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The Long Riders' Guild

Une nouvelle énergie et de nouvelles idées pour un nouveau Millénaire.

Les chevaux et le monde de l'Islam

par CuChullaine O'Reilly fondateur de The Long Riders' Guild

Khyber Knights
CuChullaine O'Reilly
CuChullaine O'Reilly — Khyber Knights

Je n'ai pas l'habitude d'expliquer ce que j'écris. Mais nous vivons dans une époque étrange et dangereuse. Plusieurs amis m'ont conseillé de ne pas publier le point de vue que vous allez lire. On m'a dit que ce n'était pas le moment d'exprimer une opinion personnelle aussi forte. D'autres m'ont averti que mon site web (thelongridersguild.com) avait seulement été conçu pour promouvoir le voyage équestre, et qu'il n'y avait pas de place pour mon opinion personnelle sur la vie, les chevaux, et le monde dans lequel nous vivons.

Alors pour la première fois de ma vie, comme écrivain, j'inclus ici non pas mes excuses - car je ne m'excuse pas pour ce que j'écris, de ce que je crois, ou de ce que je représente - mais cette note explicative dans laquelle je montre clairement la différence entre les mots qui sont uniquement les miens, et la mission générale de The Long Riders' Guild, celle de promouvoir l'exploration équestre.

J'ai quelque chose à vous dire.

Je suis Musulman.

Mais, attendez!

Il y a plus.

Je me suis battu dans le Jihad Afghan contre l'Union soviétique, j'ai fait mieux qu'essayer de tuer d'autres hommes, j'ai aussi enseigné aux résistants Afghans comment devenir des journalistes, et je me suis vautré dans le confort chaleureux du nationalisme trompé de ma génération de la guerre froide.

Durant le cours de ma vie à l'étranger, j'ai pris un nouveau nom, Asadullah Kahn - Le Lion de Dieu - et porté fièrement les signes extérieurs de l'Islam militant des années 1980. J'ai attaché une épée, j'ai porté plusieurs armes, je savais enrouler un bon turban, et croyais au fond du cour faire la volonté de Dieu en me battant contre la Menace Rouge.

CuChullaine O'Reilly sur la frontière nord-ouest d'une province du Pakistan pendant les années 1980
CuChullaine O'Reilly
La vie sur la frontière nord-ouest d'une province du Pakistan pendant les années 1980 était fréquemment courte, et souvent ponctuée par la violence. Asadullah Khan, alias CuChullaine O'Reilly, (à gauche) est avec ses deux compagnons, le Pathan Habibullah et le renégat Américain, Noor Mohammad Khan, en train de voyager à cheval à travers le nord du Pakistan.

Pendant toutes ces années aventureuses j'ai côtoyé une pléthore de tueurs, conspirateurs, rebelles, espions, et des Arabes militants intégristes, y compris, je m'en rends compte maintenant, des amis et des associés de Osama ben Laden.

Tout cela je l'ai fait parce que j'étais convaincu, à tort, que j'étais enrôlé dans une cause élevée, que j'étais en train de libérer un peuple esclave, que je servais le bon Dieu.

En réalité je n'étais qu'un aventurier cachant mes actions sous un masque de vertu religieuse, sans jamais comprendre que j'étais, avec beaucoup d'autres jeunes hommes comme moi, manipulé par des gouvernements ombrageux et des hommes douteux.

Encore pire, bien que j'adhérais en public à l'Islam, j'étais à vrai dire, un musulman culturel, non pas un musulman spirituel. J'étais ivre de la singularité de tout cela, du mystère oriental, du défendu, de l'obscur. Alors, bien que j'ai plié les genoux en prière, je n'ai jamais ouvert mon cour aux véritables idéaux de la religion que j'ai soi-disant choisie, c'est à dire la pitié, la gentillesse, le pardon, et la croyance en la fraternité universelle de toute l'humanité. Dans la langue d'aujourd'hui, j'étais un jeune fanatique religieux animé par la haine, et certain de mon pharisaïsme spirituel.

