Coup de cœur

Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

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Édouard Chautard

34 ans, il habite la Nouvelle Calédonie et randonne sur son île avec deux chevaux, une jument pour le selle et un hongre pour le bât. Par passion, il relève les défis personnels qu'il s'impose, souvent il s'agit d'ouvrir des voies là, où la rumeur prétend que l'on ne peut pas passer à cheval. Souvent porteurs de déceptions, ses choix lui apportent cependant une plénitude hors de proportions lorsque l'expédition est un succès. Édouard précise que celui-ci est exclusivement dû, à chaque fois, à l'agilité et la robustesse de ses chevaux, ainsi qu'à sa maniaquerie en matière de sécurité pour les chevaux et pour lui même.

Texte et photos © Édouard Chautard Tous droits réservés

Sur la route

Ascension dans les Rocheuses désertiques

Bâter les chevaux

Coups de cœur

Livre: L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

Livre: Manuel d'équitation Camargue : une tradition d'avenir par Céline Legaz

Livre: L'esprit du cheval : Introduction à l'éthologie cognitive du cheval par Michel-Antoine Leblanc

Livre: Éloges de l'énergie vagabonde par Sylvain Tesson

Éloge de l'énergie vagabonde. Je consacrerai mon temps d'avancée solitaire à réfléchir au mystère de l'énergie que nous extrayons des strates de la géologie mais aussi celle qui attend son heure au plus profond de nous.

Livre: Petit traité sur l'immensité du monde par Sylvain Tesson

Petit traité sur l'immensité du monde par Sylvain Tesson. Précis de désobéissance naturaliste, philosophie de poche buissonnière, récit romantique contre l'ordre établi.

Les glaciers

La brosse à dent

Édouard avait oublié sa brosse à dent. Le besoin d'hygiène a révélé son art du bricolage.

Les Rocheuses Canadiennes à cheval

Édouard Chautard a quitté son île, la Nouvelle Calédonie, pour une semaine de randonnée à cheval. Il est rentré fasciné par cette semaine de randonnée.

L'envie de randonner à cheval dans les rocheuses a commencé en lisant un article d'Émile Brager sur le bâtage. La photo d'un cavalier traversant les rocheuses aux USA illustrait la page. Peu importe le pays, mais c'est à partir de ce jour qu'aller dans les rocheuses a hanté mes rêves.

Le caractère aventureux de la randonnée qui reste à vivre m'est donné avant son départ même. Dans le petit avion qui nous conduit au ranch, je somnole quand le balancement provoqué par d'incessants virages me réveille tout à fait. Je regarde le pilote : il cherche son chemin dans les nuages depuis une bonne dizaine de minutes ! Soudain, l'avion plonge... Le pilote a trouvé sa route. L'aile frôle les sapins, l'avion slalome entre les collines et enfin, atterrit brusquement sur une piste en terre. Ouf !

C'est là que le rêve commence. Les petits chalets en bois, les chevaux massifs et l'accueil, parmi les plus chaleureux, me laissent bouche bée. Chacun, du groupe avec qui je vais partager ces quelques jours, pense passer cette première nuit dans un des nombreux chalets, bien au chaud près du foyer d'une cheminée. Mais le guide arrive avec des tentes et nous dit que l'on peut les monter où l'on veut pour passer la première nuit. On a payé pour faire du camping, non ? Alors, camping...

Après une petite mise en selle de trois heures, Sean (le guide) nous explique l'itinéraire de la randonnée. La première journée sera très longue, nous le comprenons. Le parcours emprunte un chemin inutilisé depuis plus d'un an. Tout de suite, Sean nous rassure et explique que le reste du trajet sera moins difficile. Dans tous les cas pour demain, nous nous attendons à 12 heures de selle. Les femmes posent une dernière question : et pour la toilette, comment on fait ? Sean souriant, quoique un peu gêné, leur répond qu'on ne se lave pas parce que l'eau est trop froide. Gloussements d'horreur des filles ! Et notre guide amusé explique : il y aura une rivière, mais vous verrez bien.

La lagune

Chaque matin, le départ ne se fera jamais dans l'urgence. On boit d'abord un premier café. Ensuite, les chevaux sont tranquillement préparé et cela avant un copieux petit déjeuner à l'anglaise (saucisses, œufs.). Et c'est seulement vers 9 heures que l'on se mettra en selle. Le repas du midi très léger dure à peine une demie heure.

Lors d'un passage à pied dans la boue, un cheval bouscule une cavalière. C'est l'accident, fracture du tibia. Il faudra trois heures d'attente et de crapahut en forêt hors des sentiers pour porter la malheureuse sur un brancard jusqu'à l'aire d'atterrissage d'un hélicoptère. Pour elle, l'aventure est terminée.

Alors, Sean nous lance : "Accrochez-vous, il faut accélérer car la nuit tombe !". Trop tard, nous sommes perdus dans la forêt. Une jument a déjà fait cet itinéraire en tête il y a plusieurs années. En la mettant devant et en la laissant totalement faire, nous retrouvons le bon chemin. Plus de treize heures auront été nécessaires pour atteindre le premier lieu de bivouac.

