Coup de cœur

Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

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Indiens et cheval

Livre: Les Indiens d'Amérique et le cheval par Maria Franchini

L’apparition du cheval dans les sociétés amérindiennes, bien qu’elle soit relativement récente, est un fait marquant dans l’histoire des peuples cavaliers.

Qui pourrait aujourd’hui dissocier l’image de l’Indien de celle du cheval ?

Symbole d’une osmose, d’une fusion avec la nature dans toute son âpreté, sa rudesse, mais aussi sa sagesse et sa magie, ce couple mythique ne pouvait que fasciner un public en quête de vérités enfouies. À travers les documents et témoignages qu’elle a pu réunir, Maria Franchini s’est lancée sur la piste des Indiens d’Amérique, détenteurs du pouvoir des chevaux. Elle nous invite à une visite guidée à travers l’histoire des principales ethnies indiennes, décrit leurs modes de vie, leurs rites, leurs coutumes équestres, soulignant points communs et différences.

Références

Maîtres Indiens contemporains présentés dans le livre de Maria Franchini :

Origine des photos :

  • ▫ The North American Indians, éditions An Aperture- New-York. Photographie d'Edward S. Curtis.
  • ▫ Les Indiens de la prairie, éditions Atlas. Photographie de Werner Forman.
  • ▫ Par le pouvoir du rêve, édition Le Mail. Photographie de Richard Erdoes.

Vient de paraître

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Livre : Hippomanie par Jean-Louis Gouraud

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Un entretien avec Maria Franchini

Dans son livre Les Indiens et le cheval, Maria Franchini invite ses lecteurs à partager des instants de magie et de poésie, au rythme du pas des chevaux. Apprenons les leçons de sagesse que nous enseignent, à travers le temps, les légendes ancestrales des Indiens à cheval !

