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Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

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Livre: Bienvenue au club par Sylvie Overnoy

Journal intime du cheval Crac.

Crac paissait bien tranquille sous le vieux pommier. jusqu'à ce qu'on vienne I'arracher à son pré pour en faire un Cheval de Club. Mais qu'attend-on de lui au juste! Qui sont tous ces gens! Que va-t-on lui faire! Et les autres chevaux pourraient-ils cesser de lui envoyer des coups de pied! Bienvenue au club! c'est la vie quotidienne d'un centre hippique, ses joies et ses drames, vue par les yeux d'un cheval d'abord effaré mais qui, au fil d'une année, va peu à peu comprendre, s'adapter, et découvrir que même les cavaliers les moins expérimentés peuvent regorger de carottes, de sucres et de caresses. C'est aussi le long chemin que Crac, petit cheval au cour gros comme ça, devra parcourir pour surmonter sa solitude et découvrir une nouvelle amitié.

On ne grandit pas impunément à Dampierre-les-Bois: une fois montée à Paris. où elle est devenue rédactrice en chef adjointe du magazine Cosmopolitan, Sylvie Overnoy n'a eu de cesser de retrouver un peu de campagne. Elle s'est donc mise à prendre des cours de jardinage, à dire bonjour aux labradors dans la rue, et elle a écrit les histoires de grand air de Sur un fil, un ouvrage réalisé avec la photographe Aline Périer, paru aux éditions Images en Manouvre. Puis elle a entrepris de monter à cheval. À ce jour, elle y arrive à peu près, sauf quand elle tombe. Mais comme elle entretient de bons rapports avec les pensionnaires de l'écurie, elle s'est demandé ceci : pourquoi vouloir murmurer à l'oreille des chevaux, quand ceux-ci passent leur temps à hurler à l'oreille des cavaliers ?

Sylvie Overnoy

Un entretien avec Sylvie Overnoy

La lecture de ce roman, intéressante, souvent émouvante, est à recommander à tous. Un peu en marge des centres d'intérêt de World Trail Rides, nous avons choisi de publier cet entretien avec Sylvie Overnoy. En marge des sentiers certes, mais pas de la nature du cheval et de nos rapport avec le noble animal. Saviez-vous que le nom trouve ses racines dans l'anima latine ? Qui signifie l'âme.