Et maintenant, plusieurs années plus tard, mes yeux se sont ouverts par une foule d'évènements personnels, et par une série de gens bons, et je suis arrivé à un nouveau point dans ma vie où je pratique tranquillement la religion que j'ai acclamé publiquement il y a plus de vingt ans dans un Ashvagan (le mot Perse pour Afghanistan, qui veut dire "Terre des Chevaux") disparu depuis longtemps et paisible. Je ne porte plus les armes. Mon épée est couverte de poussière et dort avec sa mémoire. Mais le plus important, c'est que j'essaie au quotidien de mettre en pratique ce que le Prophète Mahomet ( PBUH ) nous a enseigné, surtout d'aimer ses semblables et de ne vénérer que le bon Dieu.

Malheureusement, si mes yeux se sont ouverts, beaucoup ont encore les yeux fermés.

Je vois une nouvelle génération d'idéalistes égarés, des naïfs, des jeunes hommes religieux et ardents qui sont prêts à se sacrifier pour ce qu'ils pensent être un nouveau Jihad, pour ce qu'ils pensent être une nouvelle guerre contre l'oppression, pour ce qu'ils ne reconnaissent pas être plutôt la plus récente manipulation de leur besoin de croire et d'appartenir.

Car ils sont, comme je l'étais moi-même, trompés, et seront également employés abusivement par une autre génération de mollahs rustiques. Ces prêtres maléfiques sont les mêmes types que j'ai connu dans les années 1980, déformant toujours une religion formidable, oubliant toujours le mot "pardon", toujours trop pleins de haine pour savoir pratiquer la clémence.

Je parle maintenant pour tous les jeunes hommes, ceux qui sont morts dans cette guerre là et ceux qui sont condamnés à mourir dans cette nouvelle guerre, quand je dis que bien que le calendrier ait changé depuis mon départ d'Afghanistan, une chose reste la même. Les croyants d'aujourd'hui me ressemblent et aussi à ceux de ma génération, comme nous, ils ne peuvent pas différencier les ombres politiques de la substance spirituelle.

Vous vous demandez - quel rapport avec les chevaux et The Long Riders' Guild ?

Je vous le dirai.

Car les chevaux abusés, comme la religion, sont devenus encore une fois les outils du chagrin collectif de l'humanité.

Les médias occidentaux ne mentionnent pas qu'Osama ben Laden est un cavalier enthousiaste. Le militant Arabe possède plusieurs haras en Afghanistan. Peu après l'attaque sur New York le 11 septembre, 500 de ses supporteurs réactionnaires ont fait le serment d'allégeance à Osama ben Laden. Entouré par ses fidèles gardes du corps, le Saudi radical a disparu dans la campagne Afghane, monté sur un de ses nombreux et beaux chevaux.

Pendant ce temps, au nord de ce même pays malheureux où j'ai moi-même voyagé à cheval auparavant, la famille Chesterton était en train de monter sur ses chevaux, essayant d'échapper à la guerre. Les quatre Néo-Zélandais travaillaient pour une agence de l'aide internationale à Faizabad, une petite ville du nord de l'Afghanistan. Peu après l'attaque sur New York, les réfugiés Néo-Zélandais ont tenu compte de l'avis des gens de leur quartier et se sont enfuis à travers les montagnes traîtres de l'Hindu Kush. Ils ont voyagé vers le sud sur la seule route qui leur était encore ouverte, dans l'espoir d'arriver à la sécurité relative du Pakistan. Encore une fois, de sont des chevaux qui ont changé le cours de leurs vies.

Moudjahids à cheval en Aghanistan
Cette photo rare montre des membres de tribus Afghanes qui vont se battre à cheval contre l'Union soviétique en janvier 1980. On les voit quittant Herat, près de la frontière Perse, un peloton de guerriers Afghans à cheval, avec à leur tête le fameux commandant Moudjahidin Ishmael Khan.