Goat Camp

Le lendemain matin, chaque cheval de bât sera méticuleusement préparé. Leur chargement est aujourd'hui maximum, le terrain devrait être pourtant accidenté. Cinq chevaux sont bâtés, deux gardés en secours, et enfin les douze autres seront montés. La file s'étire en longueur et prend les allures d'une caravane sur le sentier étroit à travers les forêts de pins et lors des traversées de gués. Le décor est grandiose. De vastes espaces ont été dévastés par les avalanches de neige de printemps. Quelques tronc brûlés qui restent toujours debout parmi les jeunes pousses affirment depuis quarante ans leur existence passée. Au détour d'un raidillon, le premier glacier sera la toile de fond des prochains passages. La petite vallée que nous suivons nous amène au campement de base. De là, nous effectuerons des balades en étoile les deux jours suivants. Pour la nuit, nous conduisons les chevaux dans une vallée magnifique avant de les attacher en longe . Au fond de la vallée, le glacier déverse une eau rouge dans la rivière. Adam, notre deuxième guide a, avant notre retour, commencé la préparation de la cuisine avec les réserves de nourriture et le matériel transportés par les chevaux de bât.

Ascensions

Les deux journées suivantes seront consacrées à l'exploration des montagnes des alentours. Des hauteurs chèrement conquises, le regard embrasse tour à tour la vallée du bivouac, la lagune du campement de la première nuit et de nombreux glaciers. Au sommet d'un pic, la chance nous permet d'apercevoir des "Goat", une variété qui appartient à l'espèce des chèvres de montagne. Toutes blanches, elles sont fréquentes dans la cette vallée, d'où le nom du premier lieu de bivouac.

Un soir, je n'y tiens plus et décide enfin d'aller faire ma toilette. Complètement déshabillé, je ne pourrai laver que mon visage dans une eau trop glacée. Aussi, tous mes compagnons d'aventure ne se laveront que le bout du nez... Rien au monde n'aurait pu nous obliger à nous baigner dans cette eau glaciale. Le sourire de Sean, celui du premier jour, a pris alors toute sa valeur !

C'est ce jour là que sous mes pas, j'ai aperçu les empreintes toutes fraîches d'un ours. Plus vite qu'il ne faut pour le dire, je récupère précipitamment toutes mes affaires et me réfugie près de la Winchester rassurante du guide. Cette même nuit, Sean a été réveillé par des craquements à quelques mètres dans les broussailles ; les ours ? Nos deux guides sont de vrais durs, il faut le dire. Malgré la pluie et le froid, ils dorment dehors, une Winchester toujours à portée de main. Les ours rodaient autour du campement. Quelle angoisse ! Dans ces régions isolées, ils sont attirés par la nourriture et peuvent devenir très agressifs. Les ours sont responsables de plusieurs attaques mortelles chaque année. Finalement, les bruits cesseront au bout d'une heure.

Le lendemain, de retour de la randonnée, nous les apercevrons près du campement. Effrayés par douze humains à cheval, ils ne sont pas revenus.

Bientôt le retour

Pris autour du feu de bois, les repas se succèdent. Chaque soir, Adam prépare son "gâteau marmite". Pour chaque petit déjeuner, le menu est identique, saucisses, pommes de terre rissolées aux oignons, oeufs, le tout agrémenté de crêpes au fromage ou de pan-cakes. Jamais je n'aurais imaginé que l'on puisse cuisiner autant de plats différents sur un feu de bois. Sur une cime, la dernière journée, un de mes compagnons d'aventure me fait remarquer qu'il est bon de retrouver le campement chaque soir. En si peu de jours, nous considérons déjà l'endroit et les tentes comme la "maison". Mais le retour approche.

En montagne, l'un d'entre nous a ramassé pour le partager en le cassant un caillou rouge comme les eaux du glacier. Chacun emportera un des dix morceaux en souvenir de cette semaine hors norme. Ces derniers moments sont d'une émotion intense. Plusieurs heures sont nécessaires pour tout ranger, emballer et refaire les caisses de bât.

Le camp levé, c'est une interminable descente en enfer qui nous ramène vers le lac. La poussière soulevée par les 19 chevaux de la caravane n'épargne que celui qui est en tête. Alors que les glaciers s'estompent derrière les forêts de pins, le silence ne laisse la place qu'aux bruit des sabots pendant de longs moments. Tous les coeurs sont serrés. Même s'il faut deux jours pour rejoindre le ranch, chacun sent bien que l'aventure touche à sa fin.

Après une nuit confortable au bord du lac, un petit bateau viens chercher les caisses de bât pour soulager les chevaux et faciliter la dernière étape. Sean annonce que le trajet durera environ six ou sept heures environ. Nous avions mis treize heures le premier jour ? Après une heure d'échauffement, la cadence s'accélère, j'ai compris. Au trot presque tout le temps, plus rien ne ralentit Sean qui pousse son cheval au galop dans la forêt. Juste derrière lui, j'évite de justesse les branches saillantes des pins, les troncs qui jonchent le sol. Les chevaux sautent le moindre obstacle, entraînés par les chevaux de bât en liberté qui passés en tête imposent la cadence. "Chevauchée fantastique", apothéose de la dernière journée...

Après six heures trente de trajet, la propriétaire du ranch nous attend devant un petit portail, avec toujours avec le même sourire qu'au départ. Au ranch, la douche chaude parut excellente, même si nous avons à nouveau passé la nuit sous la tente.

Camping toujours !

Je remercie ici tous mes compagnons pour cette aventure. Bien sûr les guides Sean & Adam, mais aussi mes compagnons : John & Janette, Adrienne & Lori, Tam & Jac, John, Ron, et Tina pour m'avoir offert présence et amitié durant cette semaine fantastique.

D'après le texte d'Édouard Chautard Tous droits réservés

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