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Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

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Carnets de randonnée

Choisir un carnet de route

Pour mieux connaître les possibilités à cheval et les paysages de la Nouvelle Calédonie, Édouard a choisi de nous raconter une de ses randonnée sur cette île où l'aventure semble encore possible aujourd'hui. World Trail Rides lui laisse la parole.

Édouard Chautard

34 ans, il habite la Nouvelle Calédonie et randonne sur son île avec deux chevaux, une jument pour le selle et un hongre pour le bât. Par passion, il relève les défis personnels qu'il s'impose, souvent il s'agit d'ouvrir des voies là, où la rumeur prétend que l'on ne peut pas passer à cheval. Souvent porteurs de déceptions, ses choix lui apportent cependant une plénitude hors de proportions lorsque l'expédition est un succès. Édouard précise que celui-ci est exclusivement dû, à chaque fois, à l'agilité et la robustesse de ses chevaux, ainsi qu'à sa maniaquerie en matière de sécurité pour les chevaux et pour lui même.

Texte et photos © Édouard Chautard Tous droits réservés

Sur la route…

Ancienne route des mines en Nouvelle Calédonie

Les chevaux

Vient de paraître

Livre: Les boiteries par Prune Arnoul

Livre: Le pérégrin émerveillé : Paris-moscou et retour(s) par Jean-Louis Gouraud

Livre: Manuel d'équitation Camargue : une tradition d'avenir par Céline Legaz

Livre : Ecrivains voyageurs : Ces vagabonds qui disent le monde par Laurent Maréchaux

Livre : L'équitation naturelle, Pricipes et exercices pratiques par Olivier Rabouan

Livre : Les chevaux ne mentent jamais par Chris Irwin et Christophe Rosson (Traduction)

Livre : Hippomanie par Jean-Louis Gouraud

Livre : L'équitation western. Des bases aux premiers galops par Baptistin Rainero et Fabienne Duthoit

Nouvelle Calédonie, la mine des Trente Radiers

Voilier à Nouméa
Autrefois, un voilier en chargement à Nouméa, au début du 20e siècle

La Nouvelle-Calédonie est une île d'environ 450 km de long et 60 km de large située à l'est du continent Australien. Aux plaines d'élevages bovins, succède une chaîne montagneuse abrupte et hostile, exploitée depuis longtemps pour sa richesse en Nickel, pour arriver ensuite sur des pentes vertigineuses de forêt tropicale dense qui se jettent dans la mer.

La richesse en nickel particulière à la géologie de la Calédonie, ses très nombreuses mines, en font un pays tout à fait hostile aux chevaux. Le terrain est rocailleux parsemé de plantes toxiques. Lors d'expéditions qui ne peuvent que rarement dépasser trois ou quatre jours, les paysages traversés sont d'une richesse absolue. Savanes sèches, forêts vierges denses de type tropical, terrains miniers apocalyptiques avec des plantes endémiques à l'hectare ! Pourtant, Édouard souligne que la Calédonie est un pays de cheval, et paraît-il celui où l'on compte le plus grand nombre de chevaux par habitant. Cet animal est encore l'outil de travail prépondérant des très nombreuses"stations d'élevages" bovines.

Pour mieux connaître les possibilités à cheval et les paysages de la Nouvelle Calédonie, Édouard a choisi de nous raconter une de ses randonnée sur cette île où l'aventure semble encore possible aujourd'hui. World Trail Rides lui laisse la parole.

Les Trente Radier

Depuis 6 ans déjà, je rêvais de m'engager dans une gorge aboutissant à un ancien village minier devenu fantôme aujourd'hui. Emprunter ce passage hostile aux chevaux, c'est d'abord traverser trente gués dans un lit de rivière pour aboutir au pied d'un col à franchir après mille mètres d'ascension. Le terrain minier rocailleux n'offre aucune possibilité de nourriture pour les chevaux. Les plantes y sont d'ailleurs toxiques. Pour des raisons de sécurité, il m'a donc fallu prévoir quatre jours d'autonomie pour partir avec mes deux chevaux en espérant malgré tout boucler le trajet en seulement deux journées.

