Coup de cœur

Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

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Le projet australien

Itinéraire à cheval à travers l'Australie

L'itinéraire de la Piste Nationale du Bicentenaire de Healesville à Omeo.

Des informations et des conseils:

La randonnée du week-end, c'est bien mais, ça a toujours un goût de trop court ! Alors, nous sommes partis pour un tour de la Nouvelle-Calédonie durant deux mois. Mille kilomètres, ça sert aussi d'échauffement ! C'est bien comme ça que nous l'avions vu. Tester le matériel, les techniques de voyage, les erreurs à ne pas faire - que nous avons bien entendu faites, sans en oublier une seule, sans doute pour les tester aussi… [suite]

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Des cagneux et des pieds plats… - Il faut se mettre en route… - Deux cent kilomètres à pieds, ça use les souliers… - Canberra, gros soucis et états d'âme.

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Le voyage fabuleux… - Quelques brèves nouvelles... - New-England : la route du bétail - QUEENSLAND : La désolation - Esk : la ville maudite.

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Australie

À cheval sur la Piste Nationale du Bicentenaire

Édouard Chautard et Carine Thomas
Texte et photos © Édouard Chautard Tous droits réservés

La fin de l'aventure…

La réinsertion dans la société est difficile. C'est bien de retrouver le confort, mais ne plus avoir de grand projet devant soi ne donne pas le moral. J'ai repris le travail, même fauteuil, même bureau, mêmes collègues... J'en suis presque à me demander si nous avons réellement vécu tout ça !

QUEENSLAND : La désolation

La bordure du Queensland passée, l'herbe est devenue rare et très sèche. Tout est grillé par le gel et le manque d'eau. Plus un centimètre de vert n'est visible sur les tiges d'herbe. Il devient difficile de progresser dans ces conditions. Et le manque d'eau est plus dangereux que le manque d'herbe. Une seule arrivée tardive à un bivouac sans eau pourrait devenir catastrophique.

Pour garantir une certaine sécurité, nous décidons de poursuivre notre route en progressant au plus près des villages. Mais dans ce pays à l'échelle d'un continent, les villages sont éloignés de plusieurs journées de marche. La partie n'est pas facile. Nous attendons également la visite de nos amis Alex et Éric. Chacun leur tour, ils doivent nous rejoindre pour partager quelques jours de l'aventure.

C'est ainsi que nous allons vers un petit village au bord d'un désert. C'est là que nous avons donné rendez-vous à Alex. Le vent du désert n'est pas loin, les rues sont très larges, l'espace plat ne manque pas, deux ou trois "Pubs", une église et quelques magasins, c'est tout. Le décor est très western. Nous réussissons à nous installer au bord d'une rivière dans laquelle il ne reste plus que quelques flaques d'eau nauséabonde, mais ce lieu est également la seule tache d'herbe verte des environs. Un seul défaut, la "highway" n'est pas loin, alors le bivouac sera très bruyant, nuits et jours.

Dès l'arrivée d'Alex, nous reprenons la route. Son émerveillement nous rappelle les débuts du voyage, alors que nous découvrions les kangourous et les forêts d'eucalyptus à perte de vue…

Souvent invités à partager un repas et à dormir chez l'habitant, la population du Queensland est beaucoup plus accueillante. Habitant à plus de trente minutes en voiture, une femme est même venue nous chercher pour nous emmener prendre un bain chauffé dans une marmite et nous servir un délicieux repas. Spontanément, une famille nous a accueilli pour nous offrir l'hospitalité comme autrefois. Paddock avec fourrage pour les chevaux, repas le soir pour nous trois, après quoi les enfants ont sorti les matelas de leur chambre pour les installer dans le salon – nous passerons une bonne nuit. Le matin, la femme a même préparé des "cookies maison" pour la route.

Pratiquement, de villages en villages, de maisons en maisons, nous avons connu en 15 jours la quasi totalité du nombre d'invitations offertes depuis le début du voyage. Arrêtés 3 jours à proximité d'une grande ville pour ferrer les chevaux, l'opération s'est déroulée très vite grâce à Alex. Et pour cause : c'est lui qui m'a enseigné l'art du ferrage durant près de deux ans avant le départ.

