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Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

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Équitation éthologique

Livre: L'éducation du poulain de la naissance au débourrage par Natalie Pilley-Mirande

De la naissance au débourrage. Une approche éthologique

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Un entretien avec Natalie Pilley-Mirande

Nous connaissons Natalie Pilley-Mirande au travers de ses diverses rubriques dans Cheval magazine, notamment la rubrique "Races de chevaux". Avec François Rolland, éleveur d'expérience, elle vient de publier un livre complet, très clair, pratique, efficace et convaincant: "L'éducation du poulain de la naissance au débourrage - Une approche éthologique". World Trail Rides ne peut que recommander la lecture de cet ouvrage où sont abordés tous les aspects de l'éducation du jeune cheval en insistant sur la nécessité de la découverte de l'extérieur du premier âge jusqu'au débourrage proprement dit.

L'éducation du poulain de la naissance au débourrage

Une approche éthologique

L'éducation du poulain.
"Le débourrage ne peut être considéré comme accompli tant que le poulain n'est pas capable de se déplacer, seul et en groupe, sur tout chemin ou sentier de campagne et de faire face avec sang froid aux situations les plus imprévues."
Extrait de L'éducation du Poulain.
Les livres sur l'éducation du poulain sont nombreux. Qu'est ce qui a justifié ce projet ? Avec François Rolland, quels manques avez-vous souhaité combler ?
En fait, les livres sur l'éducation du poulain proprement dit ne sont pas du tout nombreux ! Le sujet était même quasi inexistant jusqu'à ce jour - si l'on excepte le livre de référence du docteur Miller sur l'imprégnation comportementale du poulain nouveau-né, dont certains aspects nous paraissent discutables, même si nous adhérons à la philosophie générale qui est de familiariser le poulain le plus tôt possible avec l'homme. Certes, il existe plusieurs ouvrages sur le débourrage du poulain, mais la période du pré-débourrage (soit de la naissance à trois ans, environ) est systématiquement oubliée. Or, pour François Rolland et moi-même, cette période est absolument fondamentale dans la vie du cheval (tout comme dans la vie de l'enfant !). Le problème, c'est qu'aujourd'hui encore, dans l'esprit de bien des gens, l'éducation du poulain commence précisément au débourrage… alors que pour nous, elle commence dès la naissance ! C'est cette lacune que nous avons voulu combler : en discutant avec des éditeurs et des libraires spécialisés en équitation, mais aussi avec des professionnels du cheval (maréchaux-ferrants, vétérinaires, techniciens des haras…) et bien sûr des propriétaires de chevaux, nous nous sommes rendu compte qu'il y avait vraiment un manque sur le marché éditorial. Ainsi, combien de personnes possèdent une jument et rêvent de la faire pouliner, mais renoncent à concrétiser ce rêve par manque d'information ou par crainte de ne pas arriver à "gérer" l'arrivée et les premiers mois d'un poulain ?
Vous-même pratiquez l'élevage et je pense que "Naïade du Vercors", votre jeune pouliche, a profité des conseils exposés dans le livre. Comment cela s'est passé et où en est-elle ?
Contrairement à François Rolland, auquel je tiens ici à rendre hommage pour m'avoir accompagnée tout au long de cette belle aventure, je ne suis pas du tout éleveur. Je suis juste une propriétaire amateur, et lorsque j'ai décidé de faire pouliner pour la première fois ma jument pur-sang arabe Flirt de Provence, j'ai eu la chance de bénéficier des précieux conseils de François durant toute la gestation de ma jument, et bien au-delà. En fait, la petite Naïade est à l'origine de l'idée de ce livre ! D'où le choix que nous avons fait d'un ouvrage chronologique, donnant au lecteur des conseils pratiques et concrets au fur et à mesure des étapes de la vie du poulain - naissance, premiers jours, premiers mois… Un peu comme ces livres pratiques destinés aux jeunes mamans qui vont mettre au monde leur premier nourrisson ! Bien sûr, dès l'instant de sa naissance, Naïade a été éduquée selon les "principes" du livre, ou plutôt selon sa philosophie, car nous réfutons toute notion de rigidité ou de méthode unique. Aujourd'hui, elle a seize mois et c'est un bonheur pour moi de la voir si confiante, familière, proche de l'homme tout en étant respectueuse. C'est une pouliche très gentille, qui a beaucoup de caractère (bon sang arabe ne saurait mentir !) et qui prend plaisir à apprendre. Comme elle est destinée à l'équitation d'extérieur, je l'emmène régulièrement en main faire des petites "balades" autour de la maison afin de lui apprendre à franchir des fossés, monter ou descendre des petites pentes raides sans me bousculer, expérimenter sous ses petits sabots la sensation de terrains variés (cailloux, boue, marécage, grille d'égout, bitume…), côtoyer des voitures, tracteurs, chiens, vélos… Parfois aussi, je l'emmène "explorer le vaste monde", toujours en licol, mais cette fois en montant sa mère. C'est un excellent exercice pour le poulain, à condition que le cheval "maître d'école" soit parfaitement calme, confiant et bien éduqué ! D'une façon générale, ma plus belle récompense est que chaque jour, quand je vais voir ma pouliche (que ce soit au paddock ou au pré), c'est elle qui vient à ma rencontre, d'elle-même, sans que j'aie besoin d'aller la chercher… Pour moi, c'est une nuance très symbolique !
