Coup de cœur

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Avec un mustang

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Nathan et Elly Foote, Tragédie sur la Frontière

Nathan et Elly Foote
Nathan et Elly Foote et leurs fidèles chevaux Criollo, au Pérou.

Ces Explorateurs Équestres légendaires sont partis du cap Horn (Patagonie) en 1969 accompagnés de quatre robustes chevaux Criollo. Après beaucoup de miles et de mois sur la piste, la bande des six voyageurs aguerris est arrivée à la frontière Mexico-américaine dans la ville de Laredo (Texas). Quoique Nathan et Elly aient projeté de voyager avec leur Criollos jusqu'en Alaska, les vagabonds équestres ont appris au Texas de bien mauvaises nouvelles.

L'entrée aux États-Unis a été refusée à leurs chevaux !

Les autorités de la frontière américaine qui ont examiné les Criollos, les déclarent positifs à la piroplasmose. Avec la responsabilité du voyage et des chevaux aimés, échoués en quarantaine, les Foote ont été forcés de prendre une décision à fendre l'âme - abandonner le voyage et vendre leurs Criollos bien-aimés au Mexique, ou faire une série de huit injections expérimentales aux chevaux qui résoudraient le problème de piroplasmose, comme l'USDA (United States Department of Agriculture) les en a assuré.

On avait fait à cent mustangs des injections d'amideocarb, un médicament conçu pour débarrasser un cheval des piroplasmes et d'autres anticorps. Alors qu'après les piqûres, quelques cobayes mustangs avaient éprouvé des coliques, il n'y avait eu aucun accident. Avec l'assurance des autorités américaines que leurs Criollos pourraient bientôt entrer dans le pays, Nathan et Elly ont autorisé les injections.

Un véritable cauchemar les attendait

Les Criollos sont tombés mortellement malades, commençants à perdre du sang par tous leurs orifices pour s'effondrer dans l'agonie. À ce moment épouvantable de leurs vies, Nathan et Elly Foote ont dû prendre la plus difficile décision, à laquelle n'importe quel voyageur équestre ne devrait jamais avoir à faire face. Plutôt que de laisser leurs chevaux aimés souffrir davantage, Nathan les sortira de leur misère un par un.

Finalement, un seul Criollo restera, un compagnon de voyage, un rappel du début de leur rêve sud-américain - et qui, frêle lien malade à la chaîne équestre, s'appelait Pampero.

Nathan Foote reprend ici leur histoire

Par une nuit sans étoiles, le 27 février 1972, j'étais assis sur le gravier des corrals de la quarantaine de l'USDA dans les faubourgs de Nuevo Laredo (Mexique) engourdi par le froid, et tellement engourdi que je ne pouvais pas sentir sous moi les pierres pointues, berçant la tête de mon cheval, lui parlant. J'ai caressé le nez doux posé sur mon genou, dirigé ma main le long de sa crinière coupée, de l'épaule mouillée de sueur jusqu'à son abdomen tremblant. Il s'est contracté de nouveau sous la douleur. Il a soulevé sa tête en grinçant des dents. Facile, Pampero. Je ne te laisserai pas souffrir plus longtemps. Pas comme les autres. Je sais que tu veux y aller. Les rattraper. Ma voix sonnait faux, irréelle. Ils t'attendront. Ne t'inquiète pas, je peux tous les voir... Maracas, India ; ils sont maintenant avec Caicique. Courrant ensemble, parmi des bouquets de sauge et de mata verde. Je te renverrai à la maison, Pampero, à la maison dans les pampas qui t'ont donné un nom. Tant de miles. Son menton a touché mon genou, son corps se détendait de nouveau.

J'ai regardé fixement à travers les cinq fils de fer barbelé de la clôture les phares des voitures qui filaient comme des flèches et le léger halo rouge seulement cent yards plus loin ; des taxis apportaient des gringos de l'autre côté de la rivière. Les portes ont claqué. Un rire rauque a grincé comme des ongles sur du verre. Au-dessus, tout en haut, un énorme verre de martini s'inclinait en titubant, renversant du rose fluorescent dans le ciel sombre.

Ma main s'est serrée sur la poignée froide et humide du 38 spécial police. Je l'ai soulevé lentement et prudemment, j'ai visé la silhouette du passager anonyme assis à l'arrière d'une voiture qui s'approchait, en la suivant avant qu'elle ne se soit esquivée en disparaissant entre les murs. Alors je me suis concentré sur un autre visage blanc. Et un autre, une pensée martelait mon cerveau : ils méritent de mourir, pas toi Pampero, pas toi!

