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Livre : L'équitation de légèreté par l'éthologie par Stéphane Bigo

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Coups de cœur

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Livre: Petit traité sur l'immensité du monde par Sylvain Tesson

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The Long Riders' Guild

Une nouvelle énergie et de nouvelles idées pour un nouveau Millénaire.

La liberté à cheval

par CuChullaine O'Reilly fondateur de The Long Riders' Guild

Cuchullaine O'Reilly à cheval devant les pyramides en Égypte
Cuchullaine O'Reilly
Fondateur de la Long Rider's Guild à son retour de la Mecque, la ville sainte de l'Islam.

Étendu, le cheval mourait, mais j'étais trop naïf pour l'admettre.

La lumière de la pleine lune aurait été suffisante pour lire un livre de médecine vétérinaire — si j'en avais eu un. Mais j'étais à Kafiristan, un village minuscule perdu au fond du Nord-Pakistan, là où ne pas tuer son voisin est une innovation récente. Comme d'habitude, je me sentais seul.

Naturellement mon ami Ali Muhammad Khan était là. Mais, sa connaissance des chevaux se limitait à passer la jambe au dessus d'une selle. Près de lui, sur la terre sombre un vieux réfugié afghan était assis, puant et grisonnant - le cuisinier du chaikhana où nous nous étions arrêtés quand le cheval est tombé gravement malade.

Il dit de "percer un trou dans l'estomac du cheval pour le sauver," me déclarait Ali Muhammad alors que l'Afghan poursuivait son bavardage incessant.

Ne sachant pas quoi faire, j'hésitais. Même si par hazard ce paysan illettré n'en savait pas plus que moi sur la médecine équine, je n'étais certainement pas prêt à planter mon poignard dans l'estomac du cheval de bât.

Ainsi je restais à genoux, alors que mes trois autres chevaux piaffaient et hennissaient apeurés à quelques mètres, je tenais la tête du cheval mourant et tentais de lui redonner la volonté de vivre.

Mais évidemment il mourait.

Comme pour une photo, il est mort dans des mes bras, agité dans un profond et douloureux soupir et un dernier râle venant du plus profond de sa gorge. Comme des phares, les rayons de la lune éclairaient ma culpabilité. Il était 00:17 et je venais de laisser mourir un cheval pendant mon cinquième voyage à cheval dans le Sud-Ouest de l'Asie. Une onde de choc a secoué la logique de mon cerveau Américain. À la fin du 19ème siècle Sven Hedin, explorateur de l'Asie Centrale, menait une expédition pendant laquelle il perdit presque trois cent chevaux. Leurs morts lui parurent si insignifiantes qu'il n'en a seulement parlé qu'à la fin de son livre, en passant.

Cuchullaine O'Reilly à cheval
Cuchullaine O'Reilly
CuChullaine à cheval sur la frontière du Yaghestan, la Terre des Criminels, au nord du Pakistan.

Pourtant je ne lisais pas. Ce n'était pas dans mon imagination. C'était la réalité cruelle de l'exploration à cheval et soudain, j'en ai eu assez. Alors, ma tristesse fut interrompue. Ali Muhamad parla calmement : "Le vieil homme dit de couper la gorge du cheval rapidement si tu veux que sa viande reste halal (pure), sinon ces païens de Kafirs le mangeront tout entier et boiront son sang".

J'ai laissé la tête du cheval glisser doucement par terre. Déjà, ses yeux devenaient vitreux. Étrangement, j'ai pensé, que le départ de l'âme éteignait la lumière du corps. Alors, je me suis relevé.

J'ordonnais :"Non, laisse le ! C'est déjà affreux qu'il soit mort alors que je le veillais."

Naturellement, le vieil homme avait encore raison. J'avais oublié que j'étais au Pakistan barbare et non pas à la maison aux États-Unis où les animaux, particulièrement les chevaux, occupent une place spéciale dans nos cours.

Le matin suivant, tandis que j'étais occupé ailleurs, les Kafirs ont écorché et mangé mon cheval après l'avoir découpé en morceaux de viande froide et morte. Ils m'ont dépouillé pour toujours de la plupart de mes idées romantiques sur la beauté du voyage à cheval. Risquant ma vie et celles de mes chevaux, il n'y a qu'une façon d'expliquer pourquoi j'étais là.