Il n'y a que quelques heures qu'un rapport m'est arrivé au bureau m'annonçant que le moudjahidin Afghan bien-connu, Abdul Haq, a été pris et assassiné. Je n'ai jamais rencontré Osama ben Laden. Je n'ai jamais rencontré la famille Chesterton. J'ai rencontré Abdul Haq plusieurs fois quand nous étions tous les deux des exilés dans notre ville d'adoption, Peshawar, au Pakistan. Abdul était bien connu pour être plus malin que les soviétiques. Mais cette fois ci, il a été attrapé en fuyant les Talibans à cheval.

Maintenant il est mort, et beaucoup d'autres sont condamnés à mourir.

Ainsi ce serait très facile pendant ces jours de crise globale d'oublier la vérité durable qui lie l'humanité à l'équin dans une tradition du besoin mutuel qui dure depuis 30.000 ans.

Mais dans ces jours de meurtre et d'affrontement, nous n'avons pas besoin de regarder plus loin que l'Islam, cette religion souvent mal comprise, pour trouver pourquoi des hommes et des femmes de toutes les confessions, de tous les pays, de toutes les convictions politiques, trouvent du confort dans la présence de ces fins animaux qui enrichissent tant nos vies individuelles.

Le livre sacré de l'Islam, le Coran, appelle le cheval "El-Kheir", la bénédiction suprême.

Selon la tradition musulmane, Allah a créé le cheval à partir du vent, comme il a créé Adam de la terre. Allah a dit au vent du sud, "Je veux créer une créature de toi. Concentre toi." Et le vent s'est concentré. Ensuite, Allah dit au cheval ainsi créé, "Je te ferai sans pareil, et le préféré de tous les autres animaux, et il y aura toujours de la tendresse dans le cour de ton maître. Tu seras le seul à voler sans ailes, car toutes les grâces du monde seront placées entre tes yeux, et le bonheur pendra de ton toupet."

Le bon Dieu a créé les chevaux du vent pour notre bienfait et notre plaisir.

Malheureusement nous voyons actuellement les chevaux, ces instruments de Dieu, encore changés en fantoches de guerre.

Nous avons un proverbe à The Long Riders' Guild.

Il a été créé par Gérard Barré, ce bon cavalier et philosophe équestre français.

"Nous ne devrions parler qu'une seule langue - Cheval," m'a t'il dit quand quelques-uns d'entre nous ont fondé The Long Riders' Guild.

Ces mots simples ont guidé nos efforts collectifs alors que les Long Riders, qui venaient d'une multitude de nations, ont pour la première fois tendu les bras pour construire un réseau international de voyageurs équestres qui habitent partout dans le monde.

Car dans un sens, nous, Long Riders, n'avons ni religion, ni nationalité, et nous nous sentons chez nous seulement dans nos selles.

Nous flânons dans le monde avec nos chevaux, à la recherche de l'aventure superficielle pendant que nous cherchons un sens de la vie plus profond et plus spirituel.

Nous parlons près de nos feux de camp avec d'autres voyageurs - de la route de demain, difficile devant nous, et des mystères que nous avons vu hier sur la route derrière nous.

Nous sommes autres que ceux qui restent dans les pistes, ou qui pratiquent d'autres formes du transport équestre de prestige, car nous Long Riders savons que plus haut nous montons, plus loin nous voyons.

En ce moment il y a plus d'une douzaine de Long Riders éparpillés sur des routes obscures entre l'Afrique et l'Argentine. Pendant que la plupart des gens sont affolés, assis devant leurs télévisions, ces explorateurs équestres courageux sont en train de mettre leurs vies en péril pendant cette époque dangereuse, déterminés pour continuer leurs voyages mondiaux, pour découvrir quelque chose d'eux-mêmes et de leurs chevaux.

Aucun de ces Long Riders ne s'est préoccupé des politiques.

Comme nos ancêtres, ils cherchent à satisfaire des besoins anciens - de l'herbe, de l'eau, de la nourriture, un abri.

Un homme sage, Yusuf Ali, a écrit: "A travers toutes mes réussites et tous mes échecs, j'ai appris à compter de plus en plus sur la seule vérité de la vie - la voix qui parle une langue au dessus de celle de l'homme mortel."

