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Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

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Article du Washington Post du mardi 11 mai 1954

Copie de l'article du Washington Post du mardi 11 mai 1954.

Carte de visite de Ana Beker

Copie de la carte de visite tendue par Ana Beker alors qu'elle demandait un endroit où faire dormir ses chevaux.

Ana Beker, la Señorita a traversé le Maryland en 1954

Photo de Ana Beker publiée dans un article du Washington Post du 11 mai 1954
Ana Beker

C'est mi-novembre 2005 que Suzanne Copenhagen a pris contact pour expliquer qu'en mai 1954, ses parents avaient hébergé Ana Beker lors de son voyage à cheval de l'Argentine En 1954, quand je n'avais pas encore tout à fait six ans, Ana Beker a passé la nuit dans notre maison…jusqu'au Canada.

En 1954, quand je n’avais pas encore tout à fait six ans, Ana Beker a passé la nuit dans notre maison près de Sandy Spring, Maryland, alors que ses deux chevaux appréciaient l'hospitalité de notre grange.

En ce temps là, la campagne entre Washington DC et Baltimore, Maryland était encore rurale — pas encore la mégapole qu'elle est devenue aujourd'hui. La surface de la plupart des propriétés faisait au moins 100 acres. Les habitants se connaissaient presque tous, et il y avait peu d'étrangers. Ancienne et confortable, notre maison avait été construite en 1756. La grange était aussi vaste et aussi bien aérée qu’une cathédrale à la laquelle son intérieur ressemblait, des faisceaux de lumière brillante tombaient de hautes fenêtres illuminant la poussière des piles de foin parfumé où nous construisions des forts et des tunnels. Au rez-de-chaussée de la grange, il y avait les écuries. C’est là que Toppy, notre cheval de selle, et la paire de grands Percherons noirs de notre voisin Buck, Prince et Queen, étaient en stabulation. Quand Buck laissait Prince et Queen pâturer à l’extérieur, je me rappelle avoir parfois senti la terre trembler quand les Percherons se coursaient pour jouer.

Aussi un jour, ma sœur Sandy, a été toute étonnée de voir arriver sur la route un cavalier qui menait un deuxième cheval, habillé comme personne que nous connaissions, il portait un grand sombrero. Elle s’est encore bien plus étonnée quand le cavalier est monté vers le haut de la ruelle jusqu’à notre maison et a demandé à parler à nos parents.

Ana Beker s’était arrêtée chez Derrick’s, la station d’essence locale, pour demander où elle pourrait passer la nuit et où ses chevaux pourraient être nourris et rentrés à l’écurie, M. Derrick lui avait indiqué la direction de notre maison. En arrivant, elle a très modestement demandé si avec ses chevaux, elle pouvait passer la nuit dans notre grange, et si ses chevaux pouvaient avoir du foin et de l'avoine. Mes parents ont répondu que naturellement ses chevaux pourraient rester dans la grange, mais qu’elle, devrait rester à la maison et dîner avec nous!

Je me rappelle avoir été très excitée, mais je tournais autour d’Ana Beker aussi tranquillement qu’une souris en l’écoutant nous raconter ses histoires auxquelles je ne comprenais pas grand-chose à cause de son fort accent. Mais ma mère, Alma Pries, se rappelle que si Ana Beker ne s’exprimait pas facilement en anglais, l’allemand et l'espagnol de mon père et d’elle-même étaient presque inexistants, pourtant ils se sont compris. Ensemble ils ont passé la soirée à parler et à manger en écoutant les histoires d'Ana. Ma mère se rappelle qu'Ana avait aimé les asperges qui avaient été servies au repas du soir.

Ana Beker a raconté qu'elle était partie d'Argentine pour aller jusqu’au Canada rendre visite à un ami, et que les deux premiers chevaux avec lesquels elle avait commencé le voyage lui avaient été donnés par Eva Perón. Elle voyageait à cheval depuis trois années environ et avait vécu toutes sortes d'aventures. Elle s’était battue contre des banditos au Mexique, se défendant avec son pistolet. Mais quelque part, ils, eux ou quelques autres banditos, sont revenus lui voler son pistolet et, comme ma mère le pense, un de ses chevaux également. Elle s'est sentie vraiment vulnérable jusqu'à ce qu'elle ait pu trouver un autre pistolet. Mais Ana a précisé que quand elle s'est arrêtée au célèbre King Ranch du Texas, ils ont complété son équipement et remplacé le cheval volé, et peut-être bien le pistolet.

Ana Beker a dit à mes parents qu'en Virginie, elle avait aimé les gens. Cela avait été agréable de voyager à travers ce pays de chevaux. Les gens de la campagne l’avaient souvent invitée, conviant d'autres personnes à venir la rencontrer, qui à leur tour l’invitait encore, et les fêtes se succédaient, ainsi elle s’est beaucoup retardée.

Aujourd'hui, en parlant avec elle, ma mère m’a dit que pour elle et mon père, cette rencontre avait été un pur hasard. Certain, c’était quelqu’un d’étonnant qui avait seulement eu besoin d’un peu de nourriture et d’un endroit où se reposer — et après avoir passé ensembles une soirée merveilleuse, elle a du partir pour continuer son voyage. Malheureusement, je ne pense pas que mes parents aient même pensé à prendre des photos.

