Coup de cœur

Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

Librairie

Publicité

Voyages en cours

Choisir un voyageur

Souhaitons un excellent voyage à travers Kazakhstan jusqu'à l’Afghanistan à Nicolas Ducret.

World Trail Rides publiera le Carnet de Voyage de Nicolas au fil des courriels qu'il nous postera.

Meilleures ventes

Livre: L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

Livre: Manuel d'équitation éthologique, savoirs 1 à 5 par Elisabeth de Corbigny et Claude Lux Présentation

Livre: Équitation éthologique par Tome 1 par Élisabeth de Corbigny Présentation

Livre: Nouvelle équitation centrée. Aller plus loin… par Sally Swift Présentation

Cavale en steppes

À travers l'Asie Centrale, l'empire du cheval

Nicolas Ducret devant les Monts Tian Shan au Kirghistan
Devant les Monts Tian Shan au Kirghistan. Nicolas Ducret monte le cheval gris.
Photo © Nicolas Ducret

En mai 2007, lorsque les neiges ont fondu, au moment où le printemps entraîne dans son sillage les premières éclosions, Nicolas Ducret est parti vers l’Est, vers un univers de steppes, de montagnes, de nomades et de chevaux.

Depuis des siècles, les cavaliers ont arpenté les terres d’Asie centrale : des nomades aux hordes du Grand Khan, en passant par les commerçants des routes de la soie. Il en résulte des pays aux multiples influences et qui ont développé une forte culture équestre. Pour Nicolas Ducret, traverser ces pays ne peut se faire qu’à cheval en hommage au passé.

Kaboul, au terme de la traversée du Turkestan

Nicolas Ducret en Kirghizie
À travers la Kirghizie
Photo © Nicolas Ducret

Nicolas viens d’arriver à Kaboul, au terme de sa traversée du Turkestan. Il ne lui reste plus qu’à remercier ses montures qui l’ont mené des monts Altaï jusqu'à Kaboul sur plus de 3000 kilomètres et à leur trouver un bon endroit pour poursuivre leur vie.

Un voile de poussière enveloppe la capitale afghane. Les véhicules klaxonnent à tout va, se frayent un chemin à travers la moindre faille qui se forme. Des moutons avancent sur les bas côtés. Un enfant mène un âne avec son bâton, la voix du muezzin résonne au milieu de la cacophonie, je passe le col et plonge dans l’immense ville qui s'étend sans sembler vouloir s'arrêter.

Musicien des steppes, Tsigane et Jehran Casqua avancent d'un pas fatigué, s‘engouffrent dans la circulation, quelques rétroviseurs se plient au passage, emportés par la délicatesse de mon artiste des steppes. C'est pour eux la dernière journée d’effort avant que ne s'arrête la longue chevauchée. Nous entrons dans Kaboul.

Trois semaines plutôt, j'entrais en Afghanistan, après trois jours d’interminables complications et de batailles avec les douaniers tadjikes. Les complications reprennent pour trouver un guide acceptant de me mener jusqu'à Kaboul. Personne ne veut y aller ou alors avec une prime de risque effrayante. Un nouveau cheval vient rejoindre la caravane, un petit étalon des hautes terres du Badakhshan. Mon guide parle très bien dari, mais seulement dari. Il a l'habitude de convoyer des moutons jusqu'à Kaboul. Cette fois ci, c’est un étranger, c‘est-ce qui l‘inquiète le plus, c‘est plus compliqué qu’un mouton. En entrant dans chaque nouveau district, nous nous rendons chez le commandant pour obtenir un laissez passer.

Dans un premier temps, il nous faut passer le col Anjuman pour plonger dans la vallée du Panshjir qui conduit non loin de Kaboul.

La vallée est étroite, la température est glaciale jusqu'à 10 heures, puis le soleil arrive et réchauffe le fond de la vallée. La piste n’est que pierres saillantes, c'est le pire pour les chevaux, ils avancent avec difficultés et très lentement. Nous traversons des villages, empruntant des ruelles qui se frayent une voie entre les maisons de terres, de lourdes portes en bois s'ouvrent , des visages tannés, barbus, enturbannés, des femmes voilées apparaissent pour s'évanouir aussitôt.

À 4 heure du matin, nous prenons la route du col, un homme armé nous accompagne, nous nous approchons du Nuristan, cette région frontalière avec le Pakistan qui abritait encore à la fin du 19ème les Kafirs, des animistes aux traits d’européens et qui, dit-on, buvaient le vin dans des coupes d’argent. En 1857, le révérend Ernest Trumpp, relate que trois Kafirs envoyés comme recrues pour le corps des guides par le Major Lumsden exigeaient 27 litres de vin par jour. Il précise néanmoins qu'avec de telles rations, ils n’étaient jamais ivres. Je me renseigne aussitôt auprès du chef du district. Ils rient, ma question est trop comique. C’est comme si, un étranger arrivant en France, demandait à voir d’authentiques gaulois… pour boire du vin, il va falloir encore attendre un peu.

