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Artie Sacks

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Artie Sacks, professeur très BCBG, raconteur d'histoire, voyageur qui a parcouru le monde, étudiant de la vie, observateur de l'humanité et le plus important de tous, ami des chevaux.

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The Long Riders' Guild

Une nouvelle énergie et de nouvelles idées pour un nouveau Millénaire.

Comment définir le Voyage à Cheval ?

par CuChullaine O'Reilly fondateur de The Long Riders' Guild

Mon ami Artie Sacks, m'a dit que ce ne serait pas possible!

Et pourtant, lui aurait dû le savoir.

Il est professeur très BCBG, raconteur d'histoire, voyageur qui a parcouru le monde, étudiant de la vie, observateur de l'humanité et le plus important de tous, ami des chevaux.

"N'essaie pas de le définir. C'est un cul de sac parce que nous savons tous les deux que ça ne peut pas être expliqué."

Il parlait, naturellement, de mon désir de décrire le voyage à cheval.

"Il n'y a pas une seule explication". Artie insiste :"Rassemble dans une chambre un groupe de soi-disant voyageurs équestres et tu trouveras que le seul thème que nous partageons, c'est notre lubie collective qui tourne autour des chevaux."

C'était difficile de ne pas être d'accord, surtout quand je crois moi-même qu'aujourd'hui, ce sont les règles elles-mêmes qui nous dominent

Un seul regard à la scène internationale équestre actuelle suffirait à décourager n'importe qui.

Il y a déjà assez de clubs équestres, organisations, société, associations, fédérations, ligues et unions pour remplir un grand annuaire du téléphone. Si ce sont des règles que tu cherches, tu peux appartenir à la Fédération des Cow-boys Japonais, l'Amalgame des Éleveurs de Pintos, ou L'Union des Seigneurs du Dressage.

Oui, j'étais d'accord, mais à contrecœur. Peut-être qu'Artie avait raison ?

C'est peut-être vrai aussi, qu'au moment où tu essaies de codifier le voyage équestre, il commence à se désagréger ?

En plus, un coup d'œil autour de moi, à la bibliothèque de mon bureau pleine des récits de voyages équestres, suffira à me rappeler que l'histoire ancienne des voyages a cheval tourne autour de ceux qui ont échappé a la servitude de la civilisation.

Nous qui montons à cheval, avons toujours été des esprits audacieux pour quitter la sécurité du village. Si pendant des générations, nous nous sommes éloignés des murs restrictifs de nos maisons, notre récompense en selle, n'a été que de regarder la nuit qui finit toujours par boire le reste du soleil. Si après seize heures de selle, nous sommes trop fatigués pour manger, nous serons contents de voir nos chevaux sous la coupole parfaite des étoiles lumineuses. Si nous nous réveillons tout raide de la dure étreinte de mère la Terre, nous serons salués par le chanson de nos chevaux heureux qui broutent tranquillement tout prêt dans le crépuscule. Si l'histoire nous a appris à ne pas faire grand cas des besoins physiques, elle nous a anobli avec le sentiment fort de notre propre liberté.

Non, me dis-je, sans doute qu'Artie avait raison. Le voyage à cheval n'a pas de règle, c'est d'ailleurs cette absence qui le caractérise.

Mais instinctivement, je savais qu'il existait des qualités mal définies, des vérités qui toujours permettraient de vivre l'expérience connue sous le nom de voyage à cheval ?

Robin & Louella Hanbury-Tenison
Robin & Louella Hanbury-Tenison
Ils ont réussi plusieurs voyages à cheval à travers plusieurs continents.

En recherchant ces définitions intangibles, j'ai d'abord pris comme boussole les mots d'une femme sage. Elle s'appelle Louella Hanbury-Tenison et c'est une voyageuse à cheval bien-connue dans son pays, l'Angleterre. Elle a parcouru à cheval toute l'Europe. Elle est allée au pays du soleil couchant et a traversé à cheval toute la Nouvelle Zélande. Elle est la première femme occidentale à avoir suivi la Grande Muraille de Chine sur toute sa longueur à cheval !

