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À cheval en Amérique du nord

Un voyage avec trois chevaux, un chien et un chat

René Berthoud fait boire ses chevaux
Dernière mise à jour le 02/12/2004. Des problèmes de santé ont interrompu momentanément la publication de ce carnet de voyage. Souhaitons à rené un prompt rétablissement.
texte et photos © R et RM Berthoud

Leur voyage a duré 4 années, les conduisant du Québec jusqu'au golfe du Mexique et puis, ils ont traversé la Californie jusqu'à Vancouver BC avant d'entreprendre le retour au Québec. Ils s'arrêtaient l'hivers pour travailler et laisser se reposer les chevaux. Le voyage à travers les USA a débuté en mai 1980. Nous sommes partis de Suisse avec 2 petits sacs de voyage et surtout notre chienne Bella qui nous a accompagné tout au long de ce périple. Sur place, nous avons acheté 3 chevaux, deux juments et un hongre, leur nom : Moustique, Zitou et Jajane.

Nous sommes partis du Québec le 14 juin 1980 pour traverser l'Ontario, le Michigan et ensuite descendre jusqu'au golfe du Mexique. Ensuite nous avons traversé la Californie avant de remonter jusqu'à Vancouver BC. De là, une longue traversée horizontale nous a permis de rejoindre notre point de départ au Québec à la fin de l'année 1983.

Le souvenir de nombreuses anecdotes reste présent dans nos mémoires. Par exemple en arrivant au Texas, il s'est avéré que les deux juments étaient pleines. Nous avons dû nous arrêter pour trouver du travail et un logis pour passer les quelques mois d'hiver. Cela a été l'occasion de nous faire des amis incroyables. Moustique, ma jument, a pouliné alors que nous ne pouvions attendre plus longtemps avant de reprendre le voyage. Ces nouveaux amis nous ont prêté un cheval alors qu'ils gardaient Moustique et sa progéniture. Après le sevrage du poulain, ils ont parcouru environ 2000 miles pour nous rejoindre et transporter le tout jeune cheval dans un trailer. Ils ramenèrent leur cheval au retour. Nous avons offert le poulain à leur fille. À cause de la couleur de mes cheveux, ils l'ont baptisée Jolie blonde.

Nous avons bien d'autres histoires à raconter…

Quelle a été votre motivation pour entreprendre et réussir une telle aventure ? Cette question est très difficile. Pourtant, je crois que plusieurs choses tournaient dans ma tête depuis mon petit périple en France : envie d'évasion et rêve d'enfance, problèmes de famille et coup de tête. Non ! Je ne peux pas en dire plus. Mais le début du voyage fût très difficile, achat des chevaux, du matériel et je croyais que le Canada serait plus riche en conseil mais non l'on rigolait de notre idée jugée farfelue !

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Cap à l'ouest

Réné et Rose-Marie en selle

L'achat des chevaux a été très compliqué – personne pour nous donner un bon conseil. Et le temps passait… Au pif, nous choisissons la petite jument appaloosa, 1,55 mètre au garrot, bon poitrail, jambes petites mais très fermes, bons paturons, affaire conclue. Un petit Pinto retient mon attention comme cheval de bât, mais il ne va pas, il n'avance pas, je m'étais fixé 5 kilomètres à l'heure !… Nous repartons en chasse et dénichons une petite jument blanche, parfaite, bonne encolure, jambes saines, un peu grasse, dans ma tête elle perdra ses kilos en trop. Et maintenant il me faut un troisième cheval. Après une ou deux visites dans d'autres élevages, on me propose un très joli Pinto. Je l'essaie, bien souple il a le rein long mais sa démarche est un peu traînante sur un antérieur ! Hésitation. Mais il me plait et voilà nos trois montures.

Maintenant, passons au choix du matériel. Quelle salade pour trouver un magasin qui propose selles anglaises et selles militaires Suisse, mais nous trouvons seulement des western !… On nous propose deux selles d'occasion en parfait état pour un prix dans les 500 dollars. Maintenant le bât ! Seulement un petit à croisillons, mais nu ! Il faut maintenant trouver un sellier pour fabriquer et installer le cuir. Toujours pas de sacoches, il faudrait attendre un mois ! Une chance un artisan spécialiste des capotes pour voiture nous offre ses services, il connaît un peu la randonnée. Il se donnera beaucoup de peine. Maintenant il faut apprendre à bâter – leçon d'amarrage ! Par chance nous trouvons un homme qui sait faire mais qui attire notre attention sur les problèmes à venir. Les sacoches d'une seule pièce, sont plus longues que le flanc du cheval. Soigneusement nous pesons tout le matériel en vue de l'équilibrage des charges – environ 30 kilos par sacoche, fer, matériel divers, etc. etc.