Natalie Pilley-Mirande monte Flirt de Provence
Natalie monte Flirt de Provence. Naïade du Vercors, menée en longe, suit déjà docile...
Je pense que de nombreuses préconisations exposées peuvent être appliquées aux chevaux adultes. Qu"en pensez-vous ?
Vous avez tout à fait raison, car l'immense majorité des "règles d'or" que nous préconisons dans ce livre sont applicables à tout âge : mettre le cheval en confiance, le respecter tout en exigeant qu'il nous respecte aussi (en faisant bien la distinction entre respect et crainte de l'homme), être toujours juste et cohérent, rester calme et patient en toutes circonstances, être progressif (même avec un cheval adulte, on a parfois tendance à demander trop ou trop vite !), etc. Ce sont là de bonnes habitudes à prendre dès la naissance, certes, mais à conserver tout au long de la vie du cheval !
Votre approche du cheval semble être très proche de ce que j'appelle l'équitation naturelle qui s'appuie sur l'imprégnation comportementale du cheval et l'éthologie par opposition à l'équitation classique. Qu'en est-il ?
Effectivement, je suis profondément persuadée que l'approche naturelle et éthologique est le secret d'une relation réussie et harmonieuse. Tout simplement parce que l'éthologie - un terme aujourd'hui galvaudé et qui désigne avant tout, rappelons-le, une discipline scientifique basée sur l'observation comportementale des animaux dans leur milieu naturel - nous aide à mieux comprendre le cheval en tant qu'être vivant doté d'émotions et de réactions propres à une espèce bien précise - en l'occurrence, l'espèce équine. Alors que l'équitation dite "classique" a trop souvent tendance à considérer le cheval comme une monture avant tout, c'est-à-dire un partenaire sportif, un athlète, sans se soucier suffisamment de son mental. C'est, à mon avis, la grosse différence entre les deux approches. Ceci dit, il ne faut pas tomber dans le piège de l'opposition systématique entre équitation "éthologique" et "classique" : les deux sont complémentaires, ou du moins elles devraient l'être - ce serait, alors, l'enseignement idéal ! Il y a du bon à prendre dans chacune des approches, l'important étant de rester toujours humble et ouvert d'esprit.
Les "méthodes douces" étaient aussi le sujet de votre précédent livre "Le secret des chuchoteurs américains". Il me semble que vous avez très envie de sensibiliser vos lecteurs à ces pratiques respectueuses du cheval ? Pour pallier à leur absence de l'enseignement classique de l'équitation ?
Sur ce point, je suis effectivement incorrigible… et intraitable ! Aussi bien dans mes articles pour Cheval magazine que dans mes livres, ou même mes conversations avec d'autres cavaliers, je ne cesse de clamer que l'emploi de la force est non seulement contraire à l'exigence d'éthique que devrait posséder tout cavalier, mais aussi inefficace en termes de dressage. Il n'y a, à mes yeux, aucune excuse valable légitimant la brutalité avec un cheval, même réputé "difficile" (brutalité n'étant pas à confondre avec fermeté). Et ce, quelles que soient les circonstances : débourrage, embarquement dans un van, etc.. Mon ami François, qui a éduqué et débourré des dizaines de poulains, n'a jamais eu besoin de recourir à la violence, à des mors sévères ou à des enrênements coercitifs avec ses chevaux - qui ont pourtant beaucoup de sang, puisqu'ils sont arabes ou demi-sang arabes ! C'est vrai qu'hélas, les "méthodes douces" ne sont guère à l'honneur dans l'enseignement classique, que ce soit dans les clubs ou en compétition. Les manuels officiels ne continuent-ils pas d'employer la terminologie "soumettre" ou "cheval soumis", parfaitement symbolique de toute une tradition équestre militaire ? Et quoi qu'on dise, on voit plus de "raclées" sur un terrain de CSO que lors d'un stage Parelli… Mais là encore, il faut faire attention à ne pas tomber dans l'amalgame et la généralisation hâtive : Dieu merci, il y a aussi des cavaliers "classiques" doux et respectueux ! Inversement, prenons l'exemple de l'équitation américaine - qui me séduit personnellement par certains aspects, et que je pratique dans le cadre du loisir -, réputée moins "contraignante" pour le cheval que l'équitation classique : et bien, en concours de reining, notamment, les "cow-boys" sont largement aussi brutaux sous leur Stetson que certains cavaliers de CSO sous leur bombe !
Êtes-vous plutôt une cavalière d'extérieur ? ou de manège ?