Le journal intime du cheval Crac

Équita Lyon 2001. Sylvie avec Colonel Whizz, un Quarter Horse appartenant à David Roux.
Si je prends le parti du cheval, c'est que je considère que l'homme, ayant fait le choix de le domestiquer, a maintenant la responsabilité d'en prendre soin convenablement.
Vous venez de publier le journal intime de Crac (Bienvenue au Club). Qu'est ce qui vous a motivé pour écrire ce récit ?
Le fait qu'il n'existait pas ! On parle beaucoup des chuchoteurs, de gens qui murmurent à l'oreille des chevaux ? Mais si les chevaux avaient des choses à dire, eux aussi ? Et quand vous les observez attentivement, en effet, ils les disent. Ils s'expriment en couchant leurs oreilles, en les pointant, en se réfugiant au fond de leur box, ou venant vers vous gaiement, ou encore en vous déposant proprement par terre. C'est souvent très clair.
Pourquoi avoir choisi Crac, cheval de club, comme narrateur ?
C'est vrai que tous les chevaux ne sont pas dans des clubs. Mais quand on ne sait pas très bien comment aborder l'équitation, je crois qu'aller dans un centre hippique est une démarche naturelle, et finalement les clubs sont des espèces de microcosmes où des gens qui n'ont ni le même niveau, ni la même origine sociale, ni le même âge, ni forcément la même approche de l'équitation, se retrouvent. Je monte moi-même dans un club, et je me suis demandé comment un cheval percevrait toutes ces personnalités différentes, alors Crac est né.
Vous avez dû observer le comportement de nombreux chevaux. Comment cela s'est passé ?
Il y a à peine quatre ans que je me suis mise sérieusement à cheval, et je ne voudrais pas me prétendre une grande experte du comportement équin. En revanche, j'aime beaucoup observer les chevaux au pré - rien de tel pour vous détendre après une bonne semaine parisienne bien stressante - et j'ai la chance de fréquenter un club où les enseignants sont très ouverts, cultivés, et prêts à chercher des réponses à toutes mes questions. J'ai aussi beaucoup lu des auteurs comme Henry Blake, Marthe Kiley-Worthington, Monty Roberts. Avec un peu de lecture, pas mal d'observation, et beaucoup de réflexion, je pense qu'on est sur le bon chemin. Attendez, j'oublie quelque chose de très important : le plaisir ! Rien que regarder un cheval brouter, et observer comment il se sert du bout de son nez pour se sélectionner son petit mélange de salade personnel dans une touffe d'herbe, c'est un régal.
En écrivant, vous avez dû imaginer vos futurs lecteurs et lectrices. Comment les voyiez vous ? Et qu'en est-il aujourd'hui, qui sont-ils réellement ?
En réalité, je n'imaginais pas vraiment mes futurs lecteurs. Au bout de quelques semaines de travail, Crac s'est, en quelque sorte, mis à exister, et je peux vous assurer que ce petit cheval avait des choses à dire. C'est ensuite que je me suis demandé, mais qui ça va intéresser, un cheval qui parle ? Alors j'ai fait lire des bouts de manuscrit à toutes sortes de gens. Des plus jeunes, des plus vieux, des cavaliers, des qui n'avaient jamais approché un cheval. et ça marchait. Ils riaient, ils pleuraient, bref ils y croyaient. Maintenant que le livre est publié, ses lecteurs sont - d'après les réactions qui me parviennent - d'abord des gens que les chevaux intéressent, mais surtout des personnes qui sont à la recherche de cette chose à la fois simple et rare : une relation. Parce que c'est ça, au fond, l'idée : mettre en relation la vision du monde qu'ont (je crois) les chevaux, et celle qu'ont les humains. Le plus beau compliment qu'on m'a fait, c'est cette jeune fille de 11 ans qui a passé son week-end à lire des extraits de Crac à haute voix à son père en lui disant : Papa, écoute ce que dit le cheval !
Avez-vous souhaité éveiller le lecteur à une meilleure compréhension des chevaux en général et de celui ou de ceux qu'il monte en particulier ?
Oui, tout à fait. Mais je ne pensais pas qu'aux cavaliers, j'ai beaucoup d'amis piétons et citadins et de temps à autre je dois dire que leur approche du monde animal me renverse de stupéfaction. Viens, approche-toi du cheval. Non, il va me mordre ! C'est toujours bien de rappeler que c'est un herbivore. Moyennant quoi, vous me verriez traverser un pré où il y a des vaches. je ne suis pas trop fière.
Que pensez vous de l'aspect éducateur de votre livre ? C'était votre objectif ?
Mon objectif, comme je crois celui de beaucoup de gens qui écrivent, c'est de dire Ouvrez les yeux ! Voyez-vous ce que je vois ? Est-ce que le monde vu par les yeux d'un cheval, ça n'est pas beau comme un effet spécial au cinéma ? Est-ce que ça n'est pas enrichissant, est-ce que ça ne fait pas réfléchir, est-ce que ça n'est pas magique ? La vraie éducation, c'est ça, je pense. Ouvrir les yeux. Sur tout.
Sylvie Overnoy
On parle d'équitation naturelle pour l'opposer à l'équitation classique. Qu'en pensez-vous?
Que c'est vraiment dommage de les opposer ! L'autre jour au Salon du Cheval, un cavalier de la Garde Républicaine passait, à pied, son cheval derrière lui, les rênes sur l'encolure, qui le suivait le nez tendrement dans le creux de son cou. En contrepartie, j'ai vu récemment une démonstration d'une chuchoteuse étrangère et j'ai cru bondir de mon siège : une méthode naturelle, ce licol étrangleur mince et coupant comme un lacet, sur lequel elle tirait de tout son poids ? Le cheval en retroussait les lèvres de douleur, et je crois sincèrement qu'une petite tape sur la croupe bien classique aurait été beaucoup moins traumatisante. Je pense que toutes les équitations peuvent s'apporter beaucoup, que les grandes balades en extérieur qui délient le dos du cheval et l'âme du cavalier n'empêchent en aucun cas un exercice de manège où l'on gymnastique le muscle et la concentration, que le sliding stop de l'équitation western est excellent pour l'engagement des postérieurs, et que la façon dont Jean-Marc Imbert dresse ses chevaux à la voix fait drôlement réfléchir. En équitation naturelle comme classique, je suis pour les cavaliers qui réfléchissent !
Vous avez dû choisir votre camp. Lequel ?
Celui du cheval. Non que je pense que les chevaux sont plus innocents ou plus purs que les humains : si vous les observez entre eux, vous constatez qu'ils peuvent être très durs. J'ai vu un poney Fjord martyrisé par ses congénères, à vous donner envie d'appeler la police ! L'autre solution étant évidemment de le changer de pré, ce qui a été fait. Non, si je prends le parti du cheval, c'est que je considère que l'homme, ayant fait le choix de le domestiquer, a maintenant la responsabilité d'en prendre soin convenablement.
Quel ouvrage de la littérature équestre est toujours à votre chevet ?
Il contient, entre autres, cette phrase : La connaissance du naturel d'un cheval est un des premiers fondements de l'art de le monter ; et tout homme de cheval doit en faire sa principale étude. C'est le tome premier de l'École de Cavalerie de François Robichon de la Guérinière, Écuyer du Roi.
D'autres projets littéraires ?
Un ouvrage sur les chiens de traîneau, une traduction d'un livre sur les Inuits, un recueil de nouvelles et un roman en route : j'ai du pain sur la planche, sans compter que des lecteurs me réclament déjà la suite de Crac. Et ça, ça fait vraiment plaisir.
Sylvie Overnoy et Gérard Barré, le 14 décembre 2001

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