Et les premiers problèmes arrivent… Impossible de mettre ces diables de charges sur le dos de notre petite Blanche qui n'aime pas cela ! Les sacoches nous glissent des mains. Et ce sont les premières engueulades, les premiers rires. Moi qui pensais que cela irait tout seul, je déchante vite. Expérience ! La seule solution est de mettre cette foutue sacoche à moitié vide et de la remplir à la main – pas très malin notre truc.

Pour le ferrage, il faudra des 00 pour moustique, l'appaloosa et des 01 pour la petite blanche qui me donne du souci, une ruade pourrait bien arriver ! Et des 1 pour Zitou. Et voila le départ sans boussole mais seulement avec quelques petites cartes. Où aller ? Nous ne le savons pas, mais à l'ouest. Ça c'est sur ! Tout le monde se fout de nous. De ces pauvres petits Suisses qui ont un pays grand comme un mouchoir de poche.

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Premiers jours, premiers soucis, premières rencontres…

Enfin le grand jour, nous partons après tous les préparatifs nécessaires – barbant et épuisant – mais c'est le jour de mon anniversaire, j'ai 22 ans. René m'agace avec toutes ses recommandations qui me semblent inutiles, plus tard je m'apercevrai qu'il avait raison.

Nous mettons beaucoup de temps à équilibrer le bât et René tout énervé me met en colère, il laisse échapper quelques jurons. Enfin, nous mettons le pied à l'étrier pour partir en direction de l'ouest. Un peu nerveuse, Jajanne qui porte le bât pose quelques problèmes et Zitou, le cheval de René, n'apprécie pas ses sautes d'humeur. Cependant, les premiers kilomètres se passent sans encombre et nous réalisons enfin que ce voyage prend corps et âme.

Il est 9 heures lorsque nous prenons un petit chemin qui accueillera notre toute première nuit. C'est à la mode cow-boy que nous dormirons à la belle étoile, selle sous la tête, enfouis dans nos sacs de couchage. Nos yeux se ferment au regard des étoiles, quelle paix ! Quelle tranquillité nous avons là.

Le réveil sera plutôt brutal, René me secoue comme un pantin car il commence de pleuvoir. On se regarde et on éclate de rire, nous avons la figure comme une citrouille, nos amis les moustiques ne nous ont pas épargné.

Nous arrivons à Monfort où nous espérions faire le ravitaillement, mais c'est un petit hameau où il n'y a que trois maisons donc nous continuons par ce qui semble être une ancienne ligne de chemin de fer.

Les premiers problèmes surgissent, l'équilibre du bât de notre jument porteuse n'est pas stable nous mettons pied a terre. Oh! Catastrophe ! Jajanne prend peur et se met à tirer au renard… Elle casse son licol, tombe, se relève. Et moi, grande sotte, je la regarde partir d'abord au petit trot mais rapidement elle prend le grand galop… Misère de misère tout s'envole. Le derrière de Jajanne disparaît, je me mets a courir mais René plus raisonnable me dit de prendre ma jument Moustique ce qui irait un peu plus vite. Je la retrouve quelques kilomètres plus loin. Elle se restaure tranquillement et a l'air de dire, je suis là, tout va bien.

Quand je vois l'état des sacoches je pense que René va piquer une belle colère. Mais non ! Nous nous regardons catastrophé avant d'éclater d'un grand rire en voyant tous nos objets qui jonchent le sol. Qu'allons nous faire ? Les sacoches sont dans un piteux état, impossible d'y remettre le matériel. Le début de notre périple commence bien !

Que va t'on faire ? Nous entendons soudain une pétarade, c'est une moto. En voyant notre air déconfit, le motard propose son aide, une voiture viendra chercher le matériel. Il nous indique le chemin pour aller jusque chez un couple qui d'après lui pourrait nous dépanner. Effectivement, lui est plus ou moins sellier et comble de chance, il a un pré pour nous permettre de parquer les chevaux le temps de réparer les dégâts. Il faudra un jour et demi pour tout remettre en ordre. La bienveillance Canadienne est bien présente, c'est le jour de la fête des pères et nos nouveaux amis doivent rendre visite à leur famille, il nous laisse leur foyer.

Nous suivons la trace que notre ami André nous a indiqué, elle serpente entre de petits lacs. Nous traversons une sente merveilleuse, de grands arbres secs dépouillés de tout feuillage ont l'air de grands fantômes. Sous le charme, dans cette douceur, nous en oublions de bifurquer à l'endroit indiqué par André. Tant pis, nous ne sommes pas pressé. Nous arrivons au coeur d'un magnifique site bordé du Lac des Seize Îles. Nous avons la d'y trouver un petit corral –pas besoin d'entraver nos compagnons qui auront une belle herbe pour repas.

