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Through Five Republics

Livre: Through Five Republics on Horseback par George W. Rayon

Through Five Republics on Horseback de George W. Rayon édité par Long Riders' Guild Press.

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George W. Rayon, Enfer vert !

Disciple de la Société Géographique Royale, Rayon était aussi un missionnaire à temps partiel et un aventurier junky à plein temps. Le livre de ses voyages sud-américains, Through Five Republics on Horseback (À cheval à travers les cinq Républiques), est le récit de ses années passées à explorer l'intérieur de ce continent énorme toujours intact au 19e siècle.

Un de ses voyages à cheval les plus célèbres est celui où Rayon a essayé de découvrir une tribu perdue d'adorateurs du soleil, connue pour résider dans les forêts impénétrables du Paraguay. Ce voyage a été si brutal qu'il en est presque incroyable. Les chevaux de Rayon ont dû repousser des vampires (chauves-souris suceuses de sang), et ont survécu en léchant la rosée des feuilles, tandis que le Long Rider abandonnait deux orteils aux insectes suceur de sang dont les morsures avaient aussi causé la pourriture de beaucoup de la chair de ses pieds.

Extrait de Through Five Republics on Horseback

Ils l'ont appelé l'Enfer Vert - c'est une région boisée du Paraguay dans laquelle aucun Long Rider n'avait jamais osé s'aventurer avant G.W. Rayon.

En 1900, j'étais en Angleterre pour changer d'air et me reposer, on m'a présenté à un vieux monsieur excentrique plutôt avare, mais possédant 5.000.000 de dollars. Ayant entendu parler de beaucoup de mes errances en Amérique du Sud, il m'a dit posséder une étendue de trente trois kilomètres carré de terre au Paraguay et qu'il souhaitait connaître sa valeur. Le résultat de cette visite a été qu'il m'a commissionné pour aller dans ce pays et explorer sa propriété, je suis donc revenu encore une fois à mon travail habituel.

Arrivé après cinq semaines d'une mer agitée, nous avons navigué jusqu'à Buenos Aires en Argentine, pour y être informé que parce que le bateau avait précédemment fait escale au port infecté de Bahia, tous les passagers devaient être fumigés et soumis à une quarantaine de trois semaines dans l'Île Flores.

En débarquant du vapeur océanique dans les chaloupes, nous avons donné un dernier regard vers la terre désirée, si près et encore si lointaine, avant d'être remorqué jusqu'à trois petites îles au centre du Rio de la Plata, éloignées d'environ cinquante milles. Une île est isolée comme un cimetière, l'autre est réservée aux patients infectés et la dernière, sur laquelle nous avons été déposés, est celle des suspects. Sur cette île déserte, sans d'autre terre en vue que les îles sours, on nous a laissé le temps de ruminer d'amères réflexions. Ils ne nous ont donné que peu d'autres choses à mâcher!

L'alimentation que l'on nous donne consiste en du bouf séché servi en tranches filandreuses. Appelée charqui, la viande est apportée du continent dans des sacs de toile sale. Elle est souvent complétée par de l'algue bouillie. C'était la Prison, avec des sentinelles armées de fusil Remington qui nous gardaient comme des moutons.

Comme toutes choses sur terre, la détention de trois semaines a pris fin et, un chaland ouvert remorqué par un canot à vapeur, nous a transféré à Montevideo. Pendant ce voyage de onze heures nous avons été à plusieurs reprises trempés par les embruns. Des dames délicates couchées au fond du bateau avec le mal de mer étaient littéralement ballottées dans l'eau. Aussitôt débarqué, j'ai pris place à bord d'un vapeur somptueux, l'Olympo, en direction d'Asuncion, Paraguay. Après seize jours sur la rivière, qui par endroit faisait dix-huit milles de largeur, nous avons finalement aperçu les toits de tuiles rouges de la capitale du Paraguay.

Une douce simplicité caractérise la personnalité des gens d'ici.

