Coup de cœur

Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

Librairie

Publicité

Récits classiques

Choisir un auteur

On peut se demander comment ces deux jeunes hommes qui, d'une ville frontière du Texas, se sont dirigés vers Mexico en 1931. L'auteur, un Yankee avait des démangeaisons dans les pieds et un goût ardent pour les périls. Son compagnon, Robert Horiguichi, était le fils maniéré d'un diplomate japonais impérial.

Through Mexico…

Livre: Through Mexico on Horseback par Joe Goodwin

Through Mexico on horseback par Joseph C. Goodwin édité par Long Riders' Guild Press.

Télécharger cet article

Télécharger au format PDF [Les bandits mexicain] est disponible au format de fichier PDF.

Pour l'ouvrir, l'enregistrer sur votre disque dur et l'imprimer, le logiciel gratuit Adobe™ Reader® doit être installé sur votre machine. Si ce n'est pas le cas, vous pourrez le télécharger gratuitement :

Télécharger Adobe Reader

Vient de paraître

Livre: Les boiteries par Prune Arnoul

Livre: Le pérégrin émerveillé : Paris-moscou et retour(s) par Jean-Louis Gouraud

Livre: Manuel d'équitation Camargue : une tradition d'avenir par Céline Legaz

Livre : Ecrivains voyageurs : Ces vagabonds qui disent le monde par Laurent Maréchaux

Livre : L'équitation naturelle, Pricipes et exercices pratiques par Olivier Rabouan

Livre : Les chevaux ne mentent jamais par Chris Irwin et Christophe Rosson (Traduction)

Livre : Hippomanie par Jean-Louis Gouraud

Livre : L'équitation western. Des bases aux premiers galops par Baptistin Rainero et Fabienne Duthoit

Coups de cœur

Livre: L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

Livre: Manuel d'équitation Camargue : une tradition d'avenir par Céline Legaz

Livre: L'esprit du cheval : Introduction à l'éthologie cognitive du cheval par Michel-Antoine Leblanc

Livre: Éloges de l'énergie vagabonde par Sylvain Tesson

Éloge de l'énergie vagabonde. Je consacrerai mon temps d'avancée solitaire à réfléchir au mystère de l'énergie que nous extrayons des strates de la géologie mais aussi celle qui attend son heure au plus profond de nous.

Livre: Petit traité sur l'immensité du monde par Sylvain Tesson

Petit traité sur l'immensité du monde par Sylvain Tesson. Précis de désobéissance naturaliste, philosophie de poche buissonnière, récit romantique contre l'ordre établi.

Les bandits mexicains

Joe Goodwin et son meilleur ami, Bob Horiguichi
Joe Goodwin et son meilleur ami, Bob Horiguichi, ont cru qu'ils étaient prêts à toutes les éventualités que le Mexique pourrait leur infliger - ils étaient mal !

Dire que les deux étaient mal assortis serait un doux euphémisme, ces prétendus explorateurs équestres n'étaient ni préparés aux déserts, ni aux sables mouvants, ni aux brigands qu'ils ont rencontré dans la nature mexicaine. Heureusement avant de quitter le Texas, ils avaient obtenu ce qu'ils croyaient être nécessaires, y compris une cantine, un vieux pistolet et une machine à écrire pour tenir la chronique de leurs aventures. Avec leurs mustangs, Pistole et Negra, les aventuriers amateurs ont eu l'intention de prouver que les dangers de la route s'acceptaient comme le plaisir - en plus satisfaisant.

Extrait du récit de Goodwin, "Through Mexico on Horseback"

Les bandits mexicains semblent être comme les épidémies. Pendant des semaines, des mois, même des années, on n'entend pas parler d'eux. Puis un jour, arrive le récit d'un train volé près de Pachucha ou de Monterey. Le jour suivant un village est mis à sac dans l'état de Sonora, ou un haciendado et ses serviteurs sont tués dans celui de San Luis Potosi. À partir de ces cas isolés, la contagion s'étend et les vols, les incendies criminels, les meurtres et les rapines se multiplient sous les sabots des poneys des bandits.

Depuis les premiers jours de piste jusqu'à Villa Acuna, Bob et moi avions seulement entendu des avertissements disséminés à propos des brigands. Et pendant les trente-neuf jours entiers à cheval pour suivre le long itinéraire de Jilotepec, nous n'avions vu personne qui nous ait menacé de quoique ce soit. Nous en étions arrivés à penser que tout cela n'était qu'un mythe populaire, qu'il n'y avait aucun bandit dans n'importe laquelle des villes par lesquelles nous étions passés.