À 10 heure, nous sommes au col à 4430 mètres, le garde tire quelques balles au sommet. Ils sont nerveux, nous restons à peine, pas de petit déjeuner sur le toit du monde, nous passons de l’autre côté de l’Hindou Kuch et descendons dans la vallée du Panshjir.

Les militaires débarquent, armés comme des mercenaires. Mes papiers ne sont pas concluants. Dans la noir obscur, le barbu que je suis devenu, ne ressemble en rien au jeune étudiant de mon passeport et un étranger se baladant de nuit avec des chevaux lourdement chargés dans le Panshjir n’est pas normal. Je suis touriste, dis-je. Touriste-terroriste, me répond t'on. Je suis fouillé et embarqué dans un véhicule qui file à tout allure vers la base militaire. Deux types armés jusqu’aux dents m’encadrent. Je ne comprends rien à ce qui se passe. Pas un militaire ne parle autre chose que le dari. Je finis par apprendre que mon guide arrive à la base avec les chevaux.

Après que mes papiers et les lettres des commandants qui expliquent mon voyage aient été contrôlés par toute une série de personne, on finit par me rendre ma liberté et à me renvoyer auprès de mes chevaux. Mes bagages sont, pour une énième fois fouillés. Je dors cependant sous la surveillance de deux types, pendant que mon guide reste dehors avec les chevaux, au pied du Mausolée de Massoud.

Dans quelques semaines, je prend le chemin du retour…

Kaboul, le 31 octobre 2007

En route pour l'Afghanistan

Après avoir traversé les Pamirs, ses sommets enneigés et ses vallées reculées, Nicolas Ducret prend la route de l'Afghanistan. Il rejoint par le sud du Tadjikistan la vallée du Panshjir et Kaboul. Voilà ce qu'il nous a écrit:

Nicolas Ducret au Tadjikistan
Photo © Nicolas Ducret

je quitte avec précipitation la ville de Khorog avant que mes chevaux acquièrent une définitive très mauvaise réputation. Ils ont en deux jours avalé toute l'herbe du jardin de l'hôtel où je me trouve et s'attaquent maintenant aux arbres devant le propriétaire affolé qui ne sait que faire pour les empêcher de faire une telle chose. Les chevaux sont inexistants au Pamir et nombreux sont ceux qui découvrent pour la première fois ces bêtes poilues. Je file donc vers Kaboul, le pays des barbus. Je me prépare maintenant depuis des mois a cette entrée, mais ma barbe n'a pas encore atteint la hauteur de main réglementaire des talibans, j'ai quelques talismans en plus de la barbe qui je l'espère me permettront d'arriver vivant a Kaboul…

Onze jours dans les montagnes du Kirghizstan

Nicolas Ducret devant les Monts Tian Shan au Kirghistan
Dans les grandes steppes du Nord Kazakh
Photo © Nicolas Ducret

Je viens d’arriver à la ville de Naryn après la traversée d’une partie des Tian Shan que j’ai effectué avec mes frères et un ami qui sont venus me rejoindre à Karakol au Kirghizstan. Ça a été grandiose, on a passé onze jours perdus dans les montagnes, avec une bonne partie dans une réserve naturelle où pour le coup personne n’habite en dehors des ours, des bouquetins et autres belles bêtes des montagnes.

Il a fallu d’abord se battre pour convaincre le guide de nous accompagner avec ses chevaux, cela a bien pris 5 jours. Tous ces peuples de la steppe font preuve d’un courage qui fait déshonneur à leur histoire. Dès qu’ils ignorent le lieu ou ils doivent se rendre, il commence à paniquer, on a fini par le convaincre à force de discussion en lui assurant que j’apportais dans mes sacoches Vodka et Kalachnikov… (Le jour où il a appris que je n’avais pas la Kalachnikov, il a – semble t’il – été un peu courroucé, petit problème lié à la compréhension d’une blague !)

On a finis par partir un jour à la tombée de la nuit, on n’y croyait plus. Le premier soir, au milieu de nulle part, un ivrogne débarque ; il a perdu son village, le vieux ! Par solidarité, on le renvoie dans la bonne direction. Après avoir longé le lac Issy Kul pendant deux jours, nous nous sommes engouffrés dans les montagnes. Après, il a fallu corrompre des fonctionnaires pour des histoires d’autorisations. Nous avons essuyé une belle tempête de neige au passage d’un col à 4000m, traversé la tumultueuse rivière Naryn, passé à flanc de montagnes sur les bords de la rivière Naryn et pour finir, le dernier soir, 6 des 8 chevaux se sont échappés dans la montagne. Après 4 heures de recherche, nous les avons retrouvé le matin sur un pic rocheux.

