Coup de cœur

Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

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Les chevaux du voyage

Prisca

Prisca est une petite jument qui a vécu sa jeunesse à l'état sauvage. Elle est particulièrement bien adaptée au terrain de Nouvelle-Calédonie. Elle a maintenant 11 ans, peut être 12. Peu importe, elle est vive, autonome, espiègle et à l'affût de la moindre escapade. Elle fait semblant d'être sur l'oil, mais passe en réalité partout où un cheval peu poser ses sabots.

Color'Ado

Color'Ado aura 8 ans en janvier 2002. Comme le montrent ses fesses, il est d'origine appaloosa. Son petit gabarit trapu en fait un cheval parfait pour le bât. On peut même dire qu'il excelle dans ce domaine. Il sait s'économiser, tout en ne posant jamais plus de 100 grammes de traction dans la longe qui le tire. Rarement sur l'oil, il est d'une humeur toujours constante, à condition de ne pas être devant.

Jet Ebony est un Quarter Horse

Jet Ebony est un Quarter Horse de 4 ans et demi. D'un caractère encore très instable, il a posé quelques problèmes à l'entraînement. La question de savoir s'il fallait l'emmener avec nous ou pas, s'est souvent posée. Nous avons choisi de tenter le coup. S'il pose des problèmes en cours de route, nous le ré-expédirons par la route et achèterons un autre cheval au cours du voyage.

Naïna

Naïna a rejoint le voyage à la fin de la première semaine. Elle est d'origine inconnue, et a sans doute servi pour le travail du bétail. Elle est très proche de l'homme, toujours fouineuse avec son grand nez. Ce qui lui a valu d'être surnommée "le tapir" ou "l'aspirateur". À environ 6 ans, elle est au meilleur de sa forme et rompue à la vie à l'extérieur.

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Le départ - Pourquoi ce voyage ? - La douceur des premiers jours - Les grandes propriétés d'élevage - Le bétail d'antan - L'élevage actuel.

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Les grandes propriétés d'élevage (suite) - Une nuit parmi les charognes ! - Passages dans la chaîne - Premiers chevaux sauvages - Bons et Mauvais accueils en tribu - En route vers le bout du monde.

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Passages dans la chaîne - Les chevaux dans la remorque. C'est fini.

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Coups de cœur

Livre: L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

Livre: Manuel d'équitation Camargue : une tradition d'avenir par Céline Legaz

Livre: L'esprit du cheval : Introduction à l'éthologie cognitive du cheval par Michel-Antoine Leblanc

Livre: Éloges de l'énergie vagabonde par Sylvain Tesson

Éloge de l'énergie vagabonde. Je consacrerai mon temps d'avancée solitaire à réfléchir au mystère de l'énergie que nous extrayons des strates de la géologie mais aussi celle qui attend son heure au plus profond de nous.

Livre: Petit traité sur l'immensité du monde par Sylvain Tesson

Petit traité sur l'immensité du monde par Sylvain Tesson. Précis de désobéissance naturaliste, philosophie de poche buissonnière, récit romantique contre l'ordre établi.

La Nouvelle-Calédonie à cheval

Personne ne peut prendre cette route à ta place. Pour voyager sur la piste sacrée dont je parle, toi seul peut rassembler le courage nécessaire. CuChullaine O'Reilly

Édouard Chautard et Carine Thomas, sur le Tour de la Nouvelle CalédonieUn jour, je lançais à Carine :"ça te plairait de faire à cheval le tour de la Nouvelle Calédonie ?" Tout s'est alors précipité. Je fus presque pris au dépourvu par sa réponse positive, si spontanée. Il restait deux mois pour de préparer à prendre la route.

Les chevaux dans la remorque. C'est fini.

Nous sommes en route vers une tribu où nous espérons trouver des chevaux à vendre. Une fête a lieu, tout le monde est saoul. Contre l'avis d'Edouard qui pensait que rien de bon ne pourrait être tiré de ces pochetrons, j'en questionne quelques-uns sur la vente éventuelle d'un de leurs chevaux. Rien n'y fera, ils sont trop imbibés. Certains nous observent avec haine, tandis que d'autres commencent à nous jeter des pierres. Nous déguerpissons au plus vite avant que les choses ne dégénèrent. Nous sommes dans un tel état de fatigue nerveuse que nous risquerions de faire rapidement monter la sauce.

L'angoisse du bac

Les émotions laissées en arrière, nous arrivons dans un gîte où les cases laissent passer les moustiques par les murs troués, et la pluie par le toit délabré. Peu importe, les chevaux ont de l'herbe à ne plus savoir qu'en faire, et nous disposons d'une case avec douche et cuisine ! La tenancière des lieux nous offre un choux pour le repas du soir.