Asadullah Khan, alias CuChullaine O'Reilly
Asadullah Khan, alias CuChullaine O'Reilly, au sommet de Babusar Pass (4157m), qui se trouve entre Azad Kashmir et Yaghistan, le Pays du Meurtre.

Nomade comme je suis, cela a pris beaucoup d'années avant que ces mots simple ne s'enfoncent dans mon cour, qui était durci par la guerre. Plus tôt dans ma vie je n'avais que le courage physique. Maintenant je crois que le courage spirituel est plus important, le courage de tout oser pour une cause qui m'est si chère, alors j'ai mis mon épée de coté et pris mon stylo, dans l'espoir de mettre devant vous aujourd'hui, une faible réflexion de mon propre esprit et de ma croyance.

J'espère qu'en ces temps de conflit mondial, de soupçons religieux, d'intolérance politique, et de cruauté individuelle, que nous Long Riders du monde montrerons, par l'amour de nos chevaux et de nos camarades humains, que nous rejetterons l'hystérie et les signes de guerre dans lesquels nos frères sont maintenant piégés, que nous passerons ensembles loin des restrictions de l'esprit de liberté qui nous définit individuellement.

Nous sommes au seuil d'une nouvelle Renaissance du Voyage Équestre, une Renaissance qui emporterait les toiles d'araignées des problèmes politiques d'hier et qui laisserait entrer la lumière de la compréhension internationale.

Je crois que cela se passera parce que, comme notre planète devient de plus en plus petite, une fraternité d'hommes et de femmes qui appartiennent au monde de la selle vont cimenter cette unité par leur croyance en un but commun - le droit de voyager librement, n'importe où dans le monde sur nos chevaux.

Le Prophète Mahomet a voyagé de l'Arabie à Jérusalem et retour en une seule nuit
Selon la croyance musulmane, en l'année 622, le Prophète Mahomet a voyagé de l'Arabie à Jérusalem et retour en une seule nuit. Il montait la Borak, une créature mythique, moitié humaine, moitié cheval. Cette illustration montre la Borak en vol sur le Dôme de la Roche à Jérusalem, une des mosquées les plus saintes de l'Islam. Derrière elle, est le tombeau du Prophète qui se trouve loin de là en Arabie. Parmi autres choses, la Borak représente la réalisation d'un rêve impossible, et alors elle est un symbole approprié pour les défis et les récompenses de l'exploration équestre.

Pour la première fois dans l'histoire équestre, ça ne fait rien de savoir où vous êtes né, ou comment vous vénérez Dieu. The Long Riders' Guild représente un abri sûr pour tous les esprits audacieux qui ont envie de chercher l'horizon sur le dos d'un cheval.

Un jour les événements tragiques qui pèsent sur nos âmes aujourd'hui seront en marge de l'histoire. Les empires dépérissent. Les injustices seront redressés, et le Coran dit la vérité :

Mais Dieu, dans sa clémence et son amour infini,

Qui pardonne et guide les individus et les nations,

Et rends bon, même ce qui nous semble mal,

N'abandonne jamais l'âme qui lutte et se tourne vers Lui.

Pendant ces jours troubles, l'interdépendance entre l'homme et le cheval restera pour nous fortifier, nous qui comprenons la sérénité qu'on peut trouver sur le dos de cette grâce équine née du vent.

Et je terminerai avec cette pensée.

Nous Musulmans, croyons que nos actions sont des témoignages pour ou contre nous. Beaucoup de mes actions précédentes étaient des actions noires, nées de la guerre et du malentendu.

Aujourd'hui, après plusieurs années, après bien des batailles, après beaucoup de pays, je comprends enfin que je ne suis que trois choses.

Je suis Musulman, Lettré, et Cavalier.

Toute autre chose n'est que la poussière et le mirage de cette image fugace que nous appelons la vie.

See you on the trail, Saddle Pals. Asadullah a.k.a. CuChullaine

Texte © CuChullaine O'Reilly Traduction et adaptation : Basha O'Reilly et Gérard Barré Tous droits réservés

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