Le lendemain, le froid est vif, nous activons les préparatifs du départ. L'entrain revient avec le soleil. Toujours à l'ouest ! Soudain nous croisons un petit bonhomme à l'accent très corsé des Québécois. Il fait quelques photos, nous l'appelons Whisky car sur le coup de midi le chaud breuvage coule dans nos gosiers. Nous entravons les chevaux pour la nuit et avant de nous endormir profondément, comme des souches.

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À cheval, prendre une photo peut-être dangereux !

Première photo aux USA

Il est encore tôt, René me fait sortir du sac de couchage, harnachement en un temps record pour un départ de bonne heure.

Nous partons vers Uberdeau à travers un beau paysage toujours monotone fait de lacs, d'arbres et de marais, mais accompagnés d'affreux amis – les moustiques. Midi, nous avons déjà avalé une dizaine de miles sans grands problèmes, il faut dire que Jajanne s’est un peu assagie. Dans une petite clairière ombragée nos trois amis peuvent prendre un peu de repos et nous un petit casse croûte. Un lac accueillant permet aux trois chevaux de se désaltérer à satiété, ils pataugent comme de vrais bébés.

Nous reprenons notre direction à l’ouest. Au détour d’un chemin nous rencontrons R. Guy qui promène un magnifique étalon. Il nous invite chez lui et nous sommes vraiment soulagés d'avoir couvert 40 miles. Nos trois lascars donnent des signes de fatigue et sont heureux de recevoir une bonne douche bien fraîche. Quand à nous, sa femme nous confectionne un excellent repas avant de nous inviter à dormir dans un bon lit – la vie est belle.

Nous prenons la direction du parc Papineau, tout excités par la promesse faite de magnifiques rencontres, ours, chevreuil, etc. Mais hélas c'est une grande désillusion quand nous apprenons qu'il est interdit de pénétrer dans le parc avec des animaux sans autorisation spéciale. En vain, René s’énerve. Nous ne pouvons contourner le parc et il nous faut donc trouver un moyen de transport.

Heureusement nos amis d’un soir arrivent et nous promettent de trouver un van. Sous une pluie battante nous attendons… Vers 18 heures, un petit camion se présente. Très vite, nous essayons de faire monter les chevaux mais c’est impossible, la caisse est trop petite. Aux alentours de 21 heures 30 un camion plus gros arrive. Enfin on peut charger les chevaux. Nous sommes trempés jusqu’au os et tout le matériel est à tordre pour l'essorer.

Le lendemain, partis vers midi, nous prenons la direction de Pembrouke où nous espérons trouver un petit sentier mais il faudra se contenter de suivre la route principale. Par un pont grandiose qui enjambe l’Ottawa, nous quittons le Québec pour entrer en Ontario. Nous apercevons un endroit où faire boire les chevaux et là c'est la catastrophe. René qui veut faire des photos lâche son appareil qui tombe. Promptement, il descend de Zitou et Jajanne s'approche pour lui offrir un cadeau empoisonné. La jument jette les postérieurs en plein dans la poitrine de René qui est propulsé quelques mètres plus loin… Le souffle complètement coupé, il ne peut plus respirer.

Affolée je me précipite sur la route, un automobiliste bienveillant emmène René à l’hôpital de Pemprouke. C’est Bella qui gardera les chevaux et le matériel, nous avons une entière confiance en elle. Après quelques radiographies, il s’avère que René a plusieurs côtes enfoncées et une fêlée, il doit rester à l’hôpital. Son médecin propose de me présenter un couple Suisse qui vient de s’établir dans la région, ils ont du bétail et sûrement une place pour nos chevaux. Ces gens m'accueilleront de leur mieux avec les chevaux.

Cette fois, Jajanne a dépassé les bornes. Après quelques jours de récupération, nous décidons de rechercher un autre cheval. Léo Charlebois, un ami Québécois, nous présente une jument à la robe brun clair qui fera l'affaire – en tous cas nous l’espérons. C’est malgré tout avec un serrement de cœur que nous regardons notre jument blanche partir. Nous décidons de garder le nom de Jajanne – une chère amie de Suisse. Après quelques essais avec le bât elle semble gentille et très calme, il ne nous reste plus qu’à la ferrer.

Après plus de 10 jours de récupération, nous partons enfin. René, qui ne peut pas seller, monte difficilement sur son cheval. Après quelques heures, il souffre trop et nous devons nous arrêter. Un motel sur notre route offre un bon lit qui lui fera le plus grand bien. Mais comme toujours il faut d’abord s'occuper des chevaux. Je trouve un parc avec du bon foin et de l’avoine. Et enfin je peux penser à moi.

Texte et photos © René et Rose-Marie Berthoud Tous droits réservés

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