Esk : la ville maudite

Alex est triste aujourd'hui, c'est son dernier jour avec nous. Il a une vision assez idyllique de notre voyage quelque peu décalée de la réalité. Mais l'arrivée dans la ville d'Esk lui a démontré comment tout peu tourner mal en un instant.

Nous avons été trimballés d'un paddock à un autre, obligés de mettre les chevaux dans un enclos qui s'est avéré ouvert à son extrémité opposée donnant un accès libre à la route. Nous avons dû courir sur la route pour rattraper les chevaux dans le noir, nous avons été arrêtés par la police car la mairie nous avait dit de camper là où c'était interdit. À la mairie on nous avait demandé de déplacer les chevaux vers un paddock privé, en nous expliquant que le temps qu'il y ait une plainte de déposée contre nous, nous serions partis. Et enfin, les mêmes ont voulu nous faire quitter la ville afin de se débarrasser du "problème". Rien du tout ! Hors de question de quitter la ville. Alors, nous allons négocier gentiment à la mairie pour rester sur le terrain communal. Après 20 minutes de discussion, ils ont fini par nous laisser tranquilles.

Notre ami Éric a donc pu nous rejoindre à Esk, et Alex s'en est allé.

Nous avons continué la route par des terrains extrêmement secs. Premier soir, nous dormons à coté d'un vieux pont au milieu des détritus. C'est sale, mais au moins il y a de l'eau (malpropre, elle aussi) et un peu d'herbe pour les chevaux.

Le lendemain, par une piste qui s'efface progressivement, nous traversons d'immenses propriétés d'élevage où il est difficile de s'orienter. L'herbe est comme grillée par le gel. Nous trouvons tant bien que mal le bivouac du soir. Il y a un peu d'eau qui ruisselle, et de l'herbe sèche à grignoter pour les chevaux. Nous campons dans le lit sec de la rivière.

Inquiétés par la fumée qui monte dans le ciel au loin, nous montons le camp. Éric part à pieds voir si l'incendie peu se diriger vers nous durant la nuit. La température est encore bien fraîche (inférieure à -10° la nuit).

Le lendemain, non sans mal, nous quittons ces lieux déserts. Les barrières ont été changées récemment, et il faut parcourir les paddocks pour trouver les portails. Nous traversons plusieurs propriétés, toutes séparées par des ponts à claire voie. Il faudra ouvrir et fermer un portail pratiquement tous les kilomètres. Éric assumera cette tâche entièrement, et fera remarquer au passage que chaque portail possède sa propre astuce de fermeture.

Le dernier soir, accablés par l'absence d'herbe pour les chevaux et l'unique mare d'eau croupie, nous sommes abattus et désolés pour nos compagnons. Cette situation pesante est révoltante, mais qu'y faire ? Demain nous arriverons dans un village, les chevaux pourront manger à leur faim et boire à satiété.

Mais c’est à nouveau la déception. En arrivant au village, il n’y a pas d’herbe et le seul magasin rationne le fourrage. On ne peut acheter que deux bottes pour cinq chevaux ! Et pour trois jours, ça va faire peu.

Éric nous quitte ici. Alors que nous regardons partir le bus qui l'emmène, nous nous interrogeons sur la suite du voyage. Nous partons tout de même vers le prochain village. Mais le trajet est encore pire ! Devant tant de sécheresse, nous n’avons plus le cœur à l’ouvrage. Quelle suite donner à ce projet ? Il faut se rendre à l’évidence : nous sommes fatigués, le but principal a été atteint depuis longtemps, les chevaux vont à nouveau souffrir et après une étude minutieuse des cartes, il est évident qu’il n’y aura pas d’amélioration des conditions, la période sèche est maintenant bien installée. La décision est prise. Nous appelons un transporteur pour rapatrier les chevaux à Oberon chez des amis rencontrés sur notre route il y a quelques temps.