En fait, nous étions convaincus, que s'il y avait des hors-la-loi quelque part dans la république, ils seraient probablement apprivoisés comparés aux durs des États-Unis. Les avertissements, nous le croyions, venaient de personnes qui craignaient seulement que le village suivant compte des individus vicieux parce que le village suivant devait être trop loin des choses familières et les esprits primitifs craignent ce qui leur est peu familier.

Les rumeurs d'attaques de bandits avaient recommencé à San Luis Potosi. Au nord, les chemins de fer avaient eu un problème. Un train avait déraillé. Rien n'avait été pris et personne n'avait été blessé mais des coups de feu avaient été tirées sur des cavaliers qui s'enfuyaient.

Les nouvelles vont lentement dans un pays de ranch. À Santa Domingo, Arroyo Zarco et Chichemecas, rien ne se disait sur los bandidios. Mais le propriétaire de Santo Domingo montrait un avant-bras musclé qui avait été déchiré quelques années plus tôt par une balle dans une attaque et, les murs du stuc de Chichemecas étaient sérieusement marqué comme un visage après la petite vérole.

À San Juan del Rio et à San Luis de la Paz, avaient suinté les nouvelles d'attaques sanguinaires sur des villages et des haciendas dans l'est des montagnes Hidalgo. À Jilotepec, dans un café, nous avons entendu que cette bande de brigands était si effrontée qu'elle se hasardait au cour même du Mexique, pratiquement sous le nez des soldados postés dans toutes les villes qui entourent le District Fédéral et la capitale.

Mythe ou pas mythe, Bob et moi avons quitté Jilotepec le matin, nous avons exprimé nos remerciements pour avoir été épargné d'une rencontre avec les hors-la-loi. À peu d'exceptions, nos rencontres dans la république avaient été seulement des plus agréables. Maintenant, à seulement soixante-dix kilomètres au sud de la forteresse antique de l'Aztèque, nous avons estimé que le danger était passé. Nous avions déjà affronté le pays sauvage.

En tout cas, nous étions d'accord, nous devions passer pour des habitants pauvres, fatigués par le voyage, que les voleurs considéreraient indigne d'un effort. Bob, avec ses ascendances Européennes et Orientales combinées, avait souvent été pris pour un Mexicain et moi, descendant d'un Irlandais Noir, je pouvais passer comme originaire du Mexique si l'on y regardait pas de trop près.

Le voyage lent à travers le désert et la montagne, sous un soleil tropical, avait abouti à notre bronzage d'une nuance semblable au brun de l'acajou. Nos vêtements, en toile de jean bleue ou kaki, nos bottines et nos sombreros de paille, étaient blanchis de taches boueuses par endroits et loqueteux en entier. Nos chevaux, qui nous avaient portés sur mille six cent kilomètre à travers la région la plus rude de la république mexicaine, étaient trop épuisés et crottés pour attiser la convoitise. Notre apparence générale avait même été préméditée depuis le tout début comme une mesure de protection de notre errance dans l'horizon des hors-la-loi.

Néanmoins, l'un d'entre nous portait toujours le pistolet que nous avait donné le Senor Trevino, dans une poche de côté de son pantalon pendant le jour et sous sa tête la nuit.

Nous avons quitté Jilotepec le matin du quatre août, la saison humide entamait sa seconde moitié finale, la plus active. La rivière, que nous avons traversé par un pont antique à la sortie du pueblo, était un torrent, l'eau tourbillonnait aussi épaisse que de la lave coulante.

Le rideau d'eau à travers lequel nous avions marché péniblement le jour précédent avait cessé. Mais l'atmosphère était tellement saturée qu'il semblait suer de grosses gouttes froides qui d'une façon ou d'une autre trouvaient leur chemin sous la cape de caoutchouc attachée autour de ma gorge, en bas de la selle et au-dessous du sommet de mes bottes. Chaque plante et hutte indigène plantée le long de la piste paraissait hausser ses épaules et s'arrondir pour repousser l'humidité.

Une route en chantier allait vers la ville de Mexico. Bob et moi, se protégeant la tête des brises poisseuses, avons guidé nos chevaux vers le bourbier jaune. Pendant des heures nous avons marché péniblement pour la suivre, montant haut sur des arêtes boueuses, descendant en glissant dans des vallées larges et boueuses, contournant les flots qui avaient délaissés leurs berges - persévérant dans l'espoir d'atteindre la capitale avant la nuit.