Maria Franchini, les Indiens d'Amérique et le cheval

Assiniboin, Painted tipi - photo © Edward S. Curtis
Photographie de Edward S. Curtis
Nous vous connaissons un peu au travers de vos articles parus dans Cheval Magazine, de vos traductions, et de votre livre qui expose la méthode d'éducation du cheval de Bino Jacopo Gentili. Comment vous est venu l'idée d'écrire ce livre Les Indiens d'Amérique et le Cheval ?
En fait, l'idée ne m'est pas venue du tout. C'est un ami éditeur, Jean-Louis Gouraud, qui m'a demandé d'écrire un petit livre. J'ai accepté seulement pour lui faire plaisir et sans savoir ce qui m'attendait. Je me suis trouvée face à un vide désespérant. Si je voulais faire un petit livre, je ne pouvais que traduire bêtement le peu que les quelques rares historiens du début du siècle dernier avaient dit. Et comme je ne suis pas faite du tout pour répéter sans comprendre ce que les autres affirment, le petit livre est devenu très gros et m'a coûté deux ans et demi de ma vie.
Les Indiens souvent décrits comme les premiers écologues seraient-ils aussi, les premiers éthologues ?
Je le pense sincèrement. Je l'affirme en connaissance de cause, car je travaille régulièrement avec l'éthologue Marthe Kiley-Worthington qui est, à ma connaissance, une autorité en matière d'éthologie équine d'avant-garde. Les Indiens devaient connaître à la perfection le comportement des animaux, ne serait-ce que pour mieux s'en défendre ou les chasser. Ils avaient dû très certainement apprendre à bouger sans susciter la méfiance de leur proies. Appliquer ces connaissances au cheval a dû être pour eux un jeu d'enfant. Ceci dit, il y avait des bons et des mauvais chez eux comme chez tout le monde. Et ce qui les différencie des éthologues est qu'ils ne savaient pas transmettre, ni expliquer leurs connaissances.
Cheval-médecine (talisman) - Photo © Werner Forman
Cheval-médecine (talisman) provenant d'une tribu Pieds-Noirs
L'homme parla le premier: Tu vois mon cheval. Il a un pouvoir magique.
Puis parla le cheval: J'ai un pouvoir magique. J'ai un pouvoir magique.
Comment expliquez-vous le désintérêt des ethnologues pour cet aspect de leur culture et tradition ?
Il y a plusieurs explications qui me viennent à l'esprit. Les Indiens étaient très réticents à dévoiler leur mythologie et leurs croyances. Les soins des chevaux étaient très entourés par l'ésotérisme. Alors, même ceux qui ont posé des questions, n'ont pas obtenu de réponses. Une autre raison pourrait être le fait que l'équitation est un sujet bien trop spécifique, qui demande des connaissances de la part du scientifique même qui mène les recherches. Au 18ème et 19ème siècle, les savants férus d'équitation et d'Indiens ne devaient pas courir les rues. Aujourd'hui non plus, d'ailleurs. Quant aux voyageurs qui s'estomaquaient devant les prouesses des sauvages , cela ne leur serait jamais venu à l'esprit de s'enquérir de leur méthodes. Vous comprenez, des primitifs , bien qu'ils aient appris un tas de tours ne pouvaient rien apprendre à des civilisations qui côtoyaient le cheval depuis 5000 ans ! Alors, ils les admiraient avec condescendance, comme nous le faisons nous aujourd'hui quand nous assistons à des performances d'animaux savants. Personne, à l'exception de quelques scientifiques éclairés, ne pense de découvrir comment font ces animaux. Il y a à peine une centaine d'année, les peuples non civilisés étaient traités exactement comme nous traitons les animaux encore aujourd'hui au 21ème siècle. Hélas !
Les peuples Indiens sont de tradition orale. Cela n'a pas dû faciliter votre recherche d'informations.
Vous mettez le doigt sur la plaie. Néanmoins, fort heureusement, on trouve des informations recueillies par les voyageurs de l'époque et, avec beaucoup de patience on arrive à reconstituer une partie de la mosaïque. Mais mon livre est très loin d'être exhaustif. Disons qu'il contient à peu près tout ce que l'on sait, à ce jour. Et je doute très fort que l'on en saura plus un jour, justement à cause du manque d'écrits de la part des Indiens mêmes.
Au travers de la correspondance échangée et d'entretiens avec quelques Indiens, vous avez dû lire ou écouter des légendes et vérités surprenantes. Pouvez vous nous faire rêver et surtout réfléchir en nous racontant un court extrait d'une légende ou d'un chant ?
Les rares Indiens que j'ai rencontrés ne m'ont pas dit grand chose. Ils ne m'ont surtout pas raconté de légendes ! Les mythes je les ai trouvés dans de nombreux ouvrages d'anthropologues et ethnologues. Par contre, les lettres que m'a écrites Jaime Jackson m'ont émotionnellement électrocutée. Mais ce sont ses propres sentiments et non pas des légendes. Je préfère vous raconter quelques bribes des souvenirs d'un vieux Gros Ventre, dénommé Petite Cheville. Quand Petite Cheville était petit et gardait les chevaux que son père lui avait confié, dès qu'il n'avait rien à faire, il se mettait à crier cette prière, en pleurant, comme lui avait conseillé son père : Vous êtes mes dieux ! Je m'occupe bien de vous ! Je veux posséder beaucoup de chevaux toute ma vie ! Je pense que ces mots en disent long sur l'importance qu'avaient les chevaux pour ces gens.
Je pense qu'il y a beaucoup d'idées reçues à faire tomber sur le comportement des Indiens avec leur chevaux. Pouvez-vous nous en présenter quelques unes ?
Par exemple, il y avait des fils à papa qui étaient couvés par leurs familles et qui ne participaient jamais aux raids. Et il y avait ceux qui avaient peur de débourrer les chevaux. Et encore ceux qui ne parvenaient jamais à tuer un bison. Heureusement qu'il y avait les autres pour les nourrir.
Par le pouvoir du rêve - Photo © Richard Erdoes
Par le pouvoir du rêve !
On parle d'équitation naturelle pour l'opposer à l'équitation classique. Qu'en pensez-vous après avoir mené ce travail ?
Je pense qu'il y a une bonne équitation et une mauvaise. Les noms qu'on leur donne m'importe peu ou pas du tout. Il y a des gens formidables dans l'équitation classique et il y a des faux naturels et vice-versa. A mon humble avis, on devrait beaucoup plus faire usage de bons sens et de gentillesse. Le cheval n'est pas un théorème mathématique que l'on apprend par cœur.
Votre propre vision du cheval, votre comportement à son égard ont dû être modifié. Qu'en est-il ?
Mon comportement n'a jamais été classique , si vous voulez vraiment tout savoir. Les Indiens n'ont pas été une révélation pour moi. Je répète, je suis habituée à utiliser mon bon sens, beaucoup de psychologie, énormément d'observation… Et mon adoration pour le cheval fait le reste.
Quel ouvrage de la littérature équestre est toujours à votre chevet ?
Je suis désolée, mais j'aime le cheval beaucoup plus que l'équitation. Je préfère lire des ouvrages d'éthologie (la vraie, celle des scientifiques), même ceux qui ne concernent pas directement les chevaux, car nous (et je souligne nous), les êtres vivants, sommes tous liés les uns aux autres. Même des ouvrages de psychologie m'ont été très utiles. Les chevaux m'ont aidée à comprendre mieux les humains et vice-versa. L'équitation n'est qu'une facette de l'univers du cheval. Cet animal existe en dehors de l'équitation. La selle et le cavalier ne font pas partie des attributs de l'espèce équine. Une fois que l'on a appris à le connaître et à communiquer avec lui, ce que l'on fait après n'a aucune importance, cela peut-être l'équitation, le cirque, le débardage et que sais-je d'autre. Actuellement, on s'acharne à vouloir instruire une créature que l'on n'a même pas éduquée. Et c'est exactement ce que l'on fait avec les cavaliers. On les met à cheval, alors qu'ils ne connaissent pas cet animal. C'est indigne d'une civilisation comme la nôtre qui se dit si évoluée. Les Indiens apprenaient aux enfants à soigner et à respecter les chevaux avant de les initier à l'équitation. Les mères Apache racontaient une histoire aux enfants qui parlait d'un homme très méchant qui avait été atrocement puni par les Esprits, parce qu'il maltraitait son cheval.
D'autres projets littéraires ?
Actuellement je traduit un autre ouvrage du Dr Marthe Kiley-Worthington (vraie éthologue pluridiplômée) qui s'intitule en anglais Equine Welfare , littéralement Le Bien-être des Chevaux . C'est encore un livre très provocateur de cette scientifique britannique qui est à l'avant-garde absolue en matière de recherches sur l'intelligence animale et leur vie émotionnelle. Cette traduction sera suivie de près par un autre livre écrit en tandem toujours avec M.K.W. et dont le titre est Le Cheval, L'Éléphant et l'Homme . C'est un parallèle entre ces trois mammifères qui se côtoient depuis des millénaires. Tout y passe, leur physiologie, leur vie sociale et sexuelle, leurs émotions même les plus complexes, leurs mécanismes d'apprentissage, etc. Les deux livres sortiront chez Zulma. Pour terminer, je souhaite insister lourdement sur l'expression vrai éthologue , car j'en ai assez d'entendre appeler éthologue n'importe quel charlatan ou dresseur. L'éthologie est une science très complexe et N'EST PAS UNE MÉTHODE DE DRESSAGE !
Maria Franchini et Gérard Barré, le 14 février 2002

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