Trois jours de camion seront nécessaires pour ramener les chevaux chez Hazel et Martin. Heureux de nous accueillir, ils s’occuperont de nos compagnons le temps qu'il faudra pour décider de ce que nous en ferons. Il fait froid, il neige. La fin du voyage est difficile à gérer psychologiquement. Après avoir régler les formalités du départ, nous quittons les chevaux des larmes aux yeux… Difficile de croire que nous avons réussi un tel voyage. Les souvenirs se mêlent, il faudra du temps pour que les émotions s’apaisent…

At home, le 06 octobre 2004

[…] La réinsertion dans la société est difficile. C'est bien de retrouver le confort, mais ne plus avoir de grand projet devant soi (et plus un sou) ne donne pas le moral.

J'ai repris le travail, même fauteuil, même bureau, mêmes collègues... Ça tue vraiment ! J'en suis presque à me demander si nous avons réellement vécu tout ça ! Peut-être n'était-ce qu'un rêve ? Ça en a tout l'air. Bon... Je pense qu'il faudra encore quelques mois pour que la poussière se dépose, et pour y voir clair.

Aux dernières nouvelles les chevaux vont bien. Road-trip vient de mettre bas ! Un petit poulain gris. Voilà donc pourquoi elle ne perdait jamais son gros ventre, qui n'était pas si gros d'ailleurs. Avant de partir, nous avions remarqué que ses mamelles étaient un peu gonflées, mais nous n'avions pas décodé. […]

Édouard. Extrait d'un courriel du 06 octobre 2004

La piste nationale du bicentenaire à cheval

Édouard Chautard et Carine Thomas le jour du départ pour la piste nationale du bicentenaire à cheval et en Australie
Le jour du départ pour la piste nationale du bicentenaire à cheval et en Australie.

En septembre 2001, au retour de ce petit voyage à cheval, l'idée de retourner sur les sentiers nomades était déjà là. Même s'il a fallu un petit temps de réadaptation, un projet a vite germé dans nos esprits. Le choix du pays a fait l'objet d'un consensus entre Carine qui se voyait mal partir dans un pays étranger aux confins de la planète, et moi qui trouvais que rester sur le sol Français apportait peu de piment à l'aventure. C'est donc l'Australie qui s'est tout naturellement imposée. Pas très loin de la Nouvelle-Calédonie, et assez exotique pour rehausser l'intérêt.

Nous prévoyons donc de partir sur le Bicentenial National Trail. Ce sentier équestre parcours la côte Est de l'Australie sur plus de 5000 kilomètres à l'intérieur des terres. Des portions passent près des villages et peuvent être assez touristiques, mais d'autres risquent de nous éloigner de toutes traces de vie humaine sur plusieurs semaines, dans l'isolement le plus total.

Le dépaysement risque d'être total. Des paysages parfois monotones, aux étendues si vastes que la végétation est la même durant des centaines de kilomètres, mais aussi un arrière pays des plus sauvages au monde – Kangourous, Brumbies (chevaux sauvages), Koalas, Eucalyptus…

Nous partirons de Melbourne ( Healesville précisément), et remonterons la BNT durant 11 mois. Il est improbable que nous puissions parcourir les 5300 km dans leur totalité. Inutile de chercher à savoir la distance que nous parcourrons, nous ne la connaîtrons sans doute qu'à la fin…

Les chevaux. Nous achèterons 6 chevaux sur place, deux de selle, deux de bât et deux de secours. Le parcours des Snowy Mountains est assez rude et très isolé. Toutes les personnes connaissant cette région nous ont conseillé de partir avec beaucoup de chevaux. Lorsque nous avons demandé : "Est-ce bien raisonnable de partir avec 6 chevaux, n'est-ce pas trop ?", nous avons eu comme réponse : "Durant les premiers 200 kilomètres, vous serez encore proche de la civilisation, et on vous donnera des contacts pour en acheter d'autres au cas où…"

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