition sous un contrat de licence Creative Commons.

conception, réalisation, mise à jour et référencement Gérard Barré

Valid XHTML 1.0 StrictValid CSS!Alsacréations