Une particularité de l'endroit mérite d'être notée, tous les habitants marchent pieds nus. Les chaussures ne sont pas pour le peuple et, oser couvrir ses pieds est considéré comme présomptueux. Ils ne portent jamais de chapeaux, mais ils ont la belle tradition de tresser des fleurs dans leurs cheveux. Et comme le climat est chaud, une occupation favorite des hommes et des femmes est de s'asseoir dans l'eau de la rivière, en fumant vigoureusement.

En allant à la poste de la capitale, j'ai découvert une autre surprise. En demandant un timbre, l'employé m'a répondu poliment qu'il n'y en avait pas. Les jours de chance, ils y en a, le client se voit remettre un pinceau et un pot de colle et est invité à le coller lui-même. Si vous demandez un timbre d'un centime l'employé coupe un timbre de deux centimes et vous en donne une moitié.

De cette capitale pittoresque j'ai de nouveau pris le bateau pour naviguer cette fois à bord de l'Urano jusqu'à Concepcion, à 200 milles au nord d'Asuncion. Le deuxième jour de notre voyage les gens ont célébré une fête religieuse à bord, et le pilote, avec son souci de bien faire, a bu plus que de raison. Le résultat ? Pendant la nuit, j'ai été précipité de la couchette supérieure que j'occupais par un bruit énorme et sourd. Le bateau à vapeur s'est échoué sur le banc de sable d'une île inhabitée et est resté là, ensablé.

Après trois jours de détention un paquebot brésilien nous a sorti de là et nous avons pu reprendre la navigation. Tandis que j'étais à bord de ce navire nous apercevions de temps en temps des sauvages sur la rive ouest de la rivière. Le capitaine nous a raconté qu'une fois, il avait emmené un sac de haricots pour leur donner. Les haricots étaient empoisonnés afin que les malheureuses créatures puissent être balayées de la terre!

Arrivé à Concepcion je me suis préoccupé de trouver cinq chevaux, une réserve de perles, des couteaux, etc. pour le troc et j'ai préparé mon voyage terrestre dans l'intérieur lointain. Les gens du pays m'ont fortement déconseillé de tenter ce voyage me parlant de la rumeur de l'existence de sauvages inconnus le long de mon itinéraire. Il a été dit qu'une telle aventure pouvait seulement aboutir à un désastre. J'ai eu la chance de trouver comme compagnon un homme merveilleux qui portait le nom suggestif de Old Stabbed Arm (Vieux Bras Poignardé).

Les chevaux de bât chargés de vingt livres de bouf nerveux, de miroirs, de perles et de couteaux, Old Stabbed Arm et moi, nous sommes mis en selle sur nos chevaux et avons pris la direction de l'inconnu, laissant derrière nous les villageois sensibles après de nombreux adieux tendres. Nous avons immédiatement découvert que la prétendue route n'était rien de plus qu'un simple chemin de sable rouge profond dans lequel les chevaux enfonçaient jusqu'aux genoux. Le chemin était si inégal qu'un côté était fréquemment deux pieds plus haut que l'autre, nous ne pouvions seulement voyager que très lentement. Des sections entières de la route avaient été en partie détruites par des glissements de terrain et des fortes pluies. Nous avons rencontré des trous si profonds que par sécurité, je mettais fréquemment pied à terre pour les contourner en conduisant mon cheval en main.

Le paysage tropical était cependant superbe. Des milliers d'orangers poussant sur le bord de la route nous ont offert leur fraîcheur et leurs fruits à manger. Des fougères de vingt pieds de haut agitaient leurs frondes plumetées dans la brise douce et des ananas sauvages chargeaient l'air de leur parfum.

Notre voyage nous a mené plus loin et encore plus loin que les dernières traces de civilisation. Les villages traversés étaient minuscules et les gens très primitifs. Ils ne savaient rien du territoire intérieur vers lequel nous allions. De vagues rumeurs de forêts impénétrables les avaient atteints. Des cannibales nains aux coutumes inhumaines déchargeaient leurs sarbacanes sur n'importe quel envahisseur qui entrerait sur leur territoire. Chacun a essayé de me dissuader d'aller plus loin.

Le jour suivant nous sommes arrivés à une maison isolée. À cet endroit, chacun de nous a reçu la corne d'un grand bouf pour transporter de l'eau. Après cela nous avons quitté la route pour commencer à voyager à travers des plaines herbeuses. Nous avons bien progressé et dans la soirée nous étions trente milles plus loin.