J'ai été une cavalière de manège dans mon enfance et mon adolescence, mais j'ai été très déçue par bien des aspects de l'enseignement classique et je n'y ai tout simplement pas trouvé d'épanouissement personnel. A quinze ans, j'ai effectué ma première randonnée équestre : une transhumance de plusieurs jours en Lozère avec un troupeau de juments et poulains en liberté, et bivouac sous les étoiles - Avec Dominique Chardon des "Randonnées sauvages de l'Habitarelle". Ce fut une révélation ! Dès lors, je suis devenue une cavalière d'extérieur convaincue… et pour toujours. Le manège, pour moi, c'est fini à jamais ! J'ai un besoin viscéral d'être à cheval au cœur de la nature, c'est difficile à expliquer. Je suis bien consciente que je ne travaille peut-être pas assez mes chevaux sur le plat, mais cette lacune est relativement facile à combler car en extérieur, la moindre clairière peut faire office de carrière provisoire ! D'ailleurs, je reste persuadée qu'on peut tout à fait travailler et dresser son cheval sur des sentiers, aussi bien (voire mieux encore, car dans des situations plus variées…) que dans la sciure d'un austère manège couvert… Je continue donc sans me lasser d'explorer ma belle région de Drôme provençale avec ma jument arabe - en attendant de le faire avec Naïade ! - et de temps à autre, quand j'en ai la possibilité, je fais de longues randonnées à l'étranger (États-Unis, Mongolie, Islande, Maroc…). Pour être franche, je regarde les cavaliers "d'intérieur", qui ne sortent jamais ou quasiment jamais de leur manège, avec une sorte d'incompréhension mêlée de pitié pour tout ce qu'ils perdent sans le savoir !
Flirt de Provence, jument Pur Sang Arabe et Natalie Pilley-Mirande
Flirt de Provence, jument Pur Sang Arabe et Natalie Pilley-Mirande.
Dans ce contexte et bien qu'il soit difficile de généraliser, comment percevez-vous le cavalier d'extérieur d'aujourd'hui ?
Je me réjouis de voir que "l'équitation de pleine nature" (je trouve très jolie cette nouvelle appellation officielle !) séduit de plus en plus de cavaliers. Et en discutant avec nombre d'entre eux, je me rends compte que bien souvent, ce sont, eux aussi, d'anciens cavaliers de manège déçus et frustrés pour diverses raisons (chevaux trop difficiles, moniteurs blasés, absence d'écoute du cheval, etc.). Quand on pense au taux record d'abandon qui sévit lors de la première année en club, j'en conclus qu'il y a un véritable problème dans l'enseignement de l'équitation en France ! Je connais bien des gens qui se sont fait très peur à cheval en club, et qui ont redécouvert le bonheur de l'équitation grâce à la randonnée équestre…
Pourriez-vous nous parler de votre perception du voyage à cheval ?
Je répondrai à cette vaste question en un seul mot : le rêve… Rien ne me fait plus rêver que les récits de ces explorateurs-cavaliers, dont vous nous gâtez sur le site de World Trail Rides ! Comme je l'ai expliqué plus haut, je suis une cavalière d'extérieur et de randonnée, pas une véritable voyageuse à cheval. Dans les contrées lointaines, je ne pars pas seule à l'aventure, mais avec un guide et une structure organisée… et je suis bien consciente de l'énorme différence qu'il y a entre les deux ! D'où mon admiration et mon émerveillement sans bornes pour Bigo, Ballereau, Gouraud et les autres…
Quel ouvrage de la littérature équestre est toujours à votre chevet ?
Le tout premier dans mon coeur, disponible uniquement en anglais, est celui de l'Américain Tom Dorrance, "True Unity" : un petit bijou qui parle plus d'amour du cheval et de philosophie que de technique, mais qui dit l'essentiel et me bouleverse à chaque lecture par son humilité et la finesse de son approche… Pensez que ce vieux cow-boy, aujourd'hui âgé de 93 ans, qui est né et qui a toujours vécu dans un Ouest américain particulièrement conservateur et barbare avec les chevaux, parlait déjà, dans les années 1930, de "communication", de "voir les choses du point de vue du cheval", ou encore de la nécessité de "ne jamais ôter la curiosité à un cheval" ! Pour vous dire l'immense respect qu'inspire toujours celui que j'appelle "le plus ancien des nouveaux maîtres", voici une petite anecdote véridique : très récemment, un ami à moi se trouvait chez Tom Dorrance dans son ranch de Californie. Le téléphone a sonné : c'était Pat Parelli qui appelait "au secours" et demandait à son vieux maître, aujourd'hui en chaise roulante, comment résoudre un problème précis qu'il avait avec un cheval ! Dans un tout autre domaine, un autre livre que j'aime beaucoup est "Une certaine idée du dressage - Odin à Saumur", par Philippe Karl, ancien écuyer au Cadre Noir : un remarquable traité de dressage, très bien écrit et très caustique sur les institutions françaises, exprimant clairement les concepts de l'équitation de tradition française dont Philippe Karl est un ardent défenseur.
D'autres projets littéraires ?
Peut-être des traductions pour mon fidèle éditeur Zulma, mais rien de précis encore… A vrai dire, je suis sur le point de mettre au monde mon troisième enfant et je vais "fermer la boutique" durant quelques temps !
Natalie Pilley-Mirande et Gérard Barré, le 04 août 2002

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