Coup de cœur

Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

Librairie

Publicité

Sur la Lost Trail

Vient de paraître

Livre: Les boiteries par Prune Arnoul

Livre: Le pérégrin émerveillé : Paris-moscou et retour(s) par Jean-Louis Gouraud

Livre: Manuel d'équitation Camargue : une tradition d'avenir par Céline Legaz

Livre : Ecrivains voyageurs : Ces vagabonds qui disent le monde par Laurent Maréchaux

Livre : L'équitation naturelle, Pricipes et exercices pratiques par Olivier Rabouan

Livre : Les chevaux ne mentent jamais par Chris Irwin et Christophe Rosson (Traduction)

Livre : Hippomanie par Jean-Louis Gouraud

Livre : L'équitation western. Des bases aux premiers galops par Baptistin Rainero et Fabienne Duthoit

America. À cheval à travers les Rocheuses

Laurent Granier, Philippe Lansac et Megan Son

Le long de la Lost Trail

Entre 1804 et 1805, une expédition franco-américaine traverse le continent américain pour la première fois de l’histoire. Suite à la vente de la Louisiane par Napoléon aux Etats-Unis en 1803, qui représente alors le tiers de la surface des USA actuels, le président Jefferson donne à Lewis et Clark la mission d’atteindre le Pacifique et d’explorer ces territoires nouvellement acquis. Ils remontent le Missouri puis traversent les interminables Rocheuses à cheval avant de rejoindre l’océan. Deux cent ans plus tard, Laurent Granier, Philippe Lansac et Megan Son décident de partir sur les traces de ces aventuriers…

Col de Lehmi

L’expédition de Lewis et Clark arrive aux pieds des Rocheuses en août 1805 et se procurent des chevaux auprès des Indiens Shoshone. Dans notre cas, ce sont les cow-boys du Ranch de La Cense qui nous prêtent deux quarter horse pour partir à l’assaut des montagnes…

Bud, le manager du ranch nous raconte une histoire incroyable… Un dimanche de Septembre, il décide de partir à la chasse avec sa femme et 2 chevaux. Ils grimpent tranquillement dans la montagne, et vers le milieu de l’après-midi surprennent un bouquetin sauvage. Bud décide de le suivre à pieds et laisse sa femme se reposer avec les deux chevaux. Il traque l’animal pendant un certain temps avant de finalement l’apercevoir au sommet d’une pente très raide. Il part dans sa direction mais perd l’équilibre, tombe brutalement et se tape violemment le crâne sur un rocher. Il reste inconscient pendant un certain temps et quand il se réveille, il fait déjà presque nuit et la neige tombe à gros flocons… Perdant du sang, il titube dans l’obscurité avant de retrouver enfin sa femme, morte d’inquiétude. Il fait partir un feu et monte une tente de fortune avec la bâche qu’ils avaient emportée pour leur pique-nique… Ils passent la nuit, congelés, autour du feu.

Le lendemain matin, un bon mètre de poudreuse a tout recouvert. Ils prennent le chemin du retour, progressant difficilement dans la neige, puis atteignent la pente raide qu’ils avaient empruntée à l’aller : il est impossible de redescendre, la neige est trop fraîche, les chevaux vont déraper et c’est la chute assurée dans le vide… Frigorifiés et épuisés, n’ayant rien mangé depuis plus de 24 heures, ils semblent condamnés d’autant plus que Bud a perdu beaucoup de sang. Mais s’ils restent là, ils vont mourir de froid et de faim et personne ne sait où ils sont partis… Il n’y a pas d’autre choix : ils doivent descendre cette pente, coûte que coûte et faire confiance à leurs montures… Les chevaux, calmement, commencent à descendre, les antérieurs en avant, se laissant doucement glisser en diagonale de la pente. Leur dextérité est incroyable ! Par moment, ils perdent leur équilibre et se rétablissent, malgré le poids de leur cavalier. Contre toute attente, ils arrivent finalement sains et saufs au pied de la colline. Leurs chevaux les ont sauvés !

Nous repensons ce soir à l’histoire de Bud, alors que nous sommes en train d’installer notre premier campement à une quarantaine de kilomètres du col de Lehmi. A 2200 mètres d’altitude, il est situé sur la ligne de partage des eaux. Fin décembre, c’est peut-être un pari insensé que d’essayer de traverser les Rocheuses en hiver… Autour d’un plat de pâtes/ Chili con Carne en boite, nous écoutons le bruit cotonneux de la neige qui tombe en gros flocons autour de nous et les hennissements de nos nouveaux compagnons. Nate, un hongre de 9 ans, est notre cheval de bât. Il est plutôt calme en comparaison de Blackjack, un quarter horse de 4 ans qui n’est pas très à l’aise dans ce nouvel environnement à l’extérieur du ranch, tournant frénétiquement ses oreilles et sa tête au moindre bruit…

Après avoir traversé la vallée située à l’est du col, nous commençons notre ascension au rythme des pas de nos chevaux. Le sentier monte tranquillement en pente douce au milieu de clairières entourées de clôtures en bois et nous traversons de petites fermes endormies sous la neige. Les chevaux semblent heureux dans leur nouvel environnement et un grand soleil confirme notre bonne humeur !