Le lendemain matin comme d'habitude, je me rappelle m’être réveillée de très bonne heure et d’avoir regardé par la fenêtre. J'ai été surprise de voir qu'Ana partait déjà – personne n'avait pensé à me réveiller pour pouvoir lui dire au revoir! Je me rappelle d’avoir longtemps regardé en bas, tristement, observant ce qui se passait. J'ai regretté son départ, et cela m'avait peiné d’avoir été oubliée. Il pleuvait. Ana était couverte de son poncho et de son sombrero. Aujourd'hui, elle montait le cheval qui hier avait porté le bât; l'autre cheval était bâté très haut. Je me rappelle qu'un des chevaux était de couleur Alezan. Chaque jour, Ana inter changeait ses chevaux pour les reposer de la corvée de la veille. Mon père avait rempli une des caisses du bât de foin et d'avoine pour les chevaux, et ma mère avait emballé un déjeuner pour Ana. Ana Baker a dit qu'elle nous écrirait quand elle serait arrivée à destination, mais nous n'avons encore jamais reçu de ses nouvelles. Je suis certaine qu'elle a dû écrire à trop de gens durant toutes ces années!

Mais depuis, elle a toujours fait partie de notre famille — un exempe de ténacité et d'esprit d’aventure! Maintenant, je vis avec mon mari et mon fils en Orégon, où j'enseigne l'équitation aux enfants. Je leur parle toujours d'Ana Beker, comme exemple du courage et de l'aventure.

Durant toutes ces années, mes parents ont préservés quelques coupures de journaux, des articles de l’Evening Sun (Baltimore) et du Washington Post, et un exemplaire de sa de visite. Dans un article intitulé “Milady’s Manner: Señorita Passes Through Town Unobserved”, les M. et Mme Richard Pries dont on parle sont mes parents (Dans l’article le nom d'Ana Beker, typographié Becker est mal orthographié).

Suzanne Pries Copenhagen — Hillsboro, Oregon , December 2, 2005

Comme une Dame, la Señorita traverse la ville

Traduction de The Evening Sun, Baltimore, Monday, May 24, 1954, l’article original de Mary Beth daté du 24 mai 1954.

À ce que nous savons, la Señorita Ana Becker et ses deux chevaux sont passés la semaine dernière par Baltimore et leur visite était complètement imprévue. En fait, c’est seulement maintenant que nous apprenons qu'elle est passée à proximité.

Au cas où vous n'auriez pas entendu parlé de la Señorita – c’est une femme d'Argentine qui s’est fait un nom en voyageant à cheval de Buenos-Aires jusqu’à Ontario au Canada. Elle est partie il y a de 3 ans et demi avec deux chevaux que lui avait donné Eva Perón. (Elle a survécu aux chevaux et en a maintenant, une autre paire.)

Après avoir passé trois jours à l'ambassade d’Argentine à Washington, elle est arrivée la semaine dernière à 10 heures du soir chez M. et Mme Richard Pries à Ashton, Md.  Elle avait été envoyé chez les Pries par un voisin qui savait qu'ils gardaient des chevaux de propriétaires et qu’ils pourraient trouver un endroit pour les siens.  Elle a frappé à la porte de leur maison, présentée sa carte de visite et un article de journal qui avait été écrit à son sujet.  Ensuite, elle a demandé un endroit où faire dormir ses chevaux.  (Évidemment la Señorita dort souvent dans l'écurie ou à la belle étoile.)

Les Pries lui ont proposé d'être leur invité pour la soirée.  C’est là qu’elle leur a raconté plein d’anecdotes à propos de son voyage.  Elle a parlé de l'amitié et de l'hospitalité des américains, des "méchants bandits du Mexique", de son amour pour l'état de Virginie, et de sa réception royale à la Nouvelle-Orléans où le maire lui a solennellement remis les clefs la ville.

Le matin suivant après un copieux petit déjeuner, le Señorita montait sur son cheval pour partir encore plus vers le nord, prévoyant de passer la nuit suivante à Baltimore.  Nous ne savons pas que ce qu’est devenue la dame à cheval après qu’elle ait quitté Ashton, mais elle espère atteindre l’Ontario cet automne.

Le récit culte du voyage d'Ana Beker

L'Amazone des Amériques par Ana Beker
En octobre 1950, Ana Beker décide, par goût de l'aventure de faire la liaison, seule avec ses chevaux des deux capitales extrêmes des Amériques, Buenos Aires et Ottawa. Le récit d'un voyage culte passionnant. "Par une matinée splendide, pleine d'entrain, je retrouvai mes chevaux qui se mirent à hennir triomphalement à ma vue, et, m'engageant vers l'intérieur du pays, cap au nord, je partis à la découverte d'une Amérique inconnue, d'un continent magique, et des hasards que le destin voudrait bien offrir à une fille de la campagne, prête à tout sauf à reculer." Le 1er octobre 1950, Ana Beker, une jeune femme, décide, par goût de l'aventure, de faire la liaison, seule avec ses chevaux, des deux capitales extrêmes des Amériques, Buenos Aires et Ottawa. Aucun homme sensé, aucun sportif aguerri ne se serait lancé dans une telle aventure. Durant quatre ans de ce voyage à travers les Amériques, aucune épreuve ne lui sera épargnée : elle traversera des montagnes glaciales, des steppes arides, des forêts impénétrables, des marécages sans fin, escaladera des sommets, échappera aux naufrages dans les rapides des grands fleuves, et vivra les pires aventures sous des pluies torrentielles, le vent, les orages, la tempête et la faim. Cette première traduction en français de son journal d'expédition est le récit d'un voyage-culte, épique, historique et incroyable qui illustre la vaillance et le courage d'une femme résolue. Note de l'éditeur
Éditeur Belin, Paris 2001. 17x23,7 cm, 176 pages, nombreuses illustrations couleurs.
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