La traversée de ces montagnes nous a fait progresser à travers d’immenses plaines verdoyantes avec à leur extrémité des sommets enneigés, à travers des plaines caillouteuses semi désertiques, à travers des montagnes recouvertes de sapins, le long de lacs d’altitude aux eaux bleues turquoises. Cette région, entre Barskoon et Naryn est magnifique et très sauvage.

Un soir, nous débarquons dans l’unique village de notre itinéraire, nous pensions trouver un vrai village, il n’en est rien, nous tombons juste sur un hameau poussiéreux perdu sur un plateau en bordure de la rivière Naryn. Les maisons sont alignées, le vent souffle, balayant hargneusement la rue principale sans réveiller le moindre signe de vie. On rejoue cette fois ci un vieux western, l’harmonica lance quelques notes, mais les colts restent bien à l’abri, pas un seul coup ne part, le village se meurt, finalement une porte s’ouvre et un homme apparaît, il nous apporte un bol de fromage frais. Abreuvés, nous replongeons dans la poussière de la piste.

Arrivés à Naryn, nous avons fait appel au service de la criminelle pour une petite affaire de vol, Starky et Hutch ont débarqué au volant de leur Gigouli. On est tous monté dedans et sommes partis sur les traces de la fugitive. Les flics ont parlé de leurs moutons et de leurs vaches, nous leur avons parlé de nos preuves irréfutables et leur avons présenté les témoins du larcin. Ils nous ont encore demandé si nous avions vu des vaches, des moutons et des chevaux et ils nous ont largué en nous donnant l’autorisation de poursuivre l’enquête nous même. Il nous manque juste l’adresse de notre criminelle pour pouvoir la traîner au poste. Par contre, pas trop de violence, nous a précisé le chef… Bref, c’était très marrant et on a bien rigolé.

Je suis actuellement dans la capitale a Bishkek pour quelques jours avant de poursuivre la route a partir du 9 août vers le Tadjikistan.

Bishkek, Kazakhstan 08 août 2007.

Aperçu de la cavale au Kazakhstan

Nicolas Ducret devant les Monts Tian Shan au Kirghistan
Sud du Kazakhstan
Photo © Nicolas Ducret

La verdure de la chaîne de l’Altaï resplendit sous les pluies diluviennes qui s’abattent sur le pays durant le mois de mai. Après de longs jours d’attente, je finis par m’arracher de mon refuge. Je quitte les montagnes, longe le lac Zaysan, embarque sur le bac et m’enfonce dans la steppe balayée par le vent, je l’arpente vers le sud, parcourant 40 kilomètres quotidiennement, les chevaux filent.

Le soir, je pars me cacher au loin, ou au contraire m’arrête dans les maisons. Il y a toujours un lit de libre ou un repas pour l’étranger de passage. Les moutons se succèdent : 5 moutons périssent pour mon arrivée. La tête finit dans mon assiette avec le privilège de pouvoir la gratter au couteau. Avec cela, de larges pâtes aux oignons. II s’agit d’avoir faim car dès que vous sortez la tête de l’assiette, ils vous répètent comme une mélodie bien rodée « Mange, mange ». Il ne s’agit pas de manger un peu, mais beaucoup pour faire honneur au mouton. Les toasts et les verres de vodka s’enchaînent. L’entraînement fait son effet, mon corps tient à merveille ces quelques demi-bouteilles de vodka que j’enchaîne quotidiennement jusqu’au jour où je décide de ne plus boire une goutte, fatigué de ces ivrognes qui perdent tout contrôle une fois que leur esprit est noyé. La seule goutte que je m’autoriserai à boire, ce sera du Cognac avec le chef du poste frontière de Kegen. Pourtant l’ivresse équestre est formidable, mais les alcooliques sont si imprévisibles que j’opte pour l’abstinence.