Néanmoins, quand j'ai eu l'occasion de la rencontrer, Louella me démontra clairement que, malgré ses exploits équestres, elle se sentait éloignée de la communauté internationale des voyageurs à cheval. C'étaient d'ailleurs les règles et les obsessions d'aujourd'hui qui écouraient et gardaient Louella et sa sagesse, isolée là-bas en Cornouailles.

Je me réfère aux quelques Long Riders qui vantent la validité de leurs voyages équestres en parlant du plus grand kilométrage parcouru le plus rapidement possible.

"CuChullaine, même si tu réussis à les rassembler, ils vont seulement se chamailler. L'un dira, Oh, je suis allé plus loin que toi. Un autre répondra, Moi, je l'ai fait plus vite ! Puis un troisième ajoutera d'un ton triomphant, Oui, mais moi, je l'ai fait sur un cheval avec trois jambes !"

Évidemment, il existait diverses définitions à travers notre propre communauté.

Qui étions-nous ?

Qu'est ce qui sanctifiait un voyage et non pas un autre ? Est-ce qu'il y avait un élément sous-jacent qui rassemblerait la plupart d'entre nous ?

Si Louella avait raison, la vitesse, l'obsession actuelle du monde, avait contaminé la communauté des voyageurs équestres. Cette façon de penser ne me menait pas dans la bonne direction.

Un coup d'oil à l'Equestrian Travel Timeline montrera que pendant l'histoire contemporaine, quelques cavaliers ont parcouru des distances incroyables en un temps record.

Je pourrai te donner des noms, des dates, et le kilométrage parcouru.

Mais je ne le ferai pas.

Car à chaque fois, le cheval n'a jamais été considéré comme l'acteur le plus important. Au contraire, la jument, l'étalon ou le hongre qui a marché si vite au milieu de n'importe où, était toujours asservi au désir du cavalier d'arriver quelque part, plus vite que la Nature ne l'avait prévu pour un cheval.

Oui, malheureusement, j'ai connu des Long Riders pour lesquels l'exploit dont ils étaient le plus fier n'était pas d'avoir compris qui était leur cheval, mais plutôt comment ils ont pu le monter si vite et si sévèrement.

Jérôme et Gitane, massif du Jura
En 1986, le philosophe équestre a voyagé avec sa femme Gisèle dans le massif du Jura. Ils étaient accompagné par leur fils, Jérôme âgé de deux ans.
Une famille par monts et par chevaux

Pour poursuivre ma quête des réponses, je cherchais un homme courtois, Gérard Barré.

Il est cavalier depuis des années et des années, a vu beaucoup de choses et a conduit ses chevaux à travers d'innombrables obstacles physiques et spirituels. Tant de temps en selle a donné à Gérard une sagesse simple.

Alors, c'est de cet homme modeste, cet homme candide, ce Long Rider, que j'ai entendu une humble vérité.

"Faire des kilomètres pour faire des kilomètres ne permet pas la contemplation, sauf peut-être celle de la carte, de la montre, ou du GPS", m'a dit Gérard.

"La distance parcourue, c'est le temps qui permet l'immersion dans un état d'esprit que l'on ne peut atteindre que par l'oubli de la société normale."

Comme Long Riders, Gérard m'a alors expliqué qu'il croyait que cet oubli ne pouvait s'obtenir que par la durée et aussi le parcours de régions où la société normale n'a pas encore mit ses pieds, ses routes, ses villes, ces fils électriques, ou son béton. Ces régions sont de plus en plus rares et donc de plus en plus loin, difficilement accessibles. Gérard croit que, historiquement, le choix du cheval comme moyen de déplacement est alors justifié. À son avis, la distance parcourue est donc une conséquence secondaire de cette quête d'une nouvelle vérité.

Comment devenir un Long Rider ?

"Vu sous cet angle, le voyage à cheval, c'est alors la conquête de soi, de son pôle intérieur", dit Gérard.

Peut-être, me dis-je, j'y arrive ?

Ma recherche originale semblait me mener tout droit là où je l'avais commencé - à mon vieil ami Artie.