Vers le milieu du jour nous sommes entrés dans une vallée à moitié inondée au nord de Tepotzotlan. Nous étions trempés, affamés dans une situation inconfortable. Les chevaux se traînaient dans la boue douce et noire qui leur montait jusqu'aux genoux. Devant nous à quelque distance s'étendait la pente des marches de terre nue qui monte à Tepotzotlan et Cuautitlan. Derrière nous, sur une distance plus grande, s'étiraient les pentes vertes et colorées d'ardoise par lesquelles la piste nous avait conduit depuis Jilotepec.

La vallée entière, autant que nous pouvions le voir à travers l'atmosphère transpirante, était inhabitée et abandonnée.

Mais soudainement, a raisonné l'écho d'un cri et d'un lointain éclat de rire. Une longue surveillance de la route en avant nous a révélé une forme colorée se déplaçant, laquelle en temps voulu, s'est révélée prendre l'apparence de cavaliers venant vers nous. Bientôt nous en voyions quatre et ils portaient tous des fusils. Même avant que nous ne soyons capables de discerner leurs visages sous les bords qui penchaient de leurs sombreros, nous avions deviné qu'ils étaient ivres.

Nous avons cherché une façon de les éviter. Mais les fortes pluies avaient inondé les parties plates de l'endroit tout autour de nous. Seule la route nouvellement construite vers le capitale était au-dessus de l'eau mais on y enfonçait profondément dans la boue jusqu'au genou.

"Je n'aime pas l'allure de tout cela," a dit Bob et j'étais d'accord. "Nous ferions mieux de les rencontrer aussi calmement que possible - comme si nous étions de vieux copains. Peut-être penseront-ils que nous ne valons pas la peine de s'arrêter - ou peut-être qu'ils vont seulement chasser, a t'il dit en riant nerveusement. Moi, aussi, trouvant un prétexte pour prendre la question entière avec légèreté.

J'ai sorti le pistolet de ma poche et l'ai saisi fermement, caché dans les plis de mon poncho. Les quatre hommes s'étaient rapprochés. Leur proximité nous a révélé qu'ils portaient aussi des armes sur le côté. Quand nous avons été à portée de voix, ils ont ralenti leurs chevaux pour les mettre au pas. Ils n'ont plus parlé ni ri. Nous continuions à la même allure tranquille, presque intrépides.

Alors ils se sont arrêtés.

Trois d'entre eux nous faisaient face et le quatrième a tourné son cheval en travers de la route. Une guitare était suspendue à son cou - par-dessus une cartouchière. Il a fait courir ses doigts sur les cordes avec une négligence étudiée.

"Continuons," a marmonné Bob, en anglais. "Ils sont juste ivres. Probablement qu'ils nous demanderont seulement une allumette ou une cigarette."

Sa tentative de garder son stoïcisme Oriental a échoué. Il y a eu comme un durcissement nouveau dans sa voix.

"Peut-être," ai-je répondu. "Mais soit prêt à donner du talon s'il faut s'enfuir. En attendant, commence à dire quelque chose avec le bavardage diplomatique qui est le tien. En ces temps, il devrait être apprécié."

Maintes fois, la maîtrise parfaite de l'Espagnol de Bob avait convaincu des personnes, déjà trompées par son aspect, qui était celui d'un Mexicain natif. En plus de l'utilisation irréprochable de l'Anglais, il conversait librement dans le français natal de sa mère, le japonais de son père, aussi bien que l'Allemand, le portugais et l'Espagnol. Son oreille linguistique était si délicatement accordée que, comme nous passions par des états différents, il était capable de changer sa propre expression et son accent pour se conformer aux dialectes locaux.

"Buenas tardes, senores," a lancé Bob aux hommes qui attendaient.

Nous étions à moins de vingt pas d'eux.

" Hay mucha agua, no ?"

Il y a eu un "buenas tardes" marmonné par l'un des quatre. Leurs mains ont plané près de leurs ceintures. Les carabines étaient toujours passées à leurs épaules. Nous stoppons immédiatement devant eux quand celui qui était en travers de notre chemin n'a donné aucune indication de déplacement pour nous laisser le passage. Bob a parlé, se forçant à dire diverses plaisanteries concernant le temps.