Mais la colère qui était en moi jusqu'ici ne pouvait pas atteindre mon doigt posé sur la détente. J'ai laissé l'arme à feu descendre vers le sol et je me suis détourné.

Les lumières de Laredo (Texas), produisaient une trace violacée sur le bas d'un nuage au nord. Avoir voyagé si longtemps - plus de trois ans - jusqu'ici et en être arrivé à cela ! Nous aurions pu traverser le Rio Grande par une nuit comme celle là et maintenant, nous serions dans les Rocheuses, buvant le thé à petits coups près de la braise rayonnante d'un feu de camp, les chevaux veillant tout près en permanence.

Je n'ai même pas su ce que j'avais fait de mal. Ce que nous avions fait de mal. Nous avions traversé quatorze frontières, celle-ci nous ramenait à la maison. Comment notre rêve avait-il pu devenir ce cauchemar ?

La musique d'un piano honky tonk provenait des murs du léger halo rouge, un boogie woogie palpitait. Pampero fait un brusque mouvement en avant, stupéfié il fait quelques pas, perd son équilibre et tombe. À maintes reprises, ses jambes ont donné des coups, alors il s'est figé, la poitrine se soulevant, du sang gouttant par ses naseaux. Dieu, non ! Pas ses poumons aussi ...! Je me suis glissé à côté de lui, j'ai appuyé mon visage contre son cou, senti le duvet chaud et doux juste derrière son oreille et j'ai chuchoté : Ne te bat pas, Pampero. Reste tranquille. Je ne te quitterai pas. Le dernier obstacle arrive. Tu voleras directement vers eux. Et ils t'attendront là, écoute les hennir. Sent-les dans le vent.

Quelque part au delà de la palissade, une bouteille s'est brisée, une femme a crié, la voix forte et perçante dominait des rires bébêtes. La voix virile, ivre et engluée, s'est alors brisée dans un hurlement de rires mélodieux. Des phares balayent la nuit, nous illuminent blottis ensemble, le petit Pampero et moi, projettent nos ombres contre les planches, à travers les bâtiments bas et les bétaillères, embrouillées dans les fils de fer barbelé noirs, comme une voiture surgit du vide pour filer à toute vitesse dans la nuit.

J'ai monté le pistolet, ma gorge s'est serrée. J'étranglais. L'arme à feu a tremblé quand j'ai mis la gueule du canon dans la bosselure juste derrière son oeil gauche. La colère martelait mes tempes : il est innocent. Nous sommes innocents.

Ou vivons-nous un rêve, un crime ? Dites-moi, quel est le crime ?

Une convulsion aiguë a parcouru brutalement le corps entier de Pampero. Il a soulevé sa tête et a henni une fois, se laissant ensuite tomber lourdement sur ses genoux. Très lentement, en employant toute la force que je pouvais trouver, j'ai appuyé mon doigt contre la détente, fermant mes yeux pour voir ses compagnons : Caicique, India et Maracas, que j'avais envoyé avant lui, galoper à travers le désert de Patagonie, leurs queues et crinières pourpres, embrasées dans la lumière mourante des Andes.

En hurlant, une sirène a brisé le calme, une usine annonçait le jour que je n'aurai jamais voulu voir et, assourdissant le coup de grâce que personne sur cette terre endormie ne pourrait entendre.

Après que son équipe initiale de chevaux Criollo ait été tragiquement perdue à la frontière Mexico-américaine, le couple, mari et femme, Américain et Suédoise, s'est résolu à poursuivre, quel qu'en soit le prix. Un des fondateurs du Studbook des Mustangs Espagnols leur a donné quatre mustangs. Montés sur ces nouveaux partenaires équins les Foote ont continué leur aventure pour l'histoire du voyage équestre. Ils sont arrivés à Anchorage en Alaska trois ans et 18,000 milles après s'être mis en route du lointain cap Horn en Patagonie. Indio Blanco, le dernier Mustang survivant du groupe est décédé au ranch d'Elly et Nathan au Canada durant l'hiver 2000, apportant ainsi une conclusion à ce voyage légendaire. Elly écrit : Il avait 33 ans quand il se coucha dans une clairière ensoleillée un jour de l'hiver dernier, comme s'il était juste allé dormir. Aucune lutte. Aucune cause apparente. Et c'était presque beau.

Traduction et adaptation : Gérard Barré

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01 février 2006 — World Trail Rides © 2000-2017

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