La pente devient beaucoup plus raide sur les derniers 500 mètres. En raison de l’altitude, la neige se transforme en plaques de glace et nous devons prendre la pente de côté et avancer en zig-zag. Des boules de glace se forment sous les pieds des chevaux qui ont de la peine à trouver leur équilibre, dérapent, se rattrapent, glissent encore… Le vent se met à forcir, se transformant en un véritable blizzard. Malgré la chaleur de l’effort, nous nous gelons sur place. La neige devient de plus en plus profonde et nous nous enfonçons jusqu’au genoux. Les chevaux avancent par saccade, prenant appel sur leurs postérieurs pour avancer par bonds.

Le blizzard forcit quand nous arrivons à proximité du col. Pliés contre le vent, nous progressons péniblement, saisis par l’air glacé qui nous griffe le visage. Le paysage s’ouvre alors brusquement sur la majestueuse vallée de la Salmon. Nous décidons de redescendre immédiatement, avant qu’une tempête de neige n’éclate… Lire la suite…

Les Rocheuses à cheval en images

Les Rocheuses à cheval
Les Rocheuses à cheval

Vallée de la Salmon

30 août 1805. L’expédition est fin prête pour remonter la vallée de la Salmon, avec la quantité de chevaux nécessaire pour transporter l’ensemble de leur matériel. Clark, qui était parti en éclaireur, rejoint le groupe avec l’information qu’il est impossible de traverser les montagnes situées à l’ouest de la vallée. Ils décident alors de prendre plein nord mais la progression est excessivement difficile : sous une pluie battante, ils doivent traverser d’épaisses broussailles, longer de profonds précipices, se frayer un passage à flanc de montagnes… Le sentier grimpe ensuite en ligne droite au milieu des montagnes et la neige glissante rend l’ascension extrêmement périlleuse…

Pour nous, le sentier vers le Lost Trail Pass est aussi un mélange de neige fondue et de glace ce qui rend l’ascension terriblement difficile pour nous comme pour les chevaux qui avancent avec beaucoup de précaution, sentant qu’ils peuvent perdre leur équilibre à tout moment… Blackjack est particulièrement maladroit au départ, mais s’adapte rapidement. Nate ne semble pas gêné le moins du monde et passe son temps à essayer de rafler quelques touffes d’herbe au passage…

Nous tombons sur des empreintes fraîches dans la neige : elles sont trop grosses pour être celles d’un chien et trop circulaires pour appartenir à un loup. Cela ne fait pas de doute, un lion des montagnes rôde dans le coin... Nous continuons à monter, très moyennement décontractés et tombons sur un chasseur patibulaire, à moitié crasseux, qui semble avoir passé un certain temps seul dans les montagnes… « Yep, vous avez raison, ce sont bien les traces d’un lion des montagnes. Je l’ai déjà repéré dans le coin : c’est une vielle femelle qui vit sur cette colline depuis plusieurs années. Elle ne va pas vous faire de mal, vous n’avez rien à craindre : elle ne chasse que de petites proies faciles à prendre. Par contre, elle risque de vous suivre par curiosité… » Le moins que l’on puisse dire, le discours de notre nouvel ami ne nous rassure pas franchement ! Quelques minutes plus tard, ce sont les hurlements des loups qui viennent compléter le tableau… Soudain Nate stoppe brutalement, imité par Blackjack. Laurent part en avant et surprend 200 mètres plus loin un aigle en train de dépecer les restes d’un bouquetin, visiblement tué quelques heures plus tôt par un lion des montagnes ou une meute de loups

Le sentier Nez Percés

Depuis le col du Lost Trail, l’expédition de Lewis et Clark rejoint Travellers’ Rest, au sud de Missoula aujourd’hui, avant de commencer à suivre le sentier des Indiens Nez Percés à travers la chaîne du Bitterroot. Pendant 11 jours, ils franchissent montagne après montagne, col après col, ravin après ravin… Un enfer sans fin. Le sentier Nez Percé est épuisant, abrupte, couverts de rochers et de troncs d’arbres. Les hommes, le ventre vide, sont épuisés et les chevaux glissent, s’entaillent les membres sur les pierres, roulent le long des pentes escarpées. Autour d’eux, à perte de vue, une chaîne gigantesque de montagnes enneigées…

A cours de provisions, ils sont à deux doigts de mourir de fin lorsqu’ils arrivent de l’autre côté de la chaîne, sur le territoire des Nez Percés. Ils continuent en canoë jusqu’au Pacifique qu’ils rejoignent après près de deux ans d’expédition…

Leur épopée deviendra un des mythes fondateurs de l’histoire des Etats Unis, expression même du « Rêve Américain ». Cet étonnant voyage ouvrira la route de l’Ouest et quelques années plus tard, les premiers chariots se mettront en route: commencera alors une des plus grandes migrations de l’histoire…

Sur Internet : Studio Nomade

Textes et photos © Laurent Granier et Philippe Lansac Tous droits réservés

  • annuaire de sites
  • plan du site
  • échange de liens
  • ils ont référencé…

25 février 2006 — World Trail Rides © 2000-2017

Le site et son contenu sont sous licence Creative CommonsLa charte graphique du site et son contenu sont soumis aux droits d'auteur et mis à disposition sous un contrat de licence Creative Commons.

conception, réalisation, mise à jour et référencement Gérard Barré

Valid XHTML 1.0 StrictValid CSS!Alsacréations