Nous sommes maintenant arrivés à la fin du monde Chrétien, comme l'a dit Old Stabbed Arm et toute trace de civilisation a été laissée en arrière. Après dix jours de voyage, nous avons lutté pour traverser un marais et les carapatas se sont régalés de notre sang. Que sont les carapatas, vous demandez-vous ? Ce sont des sangsues, des punaises, des moustiques et des taons, le tout concentré dans un insecte venimeux! Ces voraces acariens verts sont en effet, un fléau épouvantable. Ils se concentrent sur le corps en grand nombre et quand on les retire brusquement, ou le morceau de chair vient avec ou la tête du carapata est arrachée. La nuit, il n'était pas rare de s'enlever une centaine de ces tiques du corps. Devant passer à travers les branches sur lesquelles ces tiques attendent leur proie, les pauvres chevaux en étaient parfois à moitié couverts.

Les réserves ont commencé à se faire rare et nous avons dû subsister sur le maïs indien. Alors, l'eau est devenue plus difficile à trouver et pendant la semaine suivante nous avons été incapables de nous laver. C'était pendant ce temps, alors que nous dormions sur le sol, que des petites chiques (variété de puces dont la femelle peut s'enfoncer dans la chair de l'homme) sont entrées dans nos pieds et nous ont ensuite causés de grandes douleurs. Ces chiques ont été décrites comme un croisement entre Satan et un tique des bois. Les petits insectes pondent leurs oeufs entre la peau et la chair. Quand la jeune couvée éclôt, ils commencent à festoyer sur le sang de leur victime et atteignent rapidement une longueur d'une douzaine de millimètres et causent d'intenses et épouvantables démangeaisons. Si on ne les enlève pas rapidement, la chair commence à pourrir. Mes pieds ont été bientôt si enflés que je ne pouvais plus enfiler mes bottes de voyage. En conséquence, mes membres inférieurs ont été plus exposés que jamais.

Après plusieurs semaines d'expériences diverses, nous sommes parvenus à la terre que je cherchais. Au bord d'une rivière, nous avons installé le camp et de là, j'ai fait de courtes excursions dans toutes les directions pour vérifier la valeur approximative de la propriété du vieux monsieur. Sur la terre du vieil Anglais nous avons trouvé un campement d'Indiens Caingwa pauvres et nus. Nous y avons été reçus avec bonté et avons découvert que malgré leur vile pauvreté, ils avaient des bananes et du manioc en abondance. J'étais capable d'acheter un vrai stock de tels produits alimentaires en échange de quelques couteaux et de perles. Parce que leurs propres bols, assiettes et bouteilles sont faites de courges, ils ont imaginé que toutes les choses que nous utilisions avaient été aussi cultivées. Il était amusant de les entendre demander les graines des bouteilles de verre des médicaments que j'avais avec moi.

C'est de ces gens que j'ai appris que la tribu royale à laquelle ils ont à l'origine appartenu a vécu loin dans les profondeurs d'une forêt dense placée à l'est de notre camp. Je suis devenu curieux quand j'ai découvert que cette tribu a adoré le soleil et a été gouvernée par un roi. Pourraient-ils être les descendants perdus des Incas ? J'ai décidé de persévérer et de découvrir le secret de cette tribu perdue. J'ai offert d'engager le chef indien Caingwa comme guide. En échange d'une chemise, un couteau et d'un certain nombre de perles blanches, l'affaire a été conclue et le jour suivant, nous partions avec mes chevaux.

Vers la fin de notre troisième jour, la pénurie d'eau s'est ressentie. Nous avons lentement grimpé les côtes accidentés d'une montagne et au fur et à mesure que le jour passait, la soif est devenue douloureuse. Cette nuit là, avec les chevaux, nous avons été contents de sucer les gouttes de rosée sur l'herbe et nos compagnons muets ont montré les signes d'un grand épuisement. L'Indien m'a assuré que si nous pouvions persévérer nous arriverions à un beau lac. Aussi nous étions en selle pour notre voyage vers l'eau désirée avant que le soleil ne soit monté.