Le lendemain, nous devons prendre la route et franchir le bac avant d'arriver à Hienghène. Nous prendrons un peu de retard car le choux a provoqué une diarrhée dont nous nous souviendrons longtemps. Sur le trajet, des enfants de la tribu grimpent au cocotier pour nous décrocher des noix qui nous désaltèreront.

À l'approche du bac, le paysage devient grandiose. La mer bleue d'un côté, et la montagne vertigineuse de l'autre, avec des cascades qui jaillissent de la forêt tropicale dense. Mais ce magnifique paysage n'efface pas nos angoisses du bac. Comment les chevaux vont-ils se comporter ? Bien encadrés, et après quelques ronflements, ils finiront par monter. Pourtant, la passerelle d'accès laissait de grands jours où les sabots auraient pu glisser. Le moteur se met en route dans un bruit de mobylette, nos chevaux serrent les fesses, le bac démarre sous le regard étonné des autres passagers.

Les hébergements d'Hienghène !!

"Allez chez Ben de ma part " nous avait dit Sophie qui nous accueillait quelques jours plutôt. Il travaille au centre culturel et se fera une joie de vous aider." Édouard m'envoie le rencontrer en me lançant "avec tes yeux, on ne peut rien te refuser.". Peine perdue, rien n'y fera. Le comptable me dira simplement "Pas le temps. n'avez qu'à attendre. je ne peux rien pour vous." Déçus, après plus de 55 km de trajet, nous faisons marche arrière pour retourner dans le motel du village. L'accueil n'y est pas plus chaleureux. Comme par hasard, la seule chambre qui reste est la plus chère. Le responsable nous indique ensuite de mettre nos chevaux dans. le caniveau pour la nuit, essayant de nous faire croire que l'herbe y est bonne. Au prix de la chambre, ça sera en ligne devant la fenêtre ! Un point c'est tout. Nous n'éprouverons aucun regret en payant la note du départ !

La fugue de Naïna

Nous sommes ensuite accueillis au club Med, où l'hébergement nous est offert. Excusez du peu. Le séjour en sera mémorable, pour la qualité des lieux, mais aussi pour un évènement bien moins agréable : la fugue de Naïna.

Terminant le déjeuner, nous constatons sa disparition. Cela fait à peine 20 minutes que nous l'avions vu. Elle ne doit pas être loin. Nous la chercherons tout l'après midi. Rien ! Deux gamins se chuchotent à l'oreille en nous voyant. Il y a quelque chose de bizarre. En les questionnant un peu plus tard, nous apprendrons qu'ils l'ont bien vu, et lui ont jeté des cailloux pour la chasser plus loin ! Édouard se lance alors sur ses traces qui suivent le bord de la plage. Il ne reviendra que plusieurs heures plus tard dans la nuit, complètement exténué, mais avec Naïna ! Ouf ! Elle qui avait peur de l'eau, s'était jeté en mer pour contourner une pointe de rocher, avait regagné la terre plus loin, et était partie toute seule. L'affaire est bien louche. Comment un cheval seul peut-il vouloir ainsi s'éloigner. Nous avons une petite idée sur la question. Peut être que quelqu'un l'aura encouragée dans ce sens.Peu importe, elle est de retour.

Le marchand de chevaux

Toujours à la recherche d'un cheval supplémentaire, nous allons chez un marchand de chevaux renommé. Il nous accueille : "Que chercher vous comme cheval ? Un cheval de petite taille 1,50 environ, en état, qui a entre 8 et 10 ans et qui travaille régulièrement, un cheval de bétail en somme" Répondons-nous. " Chez nous M'sieur, Dam' y a 160 chevaux, il y a forcément celui que vous cherchez ! Corinne, lance-t-il à sa fille, va donc chercher les chevaux ! Ça ne prendra pas longtemps." Dit-il.

Nous emboîtons le pas à Corinne qui nous emmène au stock yard. "Attendez-moi là, je reviens" dit-elle en enfourchant son quad. Nous la voyons partir au loin, et d'un coup tagada tagada, une trentaine de chevaux au galop et un quad passent., et des chevaux et le quad qui repassent., des chevaux et.. ça durera une demi heure ! Enfin les chevaux rentrent dans le paddock. Nous commençons à faire notre choix au fur et à mesure qu'ils passent. Mais elle nous dit : "Attendez, je vous sors les trois à vendre". Édouard et moi nous regardons d'un air interrogateur : sur les 160 chevaux, il n'y en a que 3 à vendre ? Elle les trie. Évidemment les belles juments que nous avions repérées ne sont pas à vendre. Il y a là 3 pauvres chevaux dans un état lamentable, qui toisent 1.60 avec des pieds plats ! Nous repartirons sans cheval.

Les chevaux de Nagles

Finalement, Jean-Michel Nagle qui nous avait accueilli quelques semaines auparavant nous prêtera deux chevaux pour le reste du voyage. Il faudra parcourir plusieurs centaines de kilomètres en voiture pour aller les chercher !