Je suis un Long Rider (voyageur à cheval, cavalier au long cours), un parmi une poignée d'hommes et de femmes qui, en voyageant à cheval, entretiennent une tradition nomade vieille de 6 000 ans. Mais avant que tu me demandes ce que sont les Long Riders, laisse-moi te dire ce qu'ils ne sont pas.

À l'époque des voyages anonymes par avion, les Long Riders ne sont ni des touristes, ni des randonneurs du dimanche ni des cavaliers de manège. Cavaliers nés en selle, ils sont l'équivalent des astronautes, une petite bande de robustes cavaliers qui prennent des risques et cherchent la sagesse.

Basha O'Reilly à cheval
Basha O'Reilly
Basha O'Reilly (Legh à l'époque) à travers les steppes pendant son voyage épique de la Russie à l'Angleterre.

Ce sont des touristes différents de ceux qui dépensent leur énergie pour voyager en convoitant des milliers de kilomètres, mais ceux-là ne voient pourtant rien de plus que des cartes postales et ne ressentent que des impressions fortuites. Les Long Riders en savent plus que nécessaire pour chercher obstinément une destination sur leur carte. Ils ont hérité de leurs ancêtres cavaliers la connaissance, appris que toutes les cartes mentent sauf, ce document sacré que l'on appelle le cour.

Les touristes reviennent chez eux avec des souvenirs de lieux physiques, mais ils sont immunisés contre toutes les expériences de la sagesse intérieure. Les Long Riders cherchent à comprendre le mystère de la forme la plus ancienne de l'accomplissement Homme-Cheval, cette équitation antique connu sous le nom de Voyage à Cheval.

Et il ne faut pas non plus placer les buts et les activités de tous les voyageurs à cheval du monde sous le titre paisible de Tourisme Équestre.

Malheureusement un des effets pervers de ce Tourisme Équestre est l'absence de toute surprise et donc d'aventure vraie. Ces randonneurs sont toujours certains d'atteindre leur destination et d'y trouver un repas chaud, un lit douillet et la sécurité d'un toit. Demande à n'importe lequel des explorateurs à cheval, souriant il te dira qu'une telle sécurité n'existe pas sur la route de l'aventure.Au contraire, les Long Riders connaissent la réalité des os endoloris après une semaine de selle à raison de 80 kilomètres par jour, ou encore le goût amer de la déception qui remplit la bouche en arrivant dans un village où tu apprends qu'il n'y a rien à manger, ni pour toi, ni pour les chevaux. Ils savent que la pluie trouve toujours son chemin pour couler dans ton cou, peu importe depuis combien de temps tu tires sur ton poncho avec les doigts froids et raides. Ils connaissaient aussi la peur qui serre l'estomac quand soudain le cheval ronfle et fait un écart en voyant un étranger sur une route sombre et isolée. L'exploration équestre est dangereuse, angoissante et stimulante, mais elle n'a jamais l'effet placebo du Tourisme Équestre.

Et tu entendras rarement quelqu'un pour l'expliquer, mais les Long Riders ne peuvent pas non plus être apparentés aux cavaliers de manège.

Au contraire, les Long Riders connaissent la réalité des os endoloris après une semaine de selle à raison de 80 kilomètres par jour, ou encore le goût amer de la déception qui remplit la bouche en arrivant dans un village où tu apprends qu'il n'y a rien à manger, ni pour toi, ni pour les chevaux. Ils savent que la pluie trouve toujours son chemin pour couler dans ton cou, peu importe depuis combien de temps tu tires sur ton poncho avec les doigts froids et raides. Ils connaissaient aussi la peur qui serre l'estomac quand soudain le cheval ronfle et fait un écart en voyant un étranger sur une route sombre et isolée. L'exploration équestre est dangereuse, angoissante et stimulante, mais elle n'a jamais l'effet placebo du Tourisme Équestre.

Et tu entendras rarement quelqu'un pour l'expliquer, mais les Long Riders ne peuvent pas non plus être apparentés aux cavaliers de manège.

