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Partie à cheval le 5 mars 1988 de la Terre du Feu, Bettina Bonifatti termine son voyage le 9 septembre 1992 dans la province de Salta – Argentine.
Le livre du voyage

Cinco años a caballo para Bettina Bonifatti
Le voyage à cheval de Bettina Bonifatti
à travers et autour de l'Argentine

Worldtrailrides.com présente un voyage à cheval méconnu, celui de l’argentine Bettina Bonifatti, auteur, peintre et psychologue. Une expédition équestre de 8000 kilomètres à travers l’Argentine et les pays voisins. À partir de la Terre de Feu, Bettina traverse le Détroit de Magellan, la Cordillère des Andes, passe par le Chili, la route du Désert, Buenos Aires, l’Uruguay, le littoral et le Nord-Est de l’Argentine, le Brésil et le Paraguay…
Nous publions ici un extrait de son livre Cinq ans à cheval publié en Argentine par les Éditions Barco dans la collection Littérature. Traduit par Jacques Alagasi, le texte original de Bettina Boffati publié au format PDF est disponible au téléchargement Pied à terre, le voyage est fini.

Quand j’eus tout appris du froid, la chaleur apparût. Quand enfin je pus m’adapter et recommencer mon apprentissage en traversant le désert du Rio Negro et La Pampa, la province de Buenos Aires s'est présentée ; je l’ai traversée en la connaissant d’avance. Ensuite, je me suis glissée le long du littoral impressionnant ; j’en suis tombée amoureuse, et au moment précis où je l’aimais plus que jamais, j’ai dû partir à nouveau. J’étais déjà résignée quand est apparu un dieu qu’on appelle Cordoba. J’ai été éblouie par Santiago del Estero ; j’ai été brûlée par sa lumière de sel, mais mon parcours s'est terminé dans une jungle : Tucuman. J’ai dépassé sa géographie restreinte, et je suis entrée dans Salta. Et là, la vie a changé. L’Uruguay était semblable à une oasis, un pays qu’il ne faut pas abandonner. Et le Paraguay a été comme un sanglot, où règne la musique d’un temps qui n’admet pas d’explication. Moi je n’ai jamais cru en la validité des déplacements. Toutefois, j’ai voyagé mais comme si en réalité, j’étais restée immobile.

Quand je suis partie, j’ai laissé derrière moi un contexte connu, dans lequel j’avais vécu comme coincée : c’était Buenos Aires, un endroit où l'on se sent en sécurité, où les gens se déplacent comme des poissons dans l’eau. La ville possède ses codes et il n’y a qu’à commencer à bouger, appeler l’ascenseur, prendre l’autobus, sentir la distance sociale qui règne dans ses rues, en un mot la vie connue.

Je suis allée jusqu'au Rio Grande, qui se trouve en Terre de Feu, pour en partir à cheval. Dans l’avion, je n’ai pas pensé un seul instant, je n’ai fait que regarder par le hublot la côte de la Patagonie et les nuages. À l’aérodrome, j’ai été reçue par un vent atroce, et je me suis accrochée à un chapeau noir que je n’avais jamais porté jusque là et que je serrais entre mes bras ; je ne savais pas non plus qu’il pourrait m’être tellement utile.
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