Après une semaine passée chez une famille des montagnes de Tarbagatay j’embarque le père, Cagnolat, pour traverser la chaîne, il prend sa carabine de 22, en cas de rencontre avec un ours, me dit-il. Il a peur de se lancer dans ce périple qui doit durer 3 jours. Un matin, il met son plus bel uniforme d’inspecteur de chasse et insigne sur la poitrine, nous partons. À plus de 55 ans, pour la première fois, il va aller dans la ville d’Uljar, à quelques 100 km de chez lui. « Cette région est très dangereuse, elle est très pauvre, même les femmes boivent. » me dit-il de sa voix posée. Passées les montagnes, nous découvrons une région très riche. Les champions de bras de fer de la région nous hébergent. À peine arrivé, Cagnolat sera le premier à s’enivrer. En trois jours, il passera la moitié de son temps ivre. Dans ses moments de lucidité, il m’indiquera le film que je dois jouer. Pour faire plaisir à Cagnolat, il faut que je filme à tout prix. Il crée l’atmosphère, demande une dombra, instrument traditionnel de musique kazakhe, je filme, mais personne n’est dupe de la supercherie, un des enfants vient me voir rapidement pour me dire : « c’est bon tu peux arrêter maintenant, il est content. » Puis Cagnolat vient me voir pour me répéter la même chose quelques heures après. Nous rejouons Good bye Lenine.

La montagne a créé deux mondes, d’un côté, Cagnolat avec ses traditions et de l’autre, un monde moderne en pleine évolution. Le choc semble violent, Cagnolat qui était si paisible avant devient anxieux, pas à son aise, il fume cigarette sur cigarette, boit sans s’arrêter. C’est le choc étonnant entre cet homme qui n’a pas quitté ses montagnes depuis des années et qui s’aperçoit soudain que le monde est en train de changer autour de lui.

Un soir, il disparaît et je ne le reverrai plus. « Grand plongeon dans la bouteille » me dira un des fils. En souvenir de lui, j’ai une belle lettre, entièrement en kazakh, de deux pages écrites pour mon père.

Je termine le Kazakhstan dans l’isolement du poste frontalier de Kegen, les douaniers me gardent pendant trois jours en tant qu’invité d’honneur. Je passe mes journées dans leur bureau et reçois les candidats au passage de la frontière. Ils me tendent leurs papiers, me prenant pour un garde. Je les invite à attendre et vais chercher les officiels. Parfois en pleine nuit, les candidats viennent me réveiller pour que j’inspecte leurs papiers, je me contente de les envoyer dans la chambre d’à côté.

J’en profite pour m’instruire et me plonge dans le manuel de propagande Le monde de Nazarbaeev. Après avoir fermé la porte, le chef du poste m’avoue que Nazarbaeev n’est qu’un mafieux avide de pouvoir. Ce sera l’unique personne à m’avouer cela et à ne pas m’avoir dépeint un portrait glorieux du président.

Karakol, Khirghizistan, 20 juillet 2007

Quelque part au cœur du Kazakhstan

Depuis le 10 mai 2007 Nicolas est au milieu de l’empire eurasiatique, au cœur du Kazakhstan dans son extrémité orientale. Après quelques jours a tournoyer de sommets en vallées, il a fini par trouver deux bons chevaux qui piaffent d'impatience à l'idée de se lancer dans trois jours sur les pistes des conquérants, des nomades, de l'opium et de l'Afghanistan. Le début de l’expédition se met en place à partir de la ferme d'Alexei, un russe Kazakh passionné de chevaux, qui donne à Nicolas Ducret tous les conseils nécessaires avant qu'il ne plonge dans l’ivresse du nomadisme.

Nicolas Ducret parle de son projet

photo © C. Farvacques

Arrivé au milieu du continent eurasien, il me faudra alors me mettre en quête de deux montures capables de me conduire pendant près de 4 000 km du Kazakhstan à l’Afghanistan. Non loin d’Oskemen, dans les contreforts de l’Altaï vivent des chevaux qui détiennent au plus profond d’eux-mêmes les gènes du nomadisme. C’est avec ces chevaux de montagnes que je partirai pendant 7 mois.

photo © C. Farvacques

Puis je m’élancerai sur les pistes traversant tour à tour la vaste steppe kazakhe, les monts célestes et le Pamir, où il me faudra franchir plus de dix cols culminant à plus de 4 000 mètres. Arrivé à l’Amou Daria, j’emprunterai la vallée du Panjshir, haut lieu de la résistance afghane, avant d’entrer dans Kaboul et de rejoindre la route de la soie à Bamyan. De cette cité bouddhiste, je me dirigerai vers l’ouest, à travers les vallées du centre de l’Afghanistan, qui ont été marquées par le passage des plus grands conquérants de l’Asie. La ville d’Herat à la frontière iranienne marquera la fin de l’expédition.

  • annuaire de sites
  • plan du site
  • échange de liens
  • ils ont référencé…

30 octobre 2007 — World Trail Rides © 2000-2017

Le site et son contenu sont sous licence Creative CommonsLa charte graphique du site et son contenu sont soumis aux droits d'auteur et mis à disposition sous un contrat de licence Creative Commons.

conception, réalisation, mise à jour et référencement Gérard Barré

Valid XHTML 1.0 StrictValid CSS!Alsacréations