Tout ce jour nous avons longtemps cheminé péniblement, silencieusement. Nos lèvres étaient sèches et nos langues gonflées. La soif faisait mal ! Les chevaux laissaient tomber leur tête et nous avons été contraints de mettre pied à terre pour avancer. Le soleil terminait sa course, l'obscurité est tombée et pour ce que je pouvais voir, le lac était un rêve de notre guide. La nuit, après avoir à nouveau sucé la rosée, assoiffé et dans le désespoir, nous avons bu le sang d'un de nos chevaux. Nous avons ensuite essayé de dormir.

Le jour suivant, nous avancions en selle jusqu'à ce que j'entende les cris de notre ami indien. Il hurlait: Venez, venez !. Avec une force nouvelle, j'ai couru à travers les taillis, pour sauter dans le lac et je n'ai rien trouvé que la terre dure ! Le lac était à sec. Du talon, j'ai creusé la terre pour voir s'il y avait de la boue, mais ne trouvant même pas cela, je suis tombé par terre - sans connaissance. Pire que ça, je ne peux rien dire.

Combien de temps je suis resté couché là, je ne le saurai jamais. L'Indien, comme je l'ai appris plus tard, explorant une ravine profonde de l'autre côté, a trouvé une mare putride de vase pleine de grenouilles toxiques et grouillante d'insectes. Il m'a apporté un peu de ce liquide dans ses mains et, après l'avoir mis dans ma bouche, j'ai eu la satisfaction de me sentir revivre. J'ai rampé jusqu'au trou d'eau et j'ai bu. Cette mare stagnante nous a sauvé. Nous y avons amené les chevaux et nous avons bu tous ensemble.

Après ce repos, nous avons repris le voyage et le jour suivant, nous étions à la lisière d'une forêt vierge. Pour traverser cet obstacle, le guide indien a dit que nous devions maintenant ouvrir notre chemin, jamais emprunté par la tribu royale et jamais visité. Cette nuit, nous campons au bord de la forêt. Le matin suivant, j'ai découvert que les chevaux étaient couverts de caillots de sang. Les vampires, ces chauves-souris - créatures détestables, moitié bête, moitié oiseau - avaient attaqué les pauvres créatures pendant la nuit.

Nous pénétrons maintenant dans la forêt. Les hommes taillent avec volonté et je conduis les chevaux derrière eux. Noirs, des singes hurlants avec leur longue barbe sautent dans les arbres. Des aras rouges et bleus hurlent au-dessus et un grand serpent a reçu les coups mortels de nos machettes. De temps en temps, je m'arrête pour admirer un arbre géant de huit ou dix pieds de diamètre, ou des orchidées de la nuance la plus délicate. Mais le passage est dur et l'air stagnant est le plus difficile pour respirer.

Après quelques jours de voyage nous entendons des cris et savons que, comme des mineurs ensevelis, nous avons été découverts de l'autre côté! Les Indiens Caingwas sauvages nous ont bientôt rejoint, j'examine leurs visages et les salue gravement. Ils me regardent fixement muets d'étonnement et en retour, je les considère avec la même curiosité. Chaque homme a la lèvre inférieure percée et un bâton mince d'environ dix pouces de long accroché en bas sur le sein. Leurs visages sont aussi peints de dessins étranges.

Je les assure que ma mission est paisible et que j'ai des cadeaux pour eux. Sur ce, le Grand Prêtre m'autorise à entrer dans la clairière où on me dit que Nandeyara, Notre Créateur, les a placé là au commencement du monde. Par un chemin raide, on me conduit en bas d'une vallée. D'ici nous apercevons plusieurs grandes maisons de bambou. Près de ces logements se tiennent peut-être cent hommes, femmes et enfants, les restes d'une nation en voie de disparition. Certains portent une natte autour de leurs reins, mais beaucoup sont nus.