Cuchullaine O'Reilly, The Long Rider's Guild
Cuchullaine O'Reilly
Les plus longs voyages de l'histoire au Pakistan ; D.C.Vision, 22 400 kilomètres à travers les USA ; Basha Legh, qui a voyagé de la Russie jusqu'à l'Angleterre ; Eustace Conway et Danny Candella, qui ont voyagé de Mexico jusqu'au Canada

The Long Riders' Guild fait partie d'une tradition depuis l'âge du bronze. L'attitude des empereurs romains n'est pas la notre. Ces piétons manqués ont introduit pour la première fois le concept du transport de prestige, déguisant le cheval en une vaniteuse démonstration de richesse. Pour nous le cheval est porteur de liberté. Il nous a montré les constellations d'étoiles, les formes des montagnes, nous a guidé à travers des pays sans loi et presque sans chemins. Il nous a enseigné le courage pour effacer la peur que nous avions sur la piste. Le cheval nous a démontré que nous ne voyagions pas pour être acclamés, mais pour découvrir le bonheur et la source sacrée de la vie.

Pendant trois jours et trois nuits nous n'avons parlé de rien d'autre que des chevaux et du voyage.

Nous étions tous d'accord sur le but de la Long Riders' Guild : jeter la lumière sur l'âge des ténèbres, retrouver l'écho des anciennes cultures nomades et équestres, retrouver les cavaliers qui ont déjà cherché les mêmes réponses en accord avec nos propres âmes. Si nous étions des pèlerins renégats, au moins nous savions que nous partagions la même ligne de conduite que les illustres explorateurs équestres comme George Beck, Aimé Tschiffely, Ana Beker, Roger Pocock et Messanie Wilkins. Nous avons suspendu la réunion en nous promettant de partager cette sagesse pour laquelle nous avions été béni avec ceux qui étaient prêts à commencer leur premier voyage.

A ce point du récit, laisse moi ajouter que je ne me vante pas d'avoir résolu l'énigme du voyage à cheval, j'ai seulement passé plus de vingt années à étudier soigneusement les indices et les acteurs. Longtemps, j'ai suivi à cheval la route du pèlerinage en cherchant les réponses aux questions techniques et spirituelles que je n'ai jamais trouvé en restant à la maison. C'est pourquoi, même après la mort de mon cheval, j'ai fait le voux d'essayer de retrouver tous mes pairs. Pendant chacun de mes voyages à cheval, j'ai appris que sa signification était contenue dans le voyage lui-même. Dans un pays inconnu ou un autre, j'ai compris que l'important n'était pas de savoir où je voyageais mais plutôt ce que je cherchais. Quelque part sur la route, je me suis enthousiasmé de voyager avec mes compagnons muets, mon cheval et la Terre.

Si, lecteur patient, tu as un cheval, je te demande maintenant, pourquoi ne t'es tu pas abandonné à l'appel de l'horizon ? Qu'est ce qui te retient d'aller vers le soleil couchant, celui qui a poussé tes grands-pères et mères vers la mer attirante ? En lisant ces mots, pourquoi n'écoutes-tu pas les battements de ton cour ?

Trouve le courage ! Change le rythme de ta vie !

Les gens diront que tu es un fou impétueux, leur âme est engourdie par le traintrain du quotidien. Ne permets pas à leurs principes indignes de juger tes actes. Ils parlent seulement pour cacher leurs propres peurs et leur propre lâcheté.

Je te provoque en disant que si tu as un cheval et que si tu n'es jamais parti loin de chez toi, tu n'as pas vraiment établi de lien avec ton animal. Tu es un esclave à l'écurie où toi, le cavalier, cache sa bravoure. Si tu avais le vrai courage, tu aurais quitté la fourmilière pour voyager là où tu veux, quand tu le veux, à la vitesse que tu veux.

Réfléchis à ta Liberté, si tu te mettais en selle pour partir. Tu ne découvrirais pas seulement la poésie en chevauchant, tu apprendrais aussi que le voyage et le cheval peuvent déposer une empreinte spirituelle sur ton âme.

Je te quitte avec cette pensée :

La vérité ne chuchote que rarement et quand cela arrive, la chanson ne fait pas plus de bruit que le battement de ton cour.

Personne ne peut prendre cette route à ta place. Pour voyager sur la piste sacrée dont je parle, toi seul peut rassembler le courage nécessaire.

Vas-y ! Qu'est ce qui t'empêche ? Selle ton cheval !

Texte © CuChullaine O'Reilly Traduction et adaptation : Basha O'Reilly et Gérard Barré Tous droits réservés

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