De retour, je me sens mal. Après avoir fais 300 kilomètres à conduire la remorque et 200 dans la benne en plein soleil sans boire. La cystite a frappé ! Direction le dispensaire, j'ai passé la nuit le derrière dans une bassine d'eau avec des antibiotiques qui m'ont tordu les boyaux ! Bonne nuit.

Le kayakiste

Vu les circonstances nous restons une journée de plus pour nous reposer et essayer les nouveaux chevaux. Ils ont passé leur première nuit au piquet, ça c'est très bien passé mis à part qu'ils n'ont pas mangé leur grain. Ils ne connaissent pas encore les bonnes choses c'est deux là ! Nous partons les essayer dans l'après midi : nos nouveaux compagnons ne sont pas des flèches mais sont très gentils. Nous nous reposons sous les cocotiers et voyons débarquer sur la plage un kayakiste plein de sel et le visage buriné. Les interrogations vont bon train. Mais d'où vient-il ? Nous apprendrons qu'il fait aussi le tour de Calédonie. Voilà un personnage bien intéressant. Nous l'invitons à dîner pour partager nos aventures, devant une boite de conserve. Nous partageons les mêmes valeurs.

Nous repartons avec la troupe agrandie. Tout va de travers. Naîna marche au milieu de la route, Tafarel ne répond pas au jambe, Kiwi se laisse tracter par la corne. Au bout d'une heure tout rentrera dans l'ordre.. Mener cette équipe peu soudée et hétérogène demande beaucoup d'efforts.

La fin s'annonce

La chaleur devient pénible, l'herbe et l'eau se font de plus en plus rare. Tafarel et Kiwi ne tiennent pas la cadence. Nos trois chevaux ont déjà parcouru 900 kilomètres et les deux autres sont moins musclés. J'ai mal aux fesses, ma selle n'est vraiment pas adaptée. Il y a beaucoup plus de travail avec cinq chevaux et nous approchons d'une partie de la Calédonie où la population est très hostile.

La fatigue et les soucis s'accumulent. Pendant que nous scrutons les cartes pour essayer d'optimiser les choses, un individu approche. Il vient et s'assoit autour de la table. Plongé dans nos problèmes nous ne faisons pas attention à lui, mais son dialogue fini par nous interpeller. Il nous explique qu'il a une façon différente de compter les années. Avec des millions de centaines et toutes les x années les saisons se juxtaposent. Il vit dans un autre monde. Préoccupé par nos problèmes nous ne faisons pas attention.

Après une nuit de plus à n'avoir dormi que d'un oil et une longue réflexion, je décide d'arrêter.

Je fais par de ma décision à Édouard qui acquiesce. Lui veut continuer seul à condition que je viennes l'assister avec un véhicule sur une portion difficile. Il continuera avec Colorado et Tafarel. Les 2 juments n'étant plus en état pour continuer. Naïna a de la gale sur le dos depuis un mois et Prisca a des gonfles car l'arçon de selle est trop long pour son dos, elle a aussi mal au boulets parce qu'elle a des postérieurs trop long jointés et une énorme piqûre d'insecte qui empêche de poser tout matériel sur son dos.

Nous continuons donc jusqu'à la prochaine étape avec beaucoup de nostalgie. Un kanak sur la route s'arrête pour nous donner un billet en guise de "Bon courage". Ça fait chaud au cour mais nous sommes tristes car l'aventure arrive à sa fin.

Arrivé au village de l'étape, en dessellant les chevaux on s'aperçoit que Colorado s'est arraché un morceau de peau. Il aurait fallu s'arrêter deux ou trois semaines pour rétablir aussi bien les hommes que les chevaux, mais le village n'est pas sécurisant, et nous ne disposons plus de ce temps. Il faut donc arrêter le voyage ici.

Alors qu'Édouard commence à rapatrier à pieds les chevaux vers nos contacts sur place, un groupe de jeunes me cherche des embrouilles. Édouard revient juste à temps. Nous chargeons le matériel dans un taxi, sautons sur les chevaux et déguerpissons au plus vite avant que la situation ne s'envenime.

Nous commençons à rapatrier les chevaux, mais la nuit arrive. Nous n'avons rien à manger. Une beuverie s'est organisée sur le lieu ou nous voulions camper. Cela n'est pas possible, nous avons trop peur que ces personnes nous importunent et que l'idée de détacher un des chevaux leur vienne. Nous les cachons derrière le magasin de notre contact et allons leur demander le gîte. C'est avec joie qu'ils nous ont ouvert une chambre et offert un repas.

Le bivouacLe lendemain, nous partons vers Nouméa avec les chevaux dans la remorque. C'est fini ! Pour cette fois…

Texte et photos © Édouard Chautard Tous droits réservés

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