Le départ

Debout à trois heures du matin, le coeur serré par l'angoisse, je prépare les chevaux avec un automatisme qui ne laisse place, ni à la réflexion ni au hasard. Trop réfléchir m'aurait rapidement convaincu de renoncer, plus pour la sécurité des chevaux que pour moi, d'ailleurs. Une heure de préparation pour seller et bâter et il est temps de partir. La pluie m'accompagne dès les premiers mètres. Je quitte la route pour traverser le premier gué, et m'enfonce dans cette vallée magnifique dominée de pentes culminant à mille mètres.

25 km de galets de rivière

La pause de midi

A la sortie d'un gué, une plage de sable s'offre généreusement au cheval de bât qui ne peut résister : roulade, ébrouage, pour finalement semer complètement toutes les affaires contenues dans les sacs du bât. Quatre fois, il recommencera sa farce durant le trajet...

Les uns après les autres, les gués s'enchaînent. Autrement, la piste parcourt des sous bois humides, traverse les terrains miniers d'anciennes exploitations qui ont laissé à vif une terre couleur de sang. La rivière devient rouge à chaque saison des pluies.

Le passage devient difficile à trouver. La piste a subi les intempéries depuis des années et présente de longs tronçons dans les galets de la rivière. Le ferrage spécial des chevaux semble leur éviter bien des souffrances. Un demi centimètre de corne en plus, laissé au parage, permet d'éviter à la sole des contacts traumatisants. La pousse morte de cette même sole est laissée en place pour assurer une bonne protection. Mon maréchal ferrant est décidément un artiste !

Dans les ruines d'un village minier en Nouvelle Calédonie

Finalement, c'est après sept heures de trajet que j'arrive à ce vieux campement. Je pensais mettre deux jours. Trois vieilles baraques ont résisté aux tempêtes tropicales, un vieux sommier de lit, une casserole, quelques fûts rappellent que ce lieu a vu la sueur d'hommes travaillant sur les mines, il y a des années. Celle des hommes, mais aussi celle des chevaux.

Le nickel, découvert au siècle dernier, a depuis fait l'objet d'une exploitation intense. Les animaux étaient fréquemment utilisés. Les mines de cette vallée, abandonnées depuis les années 70, laissent maintenant des cicatrices saignantes dans le flanc des montagnes. Les anciennes pistes et sentiers muletiers qui les desservent sont cependant bien utiles lors de mes randonnées.

Dans l'atmosphère pesante de ce lieu sinistre abandonné de toute vie, je m'enroule dans les tapis de selle et laisse le sommeil me gagner alors que la pluie ruisselle sur les tôles de mon abri.

Le col, mille mètres de dénivelé

Le long de la piste boueuse

À 4 heures du matin au lever du jour, je souhaite à tous les cavaliers entreprenants de connaître un jour le bonheur du café sur le feu de bois et pense à l'exploit accompli la veille. Comme emprisonné par la nature, je suis seul au milieu des montagnes abruptes. Oui, j'y suis bien, je n'ai pas rêvé.

Mon cheval de bât montre maintenant son manque d'enthousiasme. Il faut cependant partir. Lors de la terrible montée dans les cailloux, il me fait défaut et rebrousse chemin. En rageant, je continue la route en l'injuriant. Une heure plus tard, il nous rattrapera finalement, exténué par cette double ascension.

Arrivé en haut du col, le vent et la pluie nous glacent le sang, mais je contemple avec fierté ce paysage. Au loin, on aperçoit la ville et le bord de mer. Après des heures de solitude, je suis partagé entre la nostalgie de mon aventure et le désir de retour vers la civilisation et son confort. Ma jument ne comprend cet arrêt qui se prolonge manifeste son impatience,. Quand au cheval de bât, cette fois il a déjà pris les devants. Après un dernier regard, je me retourne pour nous engager dans la pente qui nous ramène vers les vertes plaines des élevages bovins du bord de mer…

En forêt le long de la rivière

Le rêve se termine. Je le revivrai sans doute un jour avec d'autres cavaliers pour partager ces scènes d'une vie sauvage et naturelle avec les chevaux dans des paysages et une nature exceptionnels.

D'après le texte d'Édouard Chautard, Tous droits réservés. La plupart des photos ont été prises lors de reconnaissances avec des amis cavaliers.

À cheval en forêt

Lors de ses explorations, Édouard en solo ou avec ses amis, pénètre au coeur de la forêt tropicale dense. Seuls de rares chasseurs avertis osent s'y aventurer, aujourd'hui. La Nature y est encore à l'état brut, rarement violée par l'homme.

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10 février 2006 — World Trail Rides © 2000-2017

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