Trois des hommes ont commencé à pousser leurs chevaux en avant pour nous entourer, deux d'un côté, un de l'autre.

Je me suis tourné dans la selle pour faire face à l'homme derrière Bob. Mon ami a fait mouvement pour observer l'homme juste sur mon flanc. Le troisième homme a sauté de son cheval dans la boue de la route.

Mon cheval, Pistole, est devenu nerveux et a commencé à trépigner. Même la placide monture de Bob, Negra, avait les oreilles attentives et mâchait son mors.

Le Mexicain à pied sur la route a demandé une allumette et a marché vers moi. À ce moment j'ai aperçu une lueur d'acier dans la main du brigand derrière Bob.

"Éperonne ton cheval," ai-je crié, stimulant Pistole de mes deux talons et tirant deux fois avec l'automatique en direction de l'homme qui m'avait demandé une allumette.

Bob, avec son apparent manque de soupçon, était maintenant complètement alerté et Negra a sauté en avant dans le même mouvement que celui qui a porté Pistole vers l'homme qui bloquait notre chemin.

De nouveau j'ai tiré deux fois, cette fois sur l'obstacle humain devant nous. Son cheval s'est cabré, battant l'air de ses pieds antérieurs alors que Bob et moi nous précipitions à bride abattue. J'ai jeté un coup d'oil en arrière, talonnant toujours Pistole et j'ai vu le bandit donner de grands coups de machette en direction de Bob. Évidemment mes deux derniers tirs étaient partis dans la nature. En attendant, Bob maudissait en français.

Dans ce moment de tension cela nous a semblé risible - mon compagnon japonais maudissant des bandits mexicains en français - et j'ai ri, un peu hystérique, fonçant au travers des balles qui maintenant commençaient à siffler et à s'enfoncer dans la boue aux pieds des chevaux.

Les animaux effrayés plongeaient d'une manière extravagante dans la fange profonde. Nous étions couchés contre leur encolure, les stimulant à chaque saut. Longtemps après avoir été en sûreté, nous courions toujours.

Quand nos assaillants ont arrêté leurs tirs bizarrement imprécis et que nos cours ont cessé de pomper comme des armes à feu Gatling, nous faisons une brève halte pour regarder en arrière. Trois des bandits debout sur la route, regardaient le quatrième couché dans la boue. Nous ne sommes pas retournés voir s'il n'était que blessé ou mort. Nous précipitant vers un gué au flot gonflé, nous grimpons à travers une colline de boue pour atteindre Tepotzotlan, en passant par des champs cultivés et des vergers, regardant fixement en arrière comme des criminels poursuivis et ne faisant pas de pause avant d'avoir atteint le village de Cuautitlan.

En y arrivant, Bob est entré dans une pharmacie acheter un pansement pour la blessure de machette de son bras et un baume pour la brûlure provoquée par la balle qui a effleuré mon dos. Après nous être cachés à l'abri de tout risque, avec nos chevaux au fond d'une écurie, que nous ayons échangé les traitements de premier secours, Bob a demandé, "Quand ce tir t'a frôlé ?"

"Je ne sais pas. Je ne l'ai pas senti. Mais cela me brûle maintenant comme l'enfer. Quand as-tu été blessé ?"

"Je n'ai pas su que je l'étais tant que nous n'étions pas partis. Ce malabar à la machette a dû venir plus près que je le pensais," a-t-il dit. "Et regarde mon imperméable. Toute la manche est fichue !"

J'ai soulevé ma cape pour l'inspecter. Il y avait deux trous propres en haut du dos.

"Mais, c'est la saison des pluies," ai-je bafouillé, mais ma colère manquait de conviction. "Pourquoi ces sale brigands infestés de poux ? Retournons et nettoyons à fond."

Mais malgré notre vantardise, notre rire s'est nerveusement étranglé comme des gouttes de pluie dans un feu.

Texte et photos © Joe Goodwin Tous droits réservés Traduction et adaptation : Gérard Barré

  • annuaire de sites
  • plan du site
  • échange de liens
  • ils ont référencé…

02 février 2006 — World Trail Rides © 2000-2017

Le site et son contenu sont sous licence Creative CommonsLa charte graphique du site et son contenu sont soumis aux droits d'auteur et mis à disposition sous un contrat de licence Creative Commons.

conception, réalisation, mise à jour et référencement Gérard Barré

Valid XHTML 1.0 StrictValid CSS!Alsacréations