Quand je lui ai passé un coup de fil, j'ai été surpris d'entendre qu'il était d'accord avec Gérard.

"Oui, il a raison. Si tu veux définir le voyage équestre, ce n'est pas en créant une controverse. Quand tu rencontres un cavalier qui est obsédé par les kilomètres, ça devient contre-productif. Il est simplement un crétin qui se promène à cheval avec un compteur, essayant d'être le premier ou le plus rapide en voyageant quelque part à cheval", m'a dit ce philosophe équestre.

"Si The Long Riders' Guild veut accomplir quelque chose, ça devrait être d'expliquer que le voyage équestre, comme nous le définirons, n'a rien à faire des monstres qui parcourent la planète ! Tu devrais promouvoir l'idée d'être à cheval, non pas où, ou à quelle distance, ou à quelle vitesse, ou même comment y arriver. Il ne devrait pas y avoir d'autre but que celui d'être à cheval."

"Voyager à cheval est contagieux... Une fois que tu y as goûté, tu ne retrouveras jamais la paix que sur la route !" Mary Liebau

Finalement, après avoir écouté les anciens, j'allais maintenant écouter les mots des bébés.

Mary Liebau n'est pas Long Rider, du moins pas encore.

C'est vrai que la jeune Américaine a parcouru à cheval une grande partie de l'Irlande, et qu'elle a fait l'année passée un voyage qui a fait tomber des records à travers les régions vertes et sauvages des Newfoundland, Canada. Mais même avec les critères de The Long Riders' Guild , Mary n'est pas qualifiable pour son admission parce qu'elle n'a pas parcouru plus de 1000 milles (1600 kilomètres) en un seul voyage en continu.

Quand je lui ai dit cela, elle ne s'en est pas inquiétée.

"Je n'ai vraiment pas l'esprit de compétition. Je ne me suis jamais donnée l'objectif de faire des records ou de remporter des titres", m'a t'elle dit.

Ce que Mary a appris de ces promenades à cheval, c'est qu'elles étaient le commencement de ses voyages, non pas le but. Le chant des sirènes de la selle lui a réclamé son cour pour toujours, paraît-il. Mille milles aujourd'hui ou mille milles demain ? Ça lui est égal. Elle a décidé de continuer à monter à cheval et de voyager avec ou sans les règles et les définitions.

En plus, elle m'a dit avoir compris, le besoin de faire la distinction entre les trail riders (randonneurs) et les Long Riders. Ceux, comme Mary, qui ont fait des sacrifices personnels, professionnels, émotionnels et financiers pour poursuivre un rêve équestre insaisissable, ne doivent pas être considérés simplement comme des cavaliers du dimanche. Ces Long Riders sont les astronautes du monde équestre, des gens rares qui on fait des sacrifices énormes pour voyager là où presque personne n'avait voyagé auparavant.

Enfin, je me suis dit que c'était Mary qui m'en avait le mieux parlé.

Alors, s'il n'existe qu'une seule façon de définir un voyageur à cheval, c'est cette jeune femme de la Nouvelle Angleterre qui l'a trouvé par hasard.

"En voyage, le seul accomplissement qui compte, c'est chercher et surmonter pour survivre des épreuves avec son cheval. C'est tout en fondus et en dégradés, comme la rencontre impromptue avec un ours. C'est comme voir chaque déclivité et apprendre chaque courbe intime d'un ruisseau peu fréquenté par les pêcheurs. C'est le bonheur simple d'une journée passée à cinq kilomètres à l'heure marquée par le son de chaque coup de sabot frappant le sol. C'est l'interdépendance fructueuse entre le cheval et l'humain. Quel autre moyen de transport te permet de t'endormir en remerciant tous les saints pour cette satisfaction si délicieuse, si simple ?" m'a demandé Mary.

Je n'avait plus rien a dire. Mary a tout dit, pour nous tous.

À bientôt sur la route, saddle pals. CuChullaine.

Texte © CuChullaine O'Reilly Traduction et adaptation : Basha O'Reilly et Gérard Barré Tous droits réservés

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