Coup de cœur

Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

Librairie

Publicité

Le livre du voyage

Livre: Crinières sans frontières par Stéphane Bigo

Au hasard de ce périple de 8500 kilomètres qui durera un an, Stéphane Bigo traversera les marécages étouffants du Chaco argentin, plus de 800 kilomètres de désert chilien dont le fameux Salar d'Atacama, l'Altiplano péruvien au plus fort de l'hiver et par deux fois la Cordillère des Andes.

Le cheval Mangalarga

Cheval Mangalarga du Brésil

Découvrez le cheval Mangalarga sur le justacriollo.com, le site des chevaux d'Amérique latine.

Coups de cœur

Livre: L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

Livre: Manuel d'équitation Camargue : une tradition d'avenir par Céline Legaz

Livre: L'esprit du cheval : Introduction à l'éthologie cognitive du cheval par Michel-Antoine Leblanc

Livre: Éloges de l'énergie vagabonde par Sylvain Tesson

Éloge de l'énergie vagabonde. Je consacrerai mon temps d'avancée solitaire à réfléchir au mystère de l'énergie que nous extrayons des strates de la géologie mais aussi celle qui attend son heure au plus profond de nous.

Livre: Petit traité sur l'immensité du monde par Sylvain Tesson

Petit traité sur l'immensité du monde par Sylvain Tesson. Précis de désobéissance naturaliste, philosophie de poche buissonnière, récit romantique contre l'ordre établi.

Stéphane Bigo, Crinières sans frontières

"On ne peut asservir l'homme qui marche" Henri Vincenot

Extraits du livre "Crinières sans frontières" Collection Aventures - Éditions Albin Michel, Paris 1991.

Lundi 5 novembre 1985, la fête commence

Luxuriance brésilienne
Au Chili, le désert d'Atacama

Nous allons au siège de l'association Mangalarga où le Conseil d'administration à la bonne idée d'être réuni. L'un des membres parlant français nous introduit. Nous apprenons que notre lettre a été publiée dans le bulletin de juillet et que cinq éleveurs se sont proposés pour nous prêter des chevaux. Le président nous assure que tout sera fait pour nous aider, puisque le succès de notre voyage contribuera à faire connaître cette race au-delà des frontières et à mettre en lumière toutes ses qualités.

- Comment se fait-il que cette race si fameuse au Brésil ne soit pas du tout connue en Europe ?

Le Brésil est vaste comme un continent et le Mangalarga est élevé surtout dans l'état de São Paulo. Malgré l'existence de 5 000 éleveurs, la race est loin d'être implantée dans tout le pays.

Ututao, n'a jamais été monté par un autre cavalier que son maître. Il ne m'accepte pas, marche à petits pas nerveux, s'enferme dans les rênes. C'est seulement quand je l'engage sur des terrains difficiles qu'il se détend, observe, fait attention ou il met les pieds. Si je déteste quelque chose c'est bien ce manque d'harmonie entre le cheval et moi. Pourtant, lorsque c'est son propriétaire qui le monte, il est complètement dans son équilibre !

- Quelle est la clef de ce mystère ? Est-ce dû à ma manière de monter qui lui est inhabituelle ? [...]

Je pense que le problème est plus profond. Le cheval est un animal de fuite et à ce titre sa compréhension s'ouvre selon un processus bien particulier. Dans un premier temps, la nouveauté entraîne sa méfiance et déclenche l'anxiété, qui bloque son entendement. Puis, peu à peu le cheval s'accoutume, la méfiance disparaît, la curiosité reprend le dessus, la confiance s'installe. Son esprit se délie. Il peut alors tout apprendre.

Le jour suivant, la patience porte ses fruits. Après et l'excitation du départ, Urutao s'arrête de lui-même pour renifler un crottin sur le chemin. L'espace d'un instant, il m'a oublié. (...) Je sens que je tiens le bon bout. Je fais le vide à l'intérieur, pour ne pas émettre la moindre vibration négative. Je deviens transparent. [...]