En entendant les poules domestiques caqueter autour des maisons, je propose à notre guide indien de dire à nos hôtes que nous avons extrêmement faim. Le Grand Prêtre de la tribu répond que nous n'aurons pas à manger tant que nous n'aurons pas d'abord offert un présent. Je leur dis que les chevaux sont toujours bâtés et que notre faim est un besoin immédiat. Ils ont encore rejeté nos mots, pas une bouchée avant que je ne donne un couteau en cadeau dès maintenant, et la promesse d'autres cadeaux à venir ultérieurement. La faim me rendait faible, mais de la charge du cheval de bât j'ai sorti le couteau. En recevant ce trésor le Prêtre a donné l'ordre de prendre deux poulets. Ils ont été rapidement attrapés et jetés dans des pots d'argile pleins d'eau placés sur un petit feu - cela en entier, sans leur couper ni la tête, ni les pattes, ni même leur arracher leurs plumes. Seulement quelques minutes encore se sont écoulées avant que je ne retire un des oiseaux pour le manger comme mes ancêtres le faisaient, il y a des siècles. Après ce banquet je me suis allongé sur le sol, la tête reposant sur mes biens les plus précieux.

Le jour suivant j'ai été présenté au roi. Ici j'ai été très bien reçu et invité à m'installer chez lui et sa famille royale. Le roi était un grand homme, mais sans pagne, il était nu comme les autres. Il n'y avait pas rien qui ressemble à un siège dans sa hutte et un balai ne pourrait pas être trouvé dans son royaume en entier. Je me suis donc accroupi à même le sol de terre.

Pendant les quelques semaines suivantes, mon séjour avec les fidèles du Soleil quoique intéressant, fût douloureux. Sauf quand nous faisions cuire notre propre alimentation, j'étais presque toujours affamé. Après cette période de repos, mes chevaux étaient régénérés et semblaient capable d'achever le voyage de retour, j'ai donc fait les préparatifs pour faire un retour vers la civilisation.

La végétation est si prolifique que pendant le peu de semaines de notre séjour avec les Indiens, les épineux et les ronces avaient presque dissimulé le chemin que nous avions si laborieusement taillé dans la forêt. Cette fois, je n'étais plus intéressé par l'exploration de la pénombre humide sous les arbres. Nos vêtements sont maintenant presque déchirés en lambeaux. J'ai cherché à réparer les miens avec du crin de cheval, pour un médiocre résultat, et nous sortons enfin de la forêt à la lumière du jour, loqueteux, les vêtements déchirés et sales.

Cependant, notre retour n'était ni facile, ni rapide. Nous avons été frappés par une tempête d'une grande intensité. L'averse était si forte que nous avons été obligés de construire un abri de branches vertes. Pendant trois jours nous avons dormi à même le sol humide, tandis que la pluie ruisselait sur nos têtes, des araignées toxiques rampaient sur nous.

Enfin, quand la tempête a cessé, nous avons rejoint la rivière Ipane qui était maintenant considérablement gonflée. Plusieurs fois durant le voyage nous avions été forcés de construire des ponts de fortune. Mais ce flot était trop large, nous avons donc choisi de nager avec les chevaux dans le courant. Comme j'avais le cheval le plus grand et le plus fort, c'était ma place de m'aventurer le premier dans le flot rapide. Mon animal a traversé bravement, tout ce temps j'ai tenu les plaques photographiques entre les dents et mon arme à feu dans ma main gauche, la maintenant haut, au-dessus de l'eau. Plus loin, au bord de la rivière, nous avons découvert une maison déserte. Là, nous avons allumé un feu et séché ce qui restait de nos vêtements.

Enfin, nous avons atteint le village de Pegwaomi. Ici nous renvoyons notre guide indien et allons le jour suivant vers Concepcion. Il est certain qu'une vision plus étrange que celle du jour où nous sommes entrés dans cette ville minuscule, n'a jamais pu y être observée.

Nous avions été donnés comme perdus depuis des mois auparavant, on avait dit que j'avais été tué par des Indiens. J'étais cependant bien là, sain et sauf, sauvant ce qui restait de mes deux orteils pourris et ce que la fièvre avait pu brûler dans mes veines. Comme je m'allongeais dans un hamac, une femme d'ici soignait mes pieds avec des cendres de tabac, tandis que je remerciai silencieusement un Pouvoir Supérieur pour mon retour sain et sauf.

Traduction et adaptation Gérard Barré aidé par Basha O'Reilly

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