Todo bom ! d'habitude c'est moi qui choisit mes chevaux. Cette fois c'est le contraire. Au début Ututao s'est énervé, puis, tout d'un coup, plus d'inquiétude plus de bagarre. Il m'a complètement accepté. [...]

Rythme ton pas, hennis ta joie de vivre, berce mes rêves. Demain je m'envole avec toi, Urutao, sur tout un continent...

Tu sais, nous devrions emmener une mule comme lors du premier voyage. Urutao aura peut-être la bonne idée d'en tomber amoureux...

Yamane S.P.1. La première rencontre

À 4800 mètres dans les Andes péruviennes

Toute mon attention se concentre sur un point : ses yeux. Moment crucial. Tout peut dépendre de ce premier échange. Toutes les fibres de mon corps sont attentives aux sensations perçues. Au premier abord, pourtant, son regard fait peur : deux globes exorbités par l'appréhension lui donnent un air fou. Mais qu'importe. J'ai cru apercevoir une petite lueur prometteuse à laquelle je m'accroche.

Apeuré, tremblant, il a piètre allure. Sa crinière rasée à la mode brésilienne le fait ressembler à un adjudant et son ventre gonflé, à une outre. Mais si son aspect esthétique ne vaut pas le déplacement, il se dégage de ses muscles frémissant une telle impression de puissance que les formalités d'adoption en sont singulièrement écourtées !

Le problème ne vient pas de son physique, mais de son tempérament. Il peut faire le voyage.

Dimanche 24 novembre 1984. Le départ

Un pont en Bolivie

Cette fois, c'est parti. Un grand voyage commence comme chacun sait par un petit pas. Nous réussissons à caser la montagne d'objets divers que nous allons emporter dans les sacs de bât et autres sacoches. Nous équilibrons le tout avec le peson. Cinq, quatre, trois, deux, un...

Michèle :"Allez Yamane.

Une simple pression des mollets, bien inutile d'ailleurs, accompagne mes paroles. Il sait qu'aujourd'hui ce n'est pas un exercice. Le soin particulier que j'ai mis à le seller et l'équipement au grand complet avec fontes, sacoches et porte-duvet lui indique bien que cette fois on ne part pas pour quelques heures. Et puis, il y a tous ces gens qui remuent leurs mains des mouchoirs... Et sur tout celui-là qui s'entête à nous suivre, l'œil collé sur une drôle de boîte noire ! Je suis certaine qu'il comprend.

Frémissant, il va se couler derrière Urutao qui attend déconcertant de calme et d'assurance. Une trempe de chef cet étalon ! En quelques morsures bien placées et deux ou trois coups de pied, il a établi son hégémonie. Déclaré généralissime de toutes les armées à l'unanimité, il mènera d'un sabot de maître ses fidèles soldats. Jamais il ne faillira à son devoir. Un frisson de joie me parcourt l'échine.

Nous passons dignement devant une haie d'amis aux noms éclatants comme le soleil brésilien : Altaïr, Adaldio, Jura, Arnaldo de Almeida Prado (Dit Papu), le propriétaire de Yamane.

Mon Portugnol balbutiant me permets de bafouiller un Até logo! (à bientôt) qui a dû paraître dérisoire a plus d'un.

Traînant Cigana dans mon sillage, je ne veux pas me retourner. Je ne veux plus voir ces regards lourds d'appréhension. Mus par une pulsion commune, nous mettons nos montures au petit trot. Mes muscles se détendent. Je respire à pleins poumons l'air de ce 24 novembre 1984." (...)

Le voyage de 8.500 km a duré un an...

Textes reproduits avec l'aimable autorisation de Stéphane Bigo Publiés en 1991 aux éditions Albin Michel

  • annuaire de sites
  • plan du site
  • échange de liens
  • ils ont référencé…

07 février 2006 — World Trail Rides © 2000-2017

Le site et son contenu sont sous licence Creative CommonsLa charte graphique du site et son contenu sont soumis aux droits d'auteur et mis à disposition sous un contrat de licence Creative Commons.

conception, réalisation, mise à jour et référencement Gérard Barré

Valid XHTML 1.0 